LETTRE CXXVI
AU MÊME
Bile le conjure de faire ea sorte qoe les papiers qu'elle lui envoie ne soient connus de personne, et de les Jeter au feu au cas où il se verrait en danger de mort.
Mon très-cher et bien-aimé fils,
L*amour et Taffection que j'ai pour vous, et la con- Bolation que je ressens de ce que vous êtes à Dieu m*ont fait me surmonter moi-même pour vous envoyer les écrits que vous avez dësirës de moi. Je les ai faits avec répugnance et les envoie avec peine. Mais puisque la grâce et la nature ont surmonté toutes mes inclinations, j*ai à vous dire toutes mes intentions là-dessus ; c'est que je ne désire pas que qui que ce soit en ait la communication et la connaissance que vous. Je me confie (j'ai confiance) que vous me garderez la fidélité 9Qe je vous demande, et qu'après vous avoir accordé ^ que vous avez demandé de moi, vous ne me refuserez pas ce que je désire de vous. Et parceT que l'on ^t des visites dans les maisons religieuses, je vous ptio d'écrire sur la couverture : Papiers de conscience, afin que personne n'y touche et n'y jette les yeux sans «empale. Avec cette précaution, les personnes de votre condition peuvent facilement garder des papiers de cette nature, où personne ne peut avoir de vue. Si vous veniez à tomber malade et que vous fussiez
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Mot trèp-rner e: bier-aimé fils.
Liti Tie e: Tninoor de Jésus «oies: Totre vie et Totr^^
^( roD5 a' ém: par T^n« les vai^eanx qui «w^ partis Celte-c: L^esi QXixxn petit abrégé des astres^
DE LA MÈRE MARIE DE L'iNCARNATION. 71
afin que si elles sont perdues, vous puissiez avoir de nos nouvelles par ce dernier navire. Je vous envoie les papiers que je vous avais promis et les ai confiés au révérend Père de Lionnes pour vous les mettre en main propre. Je vous demande le secret que vous m*avez promis, car je ne veux pas que personne en ait la vue que vous. Si vous voyez du danger que cela arrive, brûlez-les plutôt, ou même, afin que mon esprit soit en repos, renvoyez-les-moi. Vous y trouverez l'éclaircissement de certains points que vous me demandez, si tant est qu'ils arrivent jusqu'à vous.
Pour ce que vous m'avez proposé et qui vous regarde en particulier, ne vous affligez point, et ne désistez (ne cessez) point de faire la charité à cette bonne dame. C'est la nouveauté de cet emploi qui vous cause cette peine ; quand rexpérience vous aura rendu plus aguerri, il n'en sera pas de même. Toutefois, quand il en serait de la sorte toute votre vie, il ne faudrait pas cesser de faire la charité. Le diable, qui a peur qu'on la fasse, fait d'ordinaire ces sortes d'ouvrages pour intimider les âmes. Je connais un saint homme qui en est martyr, mais qui ne laisse pas de poursuivre généreusement 8a pointe; faites-en de même pour l'amour de Dieu et pour le salut de cette âme.
Pour votre autre aflFaire qui vous donne tant d'exer-
<^îce, c'est aussi une tentation en une manière; et en
^ne autre, c'est un exercice que Dieu vous donne. Vous
ti'ouverez quelque chose de semblable dans mes écrits;
▼ous y verrez aussi les suites et les succès. Il faut
r passer, mon très-cher fils, par diverses tentations et
i afflictions pour parvenir à la pureté de corps et d'esprit
^xieDieu demande de nous; et pour cela il faut avoir
*. ^D grand courage et être impitoyable à soi-même.
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autrement Ton n^avancera point dans cette voie de l'esprit. Tous les saints ont passé par là pour être saints. Je ne me mets pas du nombre, car je suis une grande pécheresse; mais voyez, je vous prie, par où j*ai passé l'espace de plus de sept ans, et encore aupa* rayant en diverses rencontres. Il n'est pas possible de vivre longtemps dans la vie spirituelle sans passer par ces épreuves. Je vous envoie donc au lieu allégué, et de mon côté vous pouvez croire que vos intérêts me sont trôs-chers pour les recommander à notre bon Jésus.
Pour ma disposition du corps, elle est asse? bonne, et je ne me sens pas encore beaucoup des incommodités de l'âge, sinon que ma vue s'affaiblit. Pour la soulager j'use de lunettes, avec lesquelles je vois aussi clair qu'à l'âge de vingt-cinq ans; elles me soulagent encore d'un mal dé tête habituel, qui en est bien diminué. Je suis aussi devenue un peu replète : les personnes de mon tempéramment le deviennent en ce pays, où l'on est plus humide qu'en France, quoique l'air y soit très-subtil. Mais laissons le corps pour la terre, et donnons notre esprit à Dieu.
