H() LETTRES DE LA MÈHE AGNÈS
faire tenir tout ce qu'on voudra. Nous lui avons déjà envoyé deux paquets pour y adresser. Il n'étoit pas trop pour le bon évêque au commencement, mais il est maintenant tout gagné de ce côté-là. Nous lui envoyons tout ce qui se fait, qui le confirme de plus en plus. 11 étoit mal informé de R. ', mais l'apologie' l'a tout à fait persuadé. C'est ce que nous avons à vous dire sur ce sujet.
Je me servirai de cette occasion pour vous supplier de vous souvenir où vous avez mis un cahier de vos lettres^ transcrites de la main de feu ma sœur Catherine de Sainte-Agnès^ que je vous donnai l'année passée au temps où nous sommes, pour vous entretenir pendant une retraite que vous faisiez. Elles ne sont point parmi vos papiers, et on auroit besoin de les avoir pour choisir ce qu'on voudra donner au public ^ car je crois que vous nètes pas de ceux qui veulent que leur secret soit pour eux par envie ou par avarice.
Au reste, mon cher frère, toute l'affliction est tombée sur notre bon père et sur vous, et nous avons reçu les approbations de vos épreuves, j'entends parler de notre visite qui n'est pas pourtant encore terminée ^ ; mais il y a apparence que la grâce et la miséricorde de Dieu noussuivra, comme elle nous a prévenues et accompagnées, et il faudra nécessairement conclure qu'on ne nous a enseigné qu'une bonne doctrine, puisqu'on n'en a pas trouvé de mauvaise; et par conséquent il sera permis d'être Arnauldistes puisqu'on n'ignore pas que nous le sommes, et qu'avec cela nous sommes de si bonnes filles que c'est merveille, si nous les en voulions croire; maisnous avons un autre juge qui nous accusera devant Dieu si nous ne suivons ce qu'il nous a enseigné.
Adieu, mon très-cher frère, priez bien Dieu pour nous, je
» L'abbé de Sainl-Cyran.
- V Apologie de M. de Suint-Cijran, par M. Arnauld.
* C'est-à-dire des leUres que l'abbé de Saiul-Cyran vous a écrites.
* Arnauld d'Andilly. C'est elle qui a transcrit les lettres de l'abbé de Saint-Cyran.
' Il s'agit de la publication des Lettres de Vahhé de Saint-Cyran.
* Celle visite, commencée au mois de novembre, ne fut terminée que le 13 décembre. Les visiteurs étaient du Saussai, oiticial, et Charlon , grand pénitencier de Notre-Dame.