‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 93 sur 127 · LETTRE LXXXII · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXII

AU MÊME

Elle lui témoigne que Dieu veut le conduire, et elle aussi, par la voie de la privation et par les maximes de l'Evangile.

Mon très-cher et bien-aimé fils,

Ce mot que je vous écris par un vaisseau qui va partir et qui devance les autres de quelque temps, vous assurera que j'ai reçu votre paquet et toutes vos lettres

avec le autres vous dé plainte:

ne peut que je à a sur :

tions de familier Sauveu perdant comme délices dans l'e l'éternit:

mon âm heure q notre sc tement € Pour grâces à eussiez | pouvoir ( donne. .

études e:

(1) On voi à sa mère l'a craint d'abor!

mais non. O rapport comr ci-après, pou humble relig faites, évoqt impression si

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avec la consolation que vous pouvez croire. Par mes autres lettres je vous donne toute la satisfaction que vous désirez de moi, afin que vous ne me fassiez plus des plaintes d'affection, que la tendresse que j'ai pour vous ne peut souffrir.' Il y a longtemps, mon très-cher fils, que je a suis résolue aux desseins que la divine bonté a sur vous et sur moi, lesquels sont dans des privations de ne nous voir et familiariser (avoir des rapports familiers en cette vie) qu'en la manière que notre divin Sauveur l'ordonne dans l'Evangile, savoir en nous perdant nous-mêmes; car si nous perdons notre âme comme il faut, nous la retrouverons un jour dans les délices de Celui qui nous a fait entrer si amoureusement dans l'exercice de ses maximes. Nous aurons alors l'éternité pour nous voir et nous entretenir. C'est à quoi mon âme soupire ; et:je vois incessamment cette dernière heure qui me dégagera de tout ce qui me sépare de notre souverain bien, dont on ne peut jouir parfaitement et à son aise en cette vie.

Pour ce qui est de ma santé, eile est assez bonne, grâces à Notre-Seigneur, et je souhaiterais que vous eussiez la voix aussi forte et aussi libre que moi, pour pouvoir exprimer au deiors les lumières que Dieu vous donne. J'ai été consolée d'apprendre qu'il a béni vos études et qu'il y a joint la piété. Je n'oserais plus vous

(1) On voit par la Lettre LXXX et par celle-ci que Dom Martin avait rappelé à sa mère l'abandon où elle l'avait laissé pour entrer en religion. Nous avions craint d'abord que le bon religieux n'eût cédé en cela à un moment de faiblesse ; mais non. Outre que, daus lu vie de sa mère, il regarde sa conduite sous ce rapport comme la preuve d'une sainteté héroïque, il suffit de lire la lettre CXX, ci-après, pour se convaincre que Martin désespérant presque de décider cette humble religieuse à lui envoyer le récit détaillé des grâces que Dieu lui avait faites, évoqua le souvenir de son abandon, comme moyen oratoire pour faire impression sur le cœur de sa mère et l'amener à lui accorder sa demande.

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demander si Dieu vous a honoré de l'ordre du sacerdoce, ce sera vous qui me l’annoncerez. Cependant vivons dans le dénûment propre à notre condition, et ne désirons rien que dans les divines volontés de notre tout aimable Sauveur; c'est le plus parfait pour nous, Ce petit mot n'est que pour vous donner par avance un peu de consolation, si tant est que nos lettres vous consolent. Mais plutôt consolons-nous en Celui qui est le Père des miséricordes, et le Dieu de toute consolation.

De Québec, le 18 de septembre 1647.

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