LETTRE XXII
A LA SUPÉRIEURE DES URSULINES DE TOURS
(Lu Mère Françoise de Saint-Bernard.)
Elle lui donne avis de son arrivée à Paris, et du bon accueil que tout le monde lui a fait.
Ma très-chère et très-révérende Mère,
puissa Nous venons d'arriver à Paris, par la grâce de le soi
Notre-Seigneur, en fort bonne santé. La maison de
raviss:
M. de Meules, maître d'hôtel de chez le roi, nous a été nos R ouverte de la manière du monde la plus obligeante.! :# Je car M. de Bernières y pourra avoir un appartement; et, 4 monas tant pour lui que pour nous, on tapisse et on meuble ‘ de To: les chambres. Il seihle qu'il y ait presse à nous faire | à lièrem du bien. Madame Poncet est venue bien loin au-devant 4 me m de nous et nous a obligées de faire le reste du chemin # en mc dans son carrosse. Le révérend Père de la Haye n'a pas 4 aucun plutôt su notre arrivée, qu'il est venu nous témoigner À excèd … faire
(1) M. de Meules avait alors une fille Ursuline à ‘Tours. Peu après, deux 4 donne
autres le furent à Blois, où il avait des parentes faisant également partie de la communauté des Ursulines. … recev
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la joie qu'il a de ce que nous sommes sur le point de
« posséder le bien que nous attendons depuis si longï temps. Dès qu'il eut envisagé la mère Marie de Saint- « Joseph, il la jugea propre pour le Canada, et crut que } Je choix qu'on en a fait est de Dieu. Nous conférerons à demain de nos affaires, et ie vous donnerai avis de tout. i. Les révérendes Mères Ursulines de cette ville nous offrent leur maison : mais je crois que nous les remer-
cierons de leur charité, parce que madame de la Peltrie
… veut être libre, et elle désire que nous ne nous séparions “ pas d'elle, afin que nous soyons toujours prêtes à
répondre quand on traitera de nos affaires. Nous ne laisserons pas de tenir notre arrivée secrète, et de faire en sorte que notre dessein ne soit connu que de ceux
… qui en peuvent favoriser l'exécution, car je prévois que
nous serons accablées de visites, sitôt qu'on en aura la connaissance. Cependant M. de Bernières est tombé malade, ce qui nous recule un peu, car il agissait puissamment pour nous, et je ne puis vous exprimer le soin qu'il prend de nos affaires. C'est un homme ravissant; durant notre voyage, il faisait (observait) nos Règles avec nous, en sorte que nous étions dans le carrosse et dans les hôtelleries comme dans notre monastère, et il me semble que je ne fais que ce partir de Tours, tant le temps s’est écoulé doucement et régulièrement. Que dirai-je de madame de la Peltrie? Elle me met dans des confusions continuelles par ses bontés en mon endroit. C'est une mère admirable, qui n'épargne aucune dépense à notre sujet : je crains qu'elle n'y excède, et je vous prie de lui en écrire et de lui en faire des réprimandes. Votre amitié pour elle doit vous donner cette liberté, et la sienne pour vous les lui fera recevoir d'une manière agréable. Permettez-moi, ma
très-chère Mère, dans l'empressement (la multitude d’affaires pressantes) où je suis, de finir et de me dire votre...
De Paris, le 26 février 1639.