‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 66 sur 127 · LETTRE LIX · texte numérisé non relu

LETTRE LIX

AU MÊME

Elle lui donne des avis importants pour s'avancer dans la voie de la perfection. — Eloge de l'Ordre et de la Règle de Saint-Benoitt — Elle parle encore de son établissement en Canada, et de l'union des religieuses des deux Con-

grégations.

Mon très-cher fils,

La vie et l'amour de JESUS soient à jamais votre force et votre tout.

Si vous avez eu de la joie en recevant mes lettres, ne doutez pas que je n’en aie eu une semblable à la lecture des vôtres. J’y ai vu les providences, les amours et les miséricordes de Dieu sur vous, pour lesquelles je le louerai éternellement. Oui, mon fils, Dieu veut que vous l'aimiez; commencez donc à l'aimer, et croyez aujourd'hui qu'hier vous ne l’aimiez pas véritablement; puisque les degrés du saint amour sont de cette qualité, qu'on ne voit de parfait que ce qui est devant soi, et que l'on estime défectueux tout ce qui est passé. Prenez-y bien garde, et vous remarquerez que cela est vrai, et en même temps que c'est une des plus importantes vérités de la vie spirituelle, Vous marchez sur les vestiges des saints qui vous ont devancé, et habitez les cellules qu'ils ont sanctifiées par leurs vertus; courez sans relâche après eux, jusqu'à ce que vous soyez

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arrivé au Roi des saints, qui vous veut p'us pour lui que vous ne le voulez pour vous. Les saints ne sont saints que par cette inclination, et, s’il faut ainsi parler, par cette sainte opiniâtreté qui leur a fait oublier toutes choses par un mépris volontaire, afin de s'attacher à ce divin prototype (premier modèle) et vraie cause exemplaire (exemple efficace) de ses enfants. J'ai eu quelquefois le désir de savoir si votre cœur est touché de cette douce émotion, et en quel degré Dieu vous met. Car il faut quitter tout autre mouvement volontaire et suivre uniquement les pentes de la grâce, pour arriver à ce commerce avec notre souverain bien. Je demeure pourtant volontiers dans mon ignorance, et me contente de lui demander pour vous cette faveur, comme celle que je trouve d'un très-grand poids pour la perfection.

Vous me demandez comment il est possible d'avoir le corps si près de Dieu, et l'esprit si éloigné de lui. Cette misère est grande en effet, et c’est pour l'ordinaire un effet de nos infidélités. Le vrai moyen de nous en retirer, est cette douce et volontaire servitude de cœur, avec une attache sans remise aux volontés de notre Maître. Cette servitude attire après soi tout l'esprit par une douce et amoureuse violence, qui captive bien les sens, mais qui ne les tue pas, et qui même les nourrit quelquefois de ses biens. Vous ajoutez : Comment se peut-il faire que l'esprit étant une fois uni à Dieu, qui le remplit de tant de douceurs, s’en retire si facilement? Cela n'est que trop facile à ce misérable amour que nous avons pour nous-mêmes. On dit que depuis qu'un cœur est navré (blessé), il aime partout : cela est vrai quand il conserve ses plaies, et qu'il demeure sensible aux coups des inspirations divines;

mais quand il les referme par ses misérables médicaments, c'est ainsi que j'appelle les raisons de l'amour propre, il change de vie et n’a plus de mouvement que pour lui-même. C'est cette misérable vie de nous-mêmes, c'est-à-dire de notre propre amour, qui emporte après soi tout l'esprit, et qui le retire de l'union avec Dieu. Et enfin, de là naissent les violences qu'il nous faut faire lorsque, par la syndérèse (remords de conscience) qui nous pique, nous sommes pressés de retourner à celui d'où nous nous sommes séparés ; car comme nous avons repris la vie de la nature, il faut encore une fois remourir à la nature pour y arriver.

Vous voulez que je demande pour vous à Notre- Seigneur le don d'oraison. Je lui demande pour vous celui de l'humilité et de la vraie abnégation de vousméme, sans laquelle il n'y a point de vraie oraison, ni de vrai esprit intérieur. L'oraison et l'humble abnégation doivent aller de même pas, autrement toutes nos dévotions sont suspectes. Et c'est la leçon que nous enseigne notre divin Maître et cause exemplaire (celui qui nous forme par ses exemples), pour posséder entièrement son esprit, comme nous disions tantôt. Outre cet esprit syndicant (faisant des reproches) qui nous suit partout, et qui nous dicte mille fois plus que nous n’en faisons, vous avez d'excellents maîtres avec vous, capables d'éclaircir tous vos doutes, en sorte que ce me serait une présomption de vous en dire davantage.

