‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) première supérieure du monastère des Ursulines de QuébecChapitre 6 sur 101 · LETTRE CXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE CXVIII

 SON FILS

M» W ttiifoii d^M pfta4|7nqtt9 <!• mIbI Bmon qull hti avait «rroyé, «t lai dît «M tMl«Mttla «ir aoa 4èévati«i à la sapérioricé. — Da q—Ha aaaièra aOa a ^atwfoii 4*Mrik<a U MacNila <Jia Di«a à aoa éfacd.

Moa trde^eher et bien-aimé fils.

L'uftoiur et ta Tie de Jtscs soit notre rie pour

?e^ Totre lettre en date du troisième jour d*aTril« et eaeesatMe Tagréable présent qui raccompagnait. Yooa aies bien sii^ de dire que ça été pour ma conaolatioii (|«ie ^oœ me Taures envoYé : car en effist jea ai été trà»> ooaeolée^ et j'ai rendu à Dieu et à son Saint-Esprit mes tr^bumMee actione de grâces de celles qall iroaa oommuaique^ tant en ^otre particalier pour irotre saiietiâcaûon. que dee talents qull toos donne pour aider le {prochain» soit par Texercice de la prédicatiim^ soit par I économie do la charge qall vous a mise eaatte les maiîid. J espère que sa divine Xajesté ne ^ntm abaa- Jona^ra jamoiss pendan4 que vous seres un ftièie dispest^aieur ie ses^ bien^^ car il dit Jans i*5^angile à soa scTV'Ueur iuèie y^mt^^ Am ei fiiétê ^iwUêm. ptarcB fat

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DE LA MÈRE MARIB DB L'INC ARNATION . 27

VOUS avez été fidèle en peu de chose, je vous élèverai et constituerai sur beaucoup.

Mais savez-vous bien, mon très-cher fils, qu'il ne m*a jamais été possible de lui rien demander pour vous que les vertus de TEvangile, et surtout que vous fussiez l'un de ses vrais pauvres d*esprit. Il m*a semblé que si vous étiez rempli de cette divine vertu, vous posséderiez en elle toutes les autres éminemment; car j'estime que sa vacuité toute sainte (le vide des choses créées que la pauvreté d'esprit établit dans une âme) est capable de la possession de tous les biens de Dieu envers sa créature. Puisque vous voulez que je vous parle sans réserve, il y a plus de vingt-cinq ans que la divine bonté m'a donné une si forte impression de cette vérité à votre égard, que je ne pouvais avoir d'autres mouvements que de vous présenter à elle, lui demandant avec des gémissements inénarrables que son divin esprit faisait sortir de mon cœur, que cette divine pauvreté d'esprit fût votre partage. L'esprit du monde m'était pour vous un monstre horrible, et c'est ce qui m'a fait vaincre tant d'oppositions qui se sont formées à vos études ; parce que dans les sentiments que Dieu me donnait à votre égard, je voyais qu'il fallait se servir de ce moyen pour parvenir à ce que je prétendais, et pour vous mettre dans l'état oti vous pouviez posséder cette véritable pauvreté d'esprit.

Je rends de très-humbles actions de grâces à sa bonté de l'attrait qu'elle vous donne pour la vie mystique. C'est une des dépendances de cette pauvreté d'esprit, laquelle purifiera encore ce qui pourrait être de trop humain dans l'exercice de la prédication, que je ne TOUS conseille pas de quitter, si ce n'est qu'il cause du dommage à votre perfection, ou à votre santé, ou

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révérend Père Lallemant m'avait dit que je demandasse à Notre-Seigneur que s'il voulait quelque chose de moi avant ma mort, qui pût contribuer à sa gloire, il lui plût de me le' faire connaître. Après avoir fait ma prière par obéissance, je n'eus que deux vues : La première, de m'ofFrir en holocauste à la divine Majesté pour être consumée en la façon qu'il le voudrait ordonner pour tout ce désolé pays; et l'autre, que j'eusse à rédiger par écrit la conduite qu'elle avait tenue sur moi depuis qu'elle m'avait appelée» à la vie intérieure. Pour la première, j'en parlai sur l'heure à mon révérend Père, en lui parlant de mes autres dispositions présentes; mais pour l'autre, j'eus de la confusion de moi-même, et n'en osai rien dire. Cependant cet Index était le point de l'afiaire, qui joie revenait continuellement en l'esprit, avec un scrupule d'avoir écrit ce que j'avais projeté de VQUS envoyer sans la bénédiction de l'obéissance. Il est vrai que mon supérieur m'avait obligée de récrire les mêmes choses que j'avais écrites autrefois et qui avaient été brûlées avec notre monastère ; mais c'était l'intention que j*avais de vous les envoyer qui me faisait de la peine, pour ne l'avoir pas déclarée. Enfin pressée de l'esprit intérieur, je fus contrainte de dire ce que j'avais celé, de montrer mon Index, et d'avouer que je m'étais engagée de vous envoyer quelques écrits pour votre consolation. Je lui dis l'ordre que j'y gardais, qu'il approuva; et il ne se contenta pas de me dire qu'il était juste que je vous donnasse cette satisfaction, il me commanda même de le faire. Je vous envoie cet Index, dans lequel vous verrez à peu près l'ordre que je garde dans l'ouvrage principal que je vous enverrai l'année prochaine, si je ne meurs celle-ci, ou s'il ne m'arrive quelque accident extraordinaire qui m'en

