FRE
son retour
es que des
ae je ne e juillet, naire; et US AVONS e Jeune, ovidence ains des rs côtes.
t revenu e en son tre brûlé s Hollansecrèteà sur lui martyrs vous les ire soufbs. Après s, qui le le laissa
pour mort, étant néanmoins revenu à soi, on lui coupa deux doigts, et l'on brûla et mordit les autres. On le promena “ensuite tout nu de village en village, et de théâtre en théâtre, après quoi on le suspendit en l'air par le gros des deux bras à deux grands pieux fort élevés avec des cordes d'osier si serrées qu'il ne se peut davantage. On le laissa fort longtemps en ce tourment, qu'il m'a dit être le plus grand ei le plus sensible qu'il eût enduré, à cause du poids de son corps qui rendait ses liens extrêmement douloureux. Ses bourreaux s'apercevant que ce supplice lui était sensible, le lièrent et serrèrent de nouveau, afin de le faire souffrir encore davantage. Mais vous allez voir un coup admirable de la providence de Dieu.
Un sauvage d'un autre village fort éloigné ne pouvant souffrir un spectacle si inhumain, le délia par une compassion naturelle, lorsqu'il était sur le point de rendre l'esprit, et le mit en liberté. Les Iroquois le voyant en liberté le donnèrent à une famille qui en eut soin et le prit en affection, c'est-à-dire qu'ils ne lui faisaient point de mal, et ils souftraient qu'il fit ses prières, ce qu’ils appellent magie. Ces gens-là menaient le Père partout où ils allaient, et par ce moyen il baptisait tous les enfants moribonds et les adultes malades, dont il envoya un grand nombre dans le ciel. Dans ces voyages il passa par le village de cet homme qui l'avait délié, et sans penser à lui, il entra dans sa cabane pour voir à son ordinaire s'il n'y avait point quelque bien à faire. Lorsqu'il en sortait, ce pauvre homme qui était dans un coin où il ne l'avait pu voir, l'appelle et lui dit : Hé! quoi, mon frère, vauras-tu point pitié de moi? Ne sais-tu pas que c’est moi qui t'ai sauvé la vie, te retirant de ton tourment?
Voilà que je m'en vais mourir, aide-moi, je te prie, Le Père fut également joyeux et étonné. Il instruit ce pauvre homme, il le baptise, et aussitôt il le voit mourir dans l'assurance de son salut, que Dieu lui avait pré. paré pour récompense, comme je le crois, de la bonne action qu'il avait faite envers le Père.
Cet homme apostolique a trouvé quantité d'occasions imprévues de cette nature, où il a envoyé un grand nombre d'’âmes dans le ciel. À présent qu'il est de retour, on voit bien qu'après son martyre c'est un homme de l’autre monde ; on voit en lui une humilité si admirable qu'il ne faut point d'autre marque de sa sainteté. Lors même qu'il était parmi les Iroquois, sa grande modestie tenait ces barbares dans l'admiration, et ils le croyaient plus qu'homme.
Pour réponse à ce que vous désirez savoir touchant le pays, je vous dirai qu'il y a des maisons de pierres, de bois et d'écorce. La nôtre qui est toute de pierres, a quatre-vingt-douze pieds de longueur et vingt-huit de largeur. C'est la plus belle et la plus grande qui soit en Canada, pour la façon d'y bâtir. En cela est comprise l'église, qui a sa longueur dans la largeur de la maison, et dix-sept pieds de largeur. Vous penserez que cela est petit, mais le trop grand froid ne permet pas qu'on fasse des lieux plus vastes. Il y a des temps auxquels les prêtres sont en danger d'avoir les doigts et les oreilles gelés. Le fort est de pierres comme les maisons qui en dépendent. Celles des révérends Pères, de madame la fondatrice, des Mères Hospitalières et des sauvages sédentaires sont aussi de pierres. Celles des habitants, excepté deux ou trois, sont de colombage pierrotté. Une partie des sauvages ont des maisons portatives d'écorce de bouleau, qu'ils dressent bien
comme excessif,
propremen blable au Quand je veux pas € il n'y a que marbre pr bien faits.