J'ai lu et relu ce qui parle de votre saint Ordre, et je ne vous puis dire la consolation que je ressens en mou âme de ce que Dieu vous y a appelé. Vous men demandez mon sentiment, Je vous dis que tout le précis de la perfection y est enclos, et qu'il x'y a aucun Ordre en l'Eglise qui n'ait emprunté de saint Benoît et de ses

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enfants, ce qu’il a de plus saint ct de plus parfait. Je remarque même que cette nouvelle réforme où Dieu vous a appelé à renfermé tout le suc de ce premier esprit. Vous ne serez donc pas excusable, après la grâce que Dieu vous a faite, si vous avez du cœur pour autre chose que pour lui. Donnez-vous donc tout à lui, et rendez-vous capable par vos soumissions de recevoir son esprit principal, qui est assurément celui de votre Ordre et de votre Congrégation; si elle passe par le creuset des afflictions et des persécutions, elle n'en sera que plus éclatante. Donnez-moi toujours la consolation de me dire ce qui lui sera arrivé de nouveau, tant dans son progrès que dans ses combats; car je prends tant de part à ses intérêts qu'il me semble que je lui suis incorporée. Je fais à présent mes lectures spirituelles dans vos règles, et dans le livre de vos exercices spirituels, où je vois bien que ceux qui ont fait nos constitutions et réglements en ont beaucoup tiré. Bénissons Dieu de tout, et servons-nous des trésors qu'il nous départ par ses Saints, afin de devenir saints. d'offre à Notre-Seigneur votre infirmité, afin qu'elle ne vous empêche point de lui rendre les services qu'il demande de vous; car quant à la souffrance, c’est un présent que sa Majesté vous fait, et qui vous doit être précieux. Pour mni, je n'ai aucune infirmité corporeile, sinon que je sens de fois à autre un petit mal de tête, qui est un reste de la grande assiduité que j'ai eue autrefois aux ouvrages, mais cela n'est pas considérable, En échange il me faut souvent passer par des épines bien piquantes dans les affaires dont la Providence m'a chargée, et qui regardent l'exécution de ma vocation au Canada; mais enfin j'y trouve mon repos. Vous désirez savoir si notre communauté est grande.

Non, elle est petite, n'étant encore que de huit reli. gieuses de chœur et d'une converse. Mais pourtant c'est beaucoup; car il est question d'y unir des sujets de deux Congrégations différentes, où la multitude des personnes ne ferait que causer des diversités de sentiments. C'est pourquoi, avant que de multiplier, il faut tâcher d'affermir cette union qui est faite, et grâce à Dieu, signée de nos deux Congrégations de France, et de

nous, par une voie de grâce tout extraordinaire. Cette .

grande paix et union où nous vivons a déjà touché plusieurs personnes de grande piété en France, et leur a donné sujet d'espérer l'union générale de toutes les Ursulines du royaume, où elles sont divisées en diverses Congrégations, sous une même règle, et dans les mêmes fonctions. C'est une petite semence jetée dans le Canada, et qui pourra porter du fruit dans. la France en son

temps. Comme l'on m'en écrit ici de toutes parts, je

tâche dans mes réponses de glisser quelques petits mots de ce grand bien, à ceux que je crois y pouvoir contribuer en quelque chose. Nous attendons à la prochaine flotte la bulle de Rome pour la confirmation de nôtre union. Nous avons déjà celles de nos deux Congrégations, mais il nous en faut une particulière pour ce pays, à cause que nous y avons des régiements particuliers, le climat, le vivre, et les autres circonstances ne pouvant pas s’accommoder avec ceux que nous gardions en France.' Voilà, mon très-cher fils, mes

(1) On voit par ces paroles de la vénérable Mère que les Ursulines de Québec n’adoptèrent ni les constitutions de Paris ni celles de Bordeaux; mais usant des droits que donnent à toutes les Ursulines les Bulles pontificales, elles se firent pour elles-mêmes des constitutions spéciales en rapport avec les exigences du climat et de la nature de leur œuvre, qui imposaient la nécessité d'une dérogation

aux réglements suivis en France.

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deux grandes affaires depuis que je suis en Canada : notre établissement actuel et notre union. Car pour l'étude de la langue, et en ce qui regarde l'instruction de nos sauvages, comme aussi à enseigner à mes sœurs ce que j'en ai pu apprendre avec la grâce de Notre- Seigneur, cela m'a été si délectable, que j'ai plutôt péché en l'aimant trop, qu'envisagé s'il y avait de la peine. Voilà l'état de nos petites affaires, mon trèscher fils, une autre fois je vous en dirai davantage.