Je vous ai déjà écrit une lettre des nouvelles du pays. Depuis ce temps-là, deux des nations Iroquoises se sont mises mal ensemble. Le sujet de leur différend est que toutes deux avaient demandé des Pères. L'une, qui est celle des Âgnerognons, demandait le Père Chaumonnot, et que les Hurons se donnassent à elle pour vivre ensemble et ne faire plus qu'un peuple ; mais elle ne voulait pas qu'on parlât de la Foi. Les Ânnontageronons demandaient aussi les Hurons avec des Pères, et voulaient recevoir la Foi. Les Hurons, qui sont libres, ne voulant pas s'engager, promirent successivement
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aux uns et aux autres qu'avec le temps ils iraient les visiter, et cependant qu*ils prissent patience. Ils firent cette réponse pour se défaire adroitement de ces peuples, à qui ils ne peuvent se fier après tant d'expériences qu'ils ont de leur infidélité. Un Père donc fut envoyé aux Annontageronons, avec ordre de visiter aussi les Âgne* rognons. Mais le temps lui ayant manqué, il ne put rendre visite à ceux-ci, mais il demeura chez les premiers, où les autres nations Iroquoises s'étaient rendues, et convinrent de recevoir la Foi. Le Père apporta ici cette bonne nouvelle, qui donna bien de la joie à tout le monde, et pour exécuter un si bon dessein on jugea à propos qu'il y retournât lui-même. Lorsqu'il était en chemin, les Âgnerognons, piqués de jalousie, furent à sa rencontre, feignant d'être amis, mais par une fourberie digne d'une nation barbare, lorsqu'ils furent à la portée du fusil, ils firent une décharge sur sa compagnie,
Un capitaine qui l'accompagnait par hbnneur fut tué, plusieurs Hurons furent blessés, et les autres faits prisonniers. Un autre capitaine qui restait, leur dit : Mes frères, qu'avez- vous fait? Je vous déclare la guerre. Ils ne se mirent pas beaucoup en peine de cette déclaration, mais s'adressant ' au Père, ils lui dirent qu'il n'avait point d'esprit d'avoir préféré les autres à eux; et lui ayant fait ce reproche ils le laissèrent, disant qu'ils ne voulaient point de mal aux Français, mais aux Hurons et aux Algonquins, et qu'ils les voulaient tous tuer. En efiet ils font tout leur possible pour exécuter leur dessein.
Nous avons pourtant appris que ce ne sont pas les anciens de la nation qui ont fait ce coup, et même qu'ils l'ignorent; mais que c'est un bâtard d'un Hollandais et d'une Iroquoise, lequel vit en Iroquois, car ces
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ffft \f^m^vM (f^ iâicn (ait, mhtil et vaillant, qui ressemu)^ H tfH UMfti\Jtttn, ftxpj^.pté qa*il a a point de barbe. Vh\\^ i^fff^ ^^ ^f^t mnqnaate hommes, tant Harons i\\^'A\Hhhf\H\M, qui Irt poursuivent; s'ils le peuvent )fHu^iUn, iifMt Citit drt lui, car c'est un malheureux qui 4V|t)'f««rf H U fm Hfc A la paix. Mais je reviens au Père. M |ii*fH«MlM|f. mm olkAmin jusqu'à Montréal, où il ne Huk |..H |.lMri (Al; Mrrivtt que les autres nations Iroquoises kui Mii'tifArdht ttd« ilciputéa pour le complimenter et ii»i uuci (Ion (iri^a^nU. Ils lui Ûrent de nouvelles proi^i^^UtuiM qu'iU voulaient croire en Dieu, et le prièrent >ïi. 4'i \\u\i\km%\ç uviio «e^i frères île venir les instruire. %\., ïui ihv^ulMMrt^nà un prê^tent pour le convier douvrir u^4 V -u^ ^i^HM* l^iou \H>03(ivJèr^r ce qulls allaient faire 'k*^\ \^uai4i^uvàui« iHkur te ven^r de ilnjure qalls lui M-M-*ui i>ii.o \s'kU \M^M cù $t>nc les oJiaires: mais ..uM^i.i w«u.i -àvcA i'C'r( t>teu r^uiar*^iiê« il nV a point 1 Mv; tut44u..ii 4 >%:^ 't'«^:v/*^'ïi« ^ufcoac 'i^^zami ils sont •mUmoit.;! i >u.»i| ^> ) (>.: ^ixc ^i^â av^c tîux. OU ue Laîssc ;♦ ** i». ... - .*iv \:i. x<:*i ^''UuirH. Ll*s Fèr^» voûC «îC vien- MM', u../- ,-.i j'wti,>«i:«. :i. --iiA r^cnir^juemtîQt voni et • »î.'»H''* »• ♦. U4a:,>i oujiKiiH tvtîc ietiauce. Prions le
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