‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 7 sur 127 · AVERTISSEMENT, XI · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT, XI

pouvait rien avoir appris des hommes. C'est de Dieu même qu'elle l'apprit dans une révélation céleste. »

Le Père Galifet raconte ensuite tout le détail de cette révélation qu'on lira dans la Lettre CLIII, à laquelle nous avons déjà renvoyé. $

On ne peut nier que cette faveur accordée par Dieu à notre vénérable Mère n'ait été l'une des plus précieuses et des plus signalées qu'on voie dans l'histoire des Saints : surtout si l'on fait attention qu'elle la reçut et la mit tous les jours en pratique à une époque où le jansénisme communiquait, même à des catholiques d'ailleurs soumis à l'Eglise, la sécheresse de dévotion qui était comme l'essence de cette secte.

A cette occasion nous nous sommes demandé ce qu'avait pensé Claude Martin de la révélation faite à sa mère et de cette dévotion si vive au Cœur de Jésus. Il serait, croyons-nous, difficile de résoudre la question. Dans la Vie de la servante de Dieu il rapporte fidèlement ce qu'elle lui avait écrit; mais, contraisement à sa manière de faire à l'égard des autres faveurs dont cette âme privilégiée fut l'objet, il n'ajoute pas un seul mot d'adhésion ou d'admiration. Il y a plus, comme si les mots dévotion au Cœur de Jésus lui déplaisaient, il évite de les écrire quand l'occasion se présente, et il écrit à la place : Dévotion au Verbe incarné, et cela avec une intention arrêtée qui est évidente. «

Lorsque, quatre ans après, il publie les Lettres, il semble encore plus gêné. Des réclamations qu'on lui avait faites, et dont il parle à la première page de son Avertissement, l'avaient intimidé. 11 ne pouvait plus retrancher ce qu'il avait fait connaître dans la Vie, outre que son respect pour sa mère eût probablement suffi pour l'empêcher de le faire, mais il paraît s'appliquer à mettre dans l'ombre le plus qu'il peut les nombreux témoignages de dévotion au Cœur de Jésus qu'il est dans la nécessité de reproduire. Lorsque dans les sommaires des Lettres il devrait exprimer la pensée de sa mère en usant des termes

Page 1