Dieu ayant appelé ma nièce à l'état de la sainte religion, elle m'a mandé et m'a fait dire par, nos sœurs qui sont arrivées ici, qu’elle a dessein de me venir trouver. Ne lui en mandez rien néanmoins, de crainte que nos Mères ne croient que je la veuille attirer. Si elle vous en écrit, répondez-lui selon que Notre-Seigneur vous inspirera, sans lui parler de moi. La vocation au Canada ne se doit pas regarder dans une affection naturelle, non plus que dans de trop grands empressements de ferveur, mais bien dans une vraie et solide persévérance, autrement, les sujets qui y passeraient n'y auraient jamais de satisfaction, et n'y trouvant pas ce qu'ils avaient espéré, reprendraient bientôt le chemin de la France, ce qui serait fâcheux pour des filles. C'est pourquoi je craindrais que celle-ci ne se laissât prendre à quelque affection naturelle, car elle m'aime comme sa mère. On m'a dit qu’au fort de ses afflictions, elle m'appelait comme si j'eusse été auprès d'elle : et néanmoins elle serait bien trompée si elle était avec moi, car je la mortifierais plus qu'aucune autre, quoique je n'aie pas l'esprit de mortification. Il est temps que je finisse ; nous prions toutes pour vous; priez aussi pour nous, et plus particulièrement pour moi qui suis votre...

De Québec, le 30 août 1644.

Remarques sur la Lettre LIX,

On sait que la Mère Marie de l'Incarnation et la Mère Marie de Saint-Joseph, sorties du monastère de Tours, appartenaient à la Congrégation des Ursulines de Bordeaux. Pendant leur séjour à Dieppe, la Mère Cécile de Sainte-Croix, appartenant à la Congrégation de Paris, se joignit à elles. Un an après, le 7 juillet 1640, deux autres Ursulines de Paris, la Mère de Saint-Athanase et la Mère de Sainte-Claire, arrivaient à Québec pour s'associer également à la généreuse entreprise. Ces religieuses n'avaient ni le même habit ni le même réglement pour les actions de la journée, ni les mêmes pratiques de détail. Cependant elles devaient travailler ensemble à une même œuvre et mener une vie commune depuis le matin jusqu'au soir. Comment faire? Il se présentait trois moyens.

1° Obliger les trois religieuses de Paris qui étaient venues se joindre aux deux premières, dont l’une était supérieure, à adopter leur costume, leurs règles et leurs usages. La Mère de l’Incarnation avait trop d'humilité et d'esprit de condescendance pour exiger cela, et même pour en faire la proposition.

2° Faire le contraire en adoptant le costume, les usages et les constitutions de Paris. La vénérable Mère l'eût sans doute fait trèsvolontiers s’il n'eût été question que d'elle-même; mais il lui semblait qu’en agissant ainsi elle eût manqué aux égards dûs à sa Congrégation de Bordeaux, ainsi qu'à son ancienne supérieure et à ses sœurs de Tours, qui n'auraient peut-être pas consenti à son départ si cette condition eût été proposée ou prévue.

3° Il ne restait donc qu'à ménager une transaction où l’on ferait des concessions de part et d'autre, et pour laquelle on tâcherait d'avoir préalablement l’assentiment des deux maisons de Paris et de Tours. Tel fut le parti auquel on s'arrêta, sans même se demander si, cette transaction décidée et réalisée, la communauté de Québec serait de la Congrégation de Bordeaux ou de celle de Paris. Voici le texte du compromis qui fut arrêté et signé par les cinq religieuses,

après qu'on eût reçu l'agrément des maisons de Paris et de Tours.

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On ne dit pas si l'on communiqua l'accord à la maison de Dieppe, à laquelle appartenait la Mère Cécile de Sainte-Croix.

Il fut convenu :

l° Que les religieuses professes de la Congrégation de Paris qui passeront de France en Canada, prendront l'habit des Mères Ursulines de la Congrégation de Bordeaux.

2° Que les professes de la Congrégation de Bordeaux qui viendront en Canada, feront le quatrième vœu d'instruire les petites filles, pour le temps qu'elles y seront.

3° Que les novices feront le quatrième vœu absolu en la forme usitée en la Congrégation des religieuses Ursulines de Paris. Qu'elles prendront aussi l'habit des Mères Ursulines de la Congrégation de Bordeaux, et selon la forme usitée en cette Congrégation.

