‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 54 sur 127 · LETTRE XLIV · texte numérisé non relu

LETTRE XLIV

A UNE RELIGIEUSE DE LA VISITATION

(La Mère Gillette Roland.)

Elle lui parle du progrès de la Foi dans le Canada et la remercie de ses présents.

Ma très-chère et très-aimée Sœur,

Je ne reçois point de vos lettres qu'avec des senti- : ments de joie très-intimes. Je ne suis point en doute que votre cœur ne soit souvent ici, car serait-il possible que ma chère Sœur ne vint point participer à nos satisfactions et à nos joies, lorsque nous voyons nos

chers sauvages lavés dans le bain de la régénération des enfants de Dieu? Elle aime trop ce divin Maître, pour ne fondre pas avec nous en des larmes de dévotion, voyant l'amplification de son royaume. Il est beaucoup accru cette année, et il y # espérance d'un progrès encore beaucoup plus grand. C'est merveille de voir la ferveur de ces nouveaux convertis, entre lesquels j'en vis baptiser un il n'y a pas longtemps, qui sortant du saint lavoir s'en alla à la chasse. L'on eut crainte que cette nouvelle plante qui était encore tendre, étant en la compagnie de plusieurs païens avec qui il devait hiverner, ne reprit leurs maximes et leur façon de vie. A son retour, je l'interrogeai fort sur tout ce qu'il avait fait durant le temps de son absence; il me rendit compte de tout avec une simplicité admirable. Je lui demandai entre autres choses s'il n'avait point été tenté. Je l'ai été beaucoup, me dit-il, mais tout aussitôt je prenais en main le chapelet que tu m'as donné, je faisais le signe de la croix et je disais : Aie pitié de moi, JESUS, j'espère en toi, en toi qui détermines de tout; chasse le diable et aie pitié de moi. J'étais ravie d'entendre ce bon néophyie, et je voyais bien à ses dispositions qu'il était sorti pius fervent des dangers qu'il n’y était entré. Je ne vous dis rien qui approche de ce que nous voyons; mais, ma chère Sœur, que Jésus vous apprenne lui-même ce qu'il fait dans les cœurs de ses enfants, où il écrit la loi de simplicité et d'amour. Je vous rends grâces de l'amour que vous avez pour le Canada; je vous rends grâces de vos bienfaits. Vous m'avez infiniment obligée de me dire de si bonnes nouvelles de vos révérendes Mères et de vos chères Sœurs; je les conjure de m'obtenir du ciel une . grande et fidèle correspondance à toutes les grâces que

je reçois | révérende vie.’ Dieu salue et st

De Qu

Elle l'exhorte

Très-hu mn Seigneur a

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Ordre est pa selon la peti travailler à âmes que la exclure de le que nos Mèr plus d'envie 4 a plu à Dieu prise si glori

(1) Elle parle dé précédente, LETTR, M.

je reçois de Notre-Seigneur. La précieuse mort de ma révérende Mère de Chantal a été le fruit de sa sainte

vie.! Dieu soit éternellement béni en ses saints. Je vous salue et suis en lui votre. .…

De Québec, le 30 août 1642.

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