pierre, son cause de |:
jour, encor ches, et da de France plus. Nous excepté que le sable et dans le mili comme cell pour échauf rations ne s ne pourrait y puisse der du feu; ce encore faut couvert.’ Ha lire, écrire « ce qui est culièrement rrance. No comme des de couvertes L'hiver nos s
1) À Québec
proprement avec des perches. Nous en avions une semblable au commencement pour nous servir de classe. Quand je dis que nos maisons sont de pierres, je ne veux pas dire qu'elles soient de pierres de taille, non, il n'y a que les encoignures, qui sont d’une espèce de marbre presque noir, qui se tire par coupeaux assez bien faits. Les encoignures étant de ceite sorte de pierre, sont très-belles, mais elles coûtent à tailler à cause de la dureté. Un homme coûte trente sols par jour, encore le faut-il nourrir les fêtes et les dimanches, et dans les mauvais temps. Nous faisons venir de France nos artisans qu'on loue pour trois ans ou plus. Nous en avons dix qui font toutes nos affaires, excepté que les habitants nous fournissent la chaux, le sable et la brique. Notre bâtiment a trois étages, dans le milieu desquels nous avons nos cellules faites comme celles de France. Notre cheminée est au bout pour échauffer le dortoir et les cellules, dont les séparations ne sont que de bois de pin, car autrement on ne pourrait pas y échauffer : encore ne croyez pas qu'on y puisse demeurer longtemps en hiver sans s'approcher du feu; ce serait un excès d'y demeurer une heure, encore faut-il avoir les mains cachées et être bien couvert.’ Hors les observances, le lieu ordinaire pour lire, écrire et étudier est de nécessité auprès du feu, ce qui est un assujettissement fort incommode, particulièrement à moi qui ne me chauffais jamais en rrance. Nos couches sont de bois qui se ferment comme des armoires, et quoiqu'elles soient doublées de couvertes ou de serge, à peine y peut-on échauffer. L'hiver nos sauvages quittent leurs maisons de pierres
1) À Québec un froid de 36 degrés au-dessous de zéro n'est pas regardé comme excessif.
et vont cabaner dans les bois où il ne fait pas si froid, A quatre cheminées que nous avons, nous brûülons par an cent soixante-quinze cordes de gros bois; et après tout, quoique le froid soit si grand, nous tenons Je chœur tout l'hiver, mais l'on y souffre un peu. Notre clôture n'est que de gros pieux d'arbres entiers de dix pieds de haut et accommodés avec de la charpente. Les couvertures des maisons sont de planches doubles ou de bardeau, contregarni de planches par le dessous.
Les sauvages sont habillés l'été et l'hiver. L'été ils ont une peau d'orignal grande comme celle d'un bœuf, carrée comme une couverture, qu'ils mettent sur leurs épaules. Ils l'attachent avec une petite courroie, en sorte que leurs bras sortent tout nus : ils n'ont que cela et un brayer (vêtement autour des hanches), ayant les pieds et la tête nus. Chez eux, à la campagne, et quand ils se battent avec leurs ennemis, ils sont nus comme la main, excepté le brayer qui les couvre assez modestement. Ils ont la peau comme minime à cause du soleil et des graisses dont ils s'oignent par tout le corps. Ils ont pour la plupart le visage matachié (rendu mat çà et là) avec des raies rouges et bleues. L'hiver ils ont pour robes des couvertes de lits accommodées comme celles dont je viens de parler, excepté qu'elles on« des manches de même. Ils ont des chausses de cuir ou de couvertes usées qui leur vont jusqu'à la ceinture. Ils ont par là-dessus une veste de castor avec son poil, en guise de manteau. Ceux qui se couvrent la tête traitent pour des bonnets de nuit rouges au magasin : ils ont aussi quelquefois des capots ou des tapaborts.'
(1) Le tapabort, ou tapebort, était un bonnet que l'on portait en France, à la campagne, au XVIIe siècle, et dont on rabattait les bords pour se préserver
du froid ou de la pluie.
| Voilà pour qui sont pr femmes so toujours de non ont q vent); leur:
haut jusqu bras couve bonnet de n Leurs chev.
derrière; et puuiques. A uaristes et peine à dis:
différence < leurs visage de peau d'o en froncent carrée au t à une bourse n'en portent sortir pour :
et pour cela Voilà ce que maisons et d Nous voy et des marta quantité de à faire des t sapins et d'é] nonobstant le
(1: Espèce de sa
Voilà pour ceux qui sont bien habillés, mais il y en a qui sont presque nus en tout temps, par pauvreté. Les femmes sont fort modestement accommodées, ayant toujours des ceintures qui les serrent (car les hommes non ont quasi jamais, leurs robes allant au gré du vent); leurs robes vont en bas jusqu'à mi-jambes, et en haut jusqu'au haut du col, ayant presque toujours les bras couverts. Elles se couvrent aussi la tête d'un bonnet de nuit d'homme, ou d'un castor, ou d'un tapabor. Leurs cheveux sont abattus sur le visage et liés par le derrière ; et communément elles sont fort modestes et pudiques. Nous faisons de petites simarres à nos séminaristes et les coiflons à la française. On aurait de la peine à distinguer un homme d'une femme sans cette différence d'ajustement dont je viens de parler, car leurs visages sont tous semblables. Leurs souliers sont de peau d'orignac préparée comme celle de buffle, ils en froncent un morceau par le bout, mettent une pièce carrée au talon, passent une petite courroie comme à une bourse, et voilà leurs souliers faits. Les Français nen portent point d’autres l'hiver, parce qu'on ne peut sortir pour marcher sur la neige qu'avec des raquettes, et pour cela on ne peut se servir de souliers français. Voilà ce que vous désirez savoir touchant la façon des maisons et des habits de notre Canada.
