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rieur des missions qui passe lui-même en France pour l'extrémité (l'état extrêmement critique) des affaires de l'Eglise (du Canada). Il m'a promis de vous rendre visite, mais je serais bien aise que vous le voulussiez prévenir, à cause du mérite de la personne.
Je vous dirai encore que c'est l’homme du monde à qui j'ai le plus d'obligation, tant pour l'établissement de notre maison, que pour les maximes spirituelles et saintes qu'il nous a données, selon l'esprit de nos vocations. Il y a près de six ans qu'il est notre supérieur et directeur, et le mien très-particulièrement. On nous menace de ne le nas faire repasser en ce pays; si cela arrive, nous ferons tous une perte considérable. C'est le père des pauvres, tant français que sauvages. C'est le zélateur de l'Eglise, qui semble avoir été élevé dans toutes les cérémonies, ce qui n'est pas ordinaire à un Jésuite. Enfin c'est le plus saint homme que j'aie connu depuis que je suis au monde. Je vous prie donc de le recevoir avec toute la bienveillance qui vous sera possible, et de le remercier de toutes les charités qu'il a faites à notre communanté, et à moi en particulier, car c'est mon père par préciput. Et n'estimez pas que ce soit l'affection que j'ai pour ces révérends Pères qui me fasse vous en dire des louanges; non, je n'exagère rien, mais plutôt je vous assure que je ne dis encore rien qui approche de l'excellence de leurs vertus et de leurs mérites.
De Québec, le 30 d'octobre 1650.
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