‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 38 sur 127 · RSR SP NE US · texte numérisé non relu

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dans les sauvages. Elles se forment sur nous autant que leur âge et leur condition le peut permettre. Lorsque nous faisions nos exercices spirituels elles gardaient un continuel silence; elles n'osaient pas même lever les yeux ni nous regarder, pensant que cela nous interrompait. Mais aussi, quand nous les eûmes finis, on ne peut exprimer les caresses qu'elles nous firent, ce qu'elles ne font jamais à leurs mères naturelles. Il y en a quatre qui communièrent à Pâques; elles firent cette action avec tant de pureté, que la moindre ombre de péché leur faisait peur, et avec tant d'ardeur et de désir de s'unir à Notre-Seigneur, que dans l'attente de le recevoir elles s'écriaient : Ah! quand sera-ce que JÉsus nous viendra baiser au cœur? Le révérend Père Pijart, qui les avait baptisées et instruites pour la communion, les voyant se comporter dans une modestie tout angélique, ne put retenir ses larmes. Nous en avons eu dix-huit, sans parler des femmes et des filles sauvages qui ont permission d'entrer au lieu destiné à l'instruction des Françaises et des sauvages, où elles ne manquent pas de se trouver.

Après l'instruction et les prières nous leur faisons festin à leur mode. La faim qu'elles ont est l'horloge qui leur fait juger de l'heure du repas, de sorte que disposant (préparant) à manger pour nos séminaristes, il faut aussi pourvoir à celles qui doivent survenir. Cela se fait particulièrement l'hiver, que les vieiiles gens ne peuvent suivre les sauvages à la chasse, car si l'on n'avait soin d'eux en ce temps-là, ils mourraient de faim dans les cabanes. Dieu nous a fait la grâce de les pouvoir assister jusqu'au printemps, qu'ils nous ont tenu bonne compagnie, et ce nous sera une singulière consolation de pouvoir continuer à le faire avec le secours

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