Nous voyons dans les campagnes des lis sauvages et des martagons (lis à petites fleurs). On y voit aussi quantité de cèdres, dont les branches nous servent à faire des balais. Il y a encore beaucoup de pins, de sapins et d'épinettes' qui demeurent verts tout l'hiver nonobstant les froidures.
(l Espèce de sapin d'où découle le baume dit du Canada.
Vous demandez de plus si nos sauvages sont aus parfaits comme je le dis dans mes lettres. Je vous dirai qu'en matière de mœurs, je veux dire en leurs façons d'agir et de faire un compliment, on n'y a pas la politesse française. On ne s'est pas étudié à leur apprendre cela, mais bien à leur enseigner solidement les commandements de Dieu et de l'Eglise, les points et les mystères de notre foi, les prières et les pratiques de notre religion, comme sont le signe de la croix, l'examen de conscience, et autres semblables actions de piété. Un sauvage se confesse aussi bien qu'un religieux; il est naïf au possible, et il fait état des plus petites choses. Lorsqu'ils sont tombés, ils font des pénitences publi. ques avec une admirable humilité. En voici un exemple. Les sauvages n'ont point d'autre boisson que le bouillon de leur chaudière à sagamité, soit de chair ou de blé d'Inde, ou d'os bouillis, ou d'eau pure. Les Français leur ayant fait goûter du vin et de l'eau-de-vie, ils ont trouvé cela tellement à leur goût, qu'ils le préfèrent à toute autre chose; mais le mal est que quand ils en peuvent avoir, il ne leur en faut boire qu’une seule fois pour devenir comme fous et furieux. On en attribue la cause à ce qu'ils ne mangent que des choses douces, n'ayant aucun usage ni connaissance du sel. Cette boisson les tue d'ordinaire, ce qui a porté M. le Gouverneur à faire défense sur peine de grosses amendes de leur en donner ou traiter (vendre par échange). A l’arrivée néanmoins des vaisseaux, il n'est pas possible d'empêcher les matelots de leur en traiter en cachette. Les anciens sauvages chrétiens ni leurs familles ne tombent point dans ces excès, ce sont les infidèles avec quelque jeunesse libertine. Il est néanmoins arrivé cette année que quelquesuns sont tombés dans cette faute, et pour la punir, les
anciens a condamné la décorati jours sans fois le jou des innoce et d'apaise déclaratior Français ; Comme ils d'excès, ce des sauvag de moins d vages le sd qu'on ne le gade sépa quelques-u sages en ce bles de la li Je ne vo ferveur de soyons sen:
nous en pl accoutumée ici, et quit rent de joie bêtes chan; sauvages d en guerre c dit : Ma Mè pour te dir sils nous tu qu'ils comm
M7 Tamer
188i irai OnS 2sse ela, \anères reli- | de Un l'est )ses.
abliaple.
illon à blé leur ouvé oute vent pour ause Lyant n les faire nner oins mateages S ces iber- Quesr, les
anciens avec le Père supérieur de cette mission les ont condamnés à payer un grand nombre de peaux pour la décoration de la chapelle; et de plus à demeurer trois jours sans entrer dans l'église, et d'aller seulement deux fois le jour faire leurs prières à la porte, accompagnés des innocents, afin de les aider à obtenir miséricorde, et d'apaiser Celui qui a tout fait; d'autres font une déclaration publique de leurs péchés dans l'église des Français ; d’autres jeûnent trois jours au pain et à l'eau. Comme ils ne commettent pas souvent ces sortes d'excès, ces pénitences sont rares. Au reste, il en est des sauvages comme des Français; il y en a de plus et de moins dévôts; mais, parlant généralement, les sauvages le sont plus que les Français, et c'est pour cela qu'on ne les mêle pas, et qu'on les met dans une bourgade séparée, de peur qu'ils n'imitent les mœurs de quelques-uns. Ce n'est pas que ceux-ci ne soient assez sages en ce pays; mais les sauvages ne sont pas capables de la liberté française, quoiqu'honnêtes.
