LU
La paix et l'amour de JÉsus soient votre partage pour l'éternité.
J'ai reçu vos deux lettres par les mains du révérend Père Le Jeune qui m'a assurée vous avoir rendu visite, ce qui m'a beaucoup consolée d'apprendre de vive voix des nouvelles de ceux que je chéris le plus. Je me réjouis des grâces et des faveurs que Dieu vous départ si libéralement, et encore plus des bonnes résolutions que sa bonté vous fait prendre de le servir le plus parfaitement qu'il vous sera possible le reste de vos jours, Je m'assure que vous vous trouverez bien de vous assujettir à un si bon Maître, auquel servir c'est régner. Vous avez à présent un grand avantage pour exécuter un si généreux dessein, car votre cœur n'étant
plus partagé, comme il était durant les liens de votre mariage, vous êtes dans la liberté des enfants de Dieu, qui n'ont plus d'amour que pour leur Père. Portez vos
enfants à vous imiter; aimez-les plus pour le ciel que
pour la terre, et faites en sorte qu'ils ne connaissent le monde que par nécessité. Je sais bien, n ‘ère sœur, que vous faites beaucoup mieux que je uo vous conseille, mais mon cœur ne se peut empêcher de vous dire ce que je voudrais faire si j'étais en v°te place.
Ce m'a été un surcroît de joie d'apprendre que mon fils a fait profession dans l'Ordre de Saint-Benoît. C'est une grâce que j'attendais depuis longtemps de la divine bonté, laquelle enfin a exaucé mes vœux par l'excès de ses grandes miséricordes. Qu'elle en soit éternellement bénie des anges et des saints! Il m'a écrit la manière dont elle s'est servie pour l'attirer à n service, elle est tout extraordinaire; et mainter il est en état de reconnaître devant Dieu, les bontés us vous avez eues pour lui.
C'est assez parler de votre France; il faut parler de la nôtre, où la bonté divine veut être servie plus que jamais par de nouveaux cœurs qu'elle se gagne tous les jours. Ce sont nos chers néophytes qui, sans mentir, font honte aux chrétiens de l'ancienne France, nés et nourris dans le christianisme. Ze diable est si jaloux qu'il fait tout son possible pour les détourner de leurs bonnes résolutions, mais en vain : car tant s'en faut qu'ils retournent en arrière, qu'au contraire ils sont si affermis dans notre sainte foi, et remplis d'un si grand zèle, qu'ils prêchent publiquement aux autres ce qu'ils ont appris de nos mystères et des maximes de l'Evangile. La consolation que nous en avons nous ôte
le sentim chérir plu Pour m parfaite s donne. Le sont toute satisfactio:
content qu Ne laissez communie bien fidèle de m'arrive sœur, je v nellement :
De Qué
Elle lui parle du
Ma
Je ne red ments de jd que votre cd que ma ch satisfactions
le sentiment de nos petits travaux, et nous les fait chérir plus que je ne vous le saurais dire.
Pour mes dispositions particulières, je suis dans une parfaite santé, grâces à notre bon Dieu qui me la donne. Les croix du Canada sont fréquentes, mais elles sont toutes aimables, et quoiqu'il n'y ait ici aucune satisfaction pour les sens, l'esprit néanmoins y vit plus content que s'il possédait tous les trésors de l'Europe. Ne laissez (cessez) pas de prier toujours pour moi, et de communier quelquefois à mon intention, afin que je sois bien fidèle à Dieu dans les travaux que sa bonté permet de m'arriver dans sa nouvelle Eglise, Adieu, ma chère sœur, je vous aime plus que moi-même, et serai éterpellement votre...
De Québec, le 28 août 1642.