4° Qu'en cas de retour en France, les professes des deux Congrégations de Paris et de Bordeaux auront la liberté de retourner en leurs maisons de profession, le vœu n'étant que conditionnel, ainsi que l'habit, pour le pays. Et en ce cas aussi de retour en France, il leur sera libre, tant aux religeuses venues de France qu'à celles qui auront été professes sur le pays, au dit monastère du Canada, de s'établir toutes ensemble en quelque ville de France, sous le bon plaisir de Sa Majesté et de l'Evêque du lieu, pour y vivre en la même observance régulière qu'elles faisaient en Canada, attendant l'occasion de retourner au pays de la Nouvelle-France, pour y secourir de rechef les sauvages, s’il plait à la divine Majesté leur en faire k grâce; et elles se serviront pour le dit établissement, tant du revenu de la fondation que du fonds qu'elles pourraient avoir en France de la dot des novices reçues à profession.

5 Pour le regard des constitutions, elles se feront dans le pays selon qu'on le jugera à propos, et même par l'avis des religieuses.

6° Que l'on enverra un supérieur, prêtre ou commissaire apostolique, qui dépendra immédiatement du Pape; et pour obtenir l'union stable & permanente, l'on aura une bulle du Pape.

7° Que l’on gardera l'égalité entre les deux congrégations : lorsque l'on fera passer des religieuses de la Congrégation de Bordeaux, l'on ira passer aussi des religieuses de la Congrégation de Paris.

8° Cas advenant que les novices seraient jugées incapables d'emtrasser l'état religieux, et pour cela renvoyées, les frais de leur retour en France seraient pris sur leurs pensions courantes.

9° Il ne sera pas envoyé de religieuses d'aucun lieu de l'ancienne

France, qu'au préalable elles n'aient été demandées du supérieur des 1

religieuses Ursulines qui résidera actuellement à Québec.

Nous soussignées, supérieure et religieuses du couvent de Saints. Ursule établi à Québec en la Nouvelle-France, étant assemblées au nom de Jésus-Curisr, avons reçu les articles sus-nommés, envoyés de France par ceux qui ont traité de nos affaires at avons résolu de les observer et faire observer à l'avenir; et a >onvenu ensuite que les religieuses qui sont venues ou qui viendront de la Congrégation de Paris, prendront l'habit des Mères de la Congrégation de Bordeaux, sitôt et quand la supérieure l'ordonnera, et les n°13 qui seront reçues prendront aussi le saint habit et feront le quatrième vœu d'instruire les petites filles comme il se fait en la Congrégation de Paris; et pour ce qui est des religieuses qui sont venues et viendront de la Congrégation de Bordeaux, il leur sera libre de faire le quatrième vœu absolu, etc.

En foi de quoi, nous avons signé le présent acte, etc., le 8 de septembre 1641.

Sœur Marie Guyar», de l'Incarnation, supé"eure. Sœur Anne LE BuGre, de Sainte-Claire.

Sœur Cécile RicHEer, de Sainte-Croix.

Sœur Marguerite De FLéceres, de Saint-Athanase. Sœur Marie De SAVONNIËRES, de Saint-Joseph.

Tout ce qui précède est extrait de l’histoire des Ursulines de Québec, tome 1, page 68. L'annaliste ajoute :

« Cet arrangement, préparé par la Mère de l'Incarnation, avai préalablement été envoyé en France aux Ursulines de Paris et de Tours, pour être approuvé et signé par les religieuses de ces deux monastères. »

Ce ne fut qu’en 1682, dix ans après la mort de la Mère de l'Incarnation, que la communauté de Québec s'agrégea à la Congrégation de Paris, par l'adoption de l'habit, de la ceinture de cuir, des constitutions, réglements, etc., qui lui étaient propres. Voici l'acte authertique de cet arrangement :

| « Nous soussignées, supérieure et religieuses du monastère de

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acceptons de grande affection, toutes unanimement et d'un commun consentement, les constitutions, réglements, directions etcérémoniaux, l'habit et autres coutumes de la Congrégation des révérendes Mères Ursulines de Paris, situées au faubourg Saint-Jacques de la dite ville, pour les garder le plus exactement et religieusement qu'il nous sera possible, moyennant la grâce de Dieu, suivant l'ordre que nous en avons reçu de Mgr l'Illustrissime et Révérendissime F, de Laval, évêque de Québec, en la visite qu'il a faite en ce monastére le 18 mars, l'an 1681. En foi de quoi nous avons signé le présent acte le 1l novembre 1682. »

Suivent les signatures au nombre de dix-sept.

L'annaliste du monastère ajoute ce qui suit :

« À l'époque où nous écrivons (1863), les Ursulines de Québec observent encore à peu près intactes les règles et constitutions des Ursulines de Paris: De temps en temps, de loin en loin, il y a eu œrtaines modifications apportées à quelques points, surtout depuis 1830, suivant les besoins du pays et les devoirs nouveaux que semblait demander la société. »

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