Je ne vous saurais dire tout ce que je sais de la ferveur de ces nouvelles plantes : quoique nous en soyons sensiblement touchées, nous commençons à ne nous en plus étonner, parce que nous sommes déjà accoutumées à les voir; mais les Français qui arrivent ici, et qui n'ont rien vu de semblable en France, pleurent de joie, voyant les loups devenus agneaux, et des bêtes changées en enfants de Dieu. Le capitaine des sauvages de Sillery, avant que de partir pour aller en guerre contre les Iroquois, vint me trouver et me dit : Ma Mère, voilà ce que je pense; je te viens voir pour te dire que nous allons chercher nos ennemis’; sils nous tuent, il n'importe, aussi bien il y a longtemps qu'ils commencent ; et même de prendre et de tuer les
Français nos amis, avec ceux qui nous instruisent. Ce que nous allons en guerre n'est pas parce qu'ils nous tuent, mais parce qu'ils tuent nos amis. Prie pour nous, car nous avons offensé Dieu, et c'est pour cela qu'il nous châtie. Surtout la jeunesse n’est pas sage. Je leur dis, vous fâchez Dieu, et il nous punit : corrigez-vous, et il s'apaisera. Un tel, qu'il me nomma, a encore fait une lourde faute, pour laquelle je l'ai voulu chasser d'avec nous, mais le Père Supérieur m'a dit, attends jusqu'au printemps, et il se corrigera. Le Père est trop bor: d'avoir tant attendu, le printemps est passé, et il ne s'est pas corrigé. Il attire le diable parmi nous, et c'est de là que viennent nos malheurs. Priez donc toutes pour nous, Car nous ne savons ce que nous deviendrons à cause de nos offenses.
Cet excellent chrétien est le second baptisé du Canada, aussi est-il irrépréhensible dans sa vie et dans ses mœurs. Dans une harangue publique qu'il fit dans l'église où le révérend Père de Quen avait fait. une correction à la jeunesse, il éleva sa voix et fit une confession publique et générale de toutes les fautes qu'il avait commises depuis sept ou huit ans qu’il était chrétien, ajoutant : C'est moi, mes frères, qui attire tous les malheurs qui nous arrivent, car vous voyez, par ce que je viens de dire, mes infidélités aux grâces de Dieu depuis que je suis son enfant; mais il est bon, prenez courage, ne vous désespérez pas; si nous le servons, il nous fera miséricorde.
Voici ce que disait une femme sauvage à notre grille: Dieu me fait beaucoup de grâces : autrefois la mort de mes enfants m'afiligeait de telle sorte que rien du monde ne me pouvait consoler : maintenant mon esprit est si convaincu de la sagesse et de la bonté de Dieu,
que quand triste : car vie était n salut, celu puisqu'il es Aujourd'hu qu'il sait t croire en |!
piteraient « Détermine enfants aus manières pc toi, ni de t'a {tu veux, Pu Va, mon en quand tu y aussi ; après afin que tu :
Cette mên un jour faire composée po termes si tot Il semble que tous ses enfa Vous voyez sentiments de tendresses de jeune femme :
et l'ayant vu eurent si gran enterré dans durant l'espac dora toujours
À Er re (ver
que quand il me les ôterait tous, je n'en serais pas triste : car je pense en moi-même, si une plus longue vie était nécessaire à mon enfant pour mieux faire son salut, celui qui a tout fait ne la lui refuserait pas, puisqu'il est si bon et que rien ne lui est impossible. Aujourd'hui qu'il l'appelle à soi, il faut bien dire, puisqu'il sait tout, qu'il voit qu'il cesserait peut-être de croire en lui, et commettrait des péchés qui le précipiteraient dans l'enfer. Dans cette pensée je lui dis Détermine de moi, toi qui as tout fait, et de tous mes enfants aussi. Quand tL, m'éprouverais en toutes les manières possibles, jc ne cesserai jamais de croire en toi, ni de t'aimer, ni de t'obéir, car je veux tout ce que tu veux. Puis je dis à mes enfants que je vois mourir : Va, mon enfant, va voir au ciel celui qui a tout fait; quand tu y seras prie-le pour moi, afin que j'y aille aussi ; après ta mort je ferai des prières pour ton âme, afin que tu sortesbientôt du purgatoire.
Cette même femme, qui se nomme Louise, me vint un jour faire le récit d'une longue oraison qu'elle avait composée pour les guerriers. Elle était conçue en des termes si touchants que mon cœur en était attendri. I semble que Dieu se plaise à éprouver sa foi, lui ôtant tous ses enfants l'un après l’autre depuis son baptême. Vous voyez par ce peu que je vous viens de dire les sentiments de nos bons chrétiens. Ils ont ‘de si grandes tendresses de conscience, qu'un jeune homme et une
jeune femme ayant porté cet hiver leur fils à la chasse,
et l'ayant vu mourir dans les bois entre leurs bras, ils eurent si grande peur de mécontenter Dieu, s'ils l'eussent enterré dans une terre qui ne fût pas bénite, que, durant l'espace de trois ou quatre mois, sa mère le porta toujours au cou par des précipices, des rochers,
FEI rese pre] &— rev A0 NO GA D PE RM ne 1 me de
210 LETTRES des bois, des neiges, des glaces, avec des peines incroyables. Ils furent ici pour la fête de Pâques, où ils firent enterrer leur fils, qu'ils présentèrent empaqueté dans une peau.
Je vous ai mandé dans ma précédente, que la foi prend de profondes racines dans les nations du nord, surtout aux Hurons, d'où je viens de recevoir une lettre du révérend Père Chaumonnot. Voici ce qu'il mande. On a bâti de nouvelles chapelles dans cinq principaux bourgs des Hurons, où il y a toujours de nos Pères. Si, ces deux hivers prochains, les conversions continuent comme aux deux précédents, nous espérons que les chrétiens deviendront les plus forts dans ces cinq
| | | hourgs, et qu’en peu de temps ils attireront après eux,
(} | non-seulement leurs concitoyens, mais encore le reste 111 du pays, et même toute la nation des Hurons. MA Ce grand progrès n’a pas empêché que les Iroquois {) n'aient encore pris un de nos Pères de la compagnie avec six Français, dont trois ont été tués, deux desquels Il ont été brûlés tout vifs et hachés en pièces; et ces barbares, non contents de manger leur chair à mesure y qu'elle brûlait, en prenaient des morceaux et contrai- ‘1 | gnaient les patients d'en manger comme eux. Ils ont
} encore pris et tué plusieurs chrétiens, tant Hurons qu'Algonquins. On a aussi pris trois de leurs gens, par le moyen desquels on tache de retirer le Père, au cas qu'il soit encore en vie, car on dit qu'il était destiné | au feu. C'est peu de chose que la vie, mais la cruauté AI que ces barbares exercent sur les patients est horrible. C'est pour cela que je vous demande vos prières, car comme l'esprit s'affaiblit quelquefois dans les tourments, on craint pour nos pauvres chrétiens quelque espèce de désespoir. Ne vous lassez donc point de vous tenir
réellement.
aux pied et tous :
courir ps mon cœu sible de x tant de } toutes ce:
quelqu'un faire dans ment em] Eternel a demandait il la lui a ce divin <« Soyons ja injustemen pour le pi gloire en c trouvez-md Dieu. Pou Sa divine vivons-y e
De Quél
r'es.
ntique cinq eux, este
juois gnie quels ces sure trais ont irons , Par cas stiné auté | ible.
5, car hents, spèce tenir
aux pieds du Roi des nations; il est mort pour tous, et tous ne vivent pas encore. Ah! si j'étais digne de courir partout pour tâcher de lui gagner quelque âme, mon cœur serait satisfait. N'est-ce pas une chose sensible de voir les démons tenir un empire si absolu sur tant de peuples? Allons, allons ensemble en esprit par toutes ces contrées infidèles, pour tâcher d'en rendre quelqu'une à notre bon Maître. Vous pouvez autant faire dans votre solitude que si vous y étiez actuellement employé par l'exercice du ministère. Le Père Eternel a fait voir à une personre, que si elle lui demandait quelque chose par le cœur de son Fils, il la lui accorderait. Demandons-lui donc des âmes par ce divin cœur, pour l'amplification de son royaume. Soyons jaloux de ce que son ennemi les possède si injustement; car c'est lui qui anime les Iroquois, qui pour le présent sont les plus grands ennemis de sa gloire en ce pays, après mes malices; et pour ce point, trouvez-moi des amis, je vous en supplie, auprès de Dieu. Pour moi je ne vous quitte point auprès de sa divine Majesté; demeurons en ce vaste océan, et
vivons-y eu attendant l'éternité, où nous nous verrons réellement.
De Québec, le 26 août 1644.
ME OLCSRRE 7-7 EE ee, s-T-CURES . Ron — mme Pt IS
RE — men,
ee + __— PRESENT
vie LETTRES