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miu Us \l0«it«^tii ilouo quo jai commencé pour vons. l>^ ^mUs \U\ WwW^ nuvji aventures; c*est-à-dire, non- ^^^Iv'^^^v^Ht \io \v \)ui »Wt pa$$è dans rintériear, mais v^H^^M^^ xJo Uu«Umiv ^^xiorieun?, sa^cHr des états 00 »^^» tsi^^^ ^l.^H» lo *:\Vîo et viAn$ la religion, des pro- >^,,v,«x>^ ^k HVi»sK<;i-o;!t lio I\i?a «r 2ÎOÙ de mes actions, x;<^ .^««c^ ^wMj^\^ix. sv:«:tK: v v^^c* ji ile^ê, ec géoérale- .#.^^.* s* :<;.>! ^,t >v«t.:M.rv ;ri*r ,«îtî"iei' v:a» zae poarrsz ^N*^-.Vs .**x%ij xVwf.tct:^A\ x'cir V* ;.'ar'«? le* rscses simple-

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DE LA MËRB MARIB DB L'iNCARNATION. 31

au dehors comme elles se passeat intériearement. Lorsque je présentai mon Index à mon supérieur, et qu'il en eut fait la lecture, il me dit : Allez sur-le-champ m'écrire ces deux chapitres, savoir le vingt-deux et le vingt-cinq. J*obéis sur l'heure et y mis ce qu'il me fut possible, mais le plus intime n'était pas en ma puissance. C'est en partie ce qui me donne de la répugnance d'écrire de ces matières, quoique ce soient mes délices de ne point trouver de fond dans ce grand abîme, et d'être obligée de perdre toute parole en m'y perdant moi-même. Plus on vieillit, plus on est incapable d'en écrire, parce que la vie spirituelle simplifie l'âme dans un amour consommatif, en sorte qu'on ne trouve plus de termes pour en parler.

Il y a vingt ans, je l'aurais fait plus avantageusement et avec plus de facilité; et il y aurait des matières qui donneraient de grands sujets d'admirer la grande et prodigue libéralité de Dieu à l'endroit d'un ver de terre tel que je suis: car j*ai laissé quelques papiers à ma révérende Mère Françoise de Saint- Bernard, qui sont mes oraisons des exercices de dix jours, que l'obéissance m'obligea d'écrire; j'avais fait encore quelques autres remarques dans un livret touchant les mêmes matières. Si j'avais ces écrits, ils me serviraient beaucoup et me rafraîchiraient la mémoire de beaucoup de choses qui se sont écoulées de mon esprit. J'ai laissé deux exemplaires de tout cela, car comme mon directeur voulait avoir mes originaux, j'en fis une copie dans un petit livret, pour m'en servir dans les occasions. Lorsque j'étais sur le point de quitter la France, je retirai adroitement les originaux qui depuis sont demeurés avec les copies. J'ai depuis demandé les uns et les autres à cette révérende Mère,

afin qu'on ne "nk «Ban écrit de ma msm dans le monde» mais elle me les a refiiaée absolmnent, annme ^e me mortifia beaucoup» avant mon départ» parce que j*avaia^ brûlé quantité d'antres papiers de cette natore.

C» écrits dont je iriens de parler, regardait seolement la conduite de Dien sor moi dans la France. Pour le Canada» il me »rait difficile d'écrire tontes les dii^^ositions qù. je me suis trouvée depuis que Dieu m'j a appelée. Jy ai soul&rt de grandes croix de la part de Dieu» des créatures» et de moi-m&ne» qui suis la pire de toutes^ J'en dirai quelque petite chms ; mais il 7 a bîdn des raisons qui mobiigent de taire le reste» et je crois que c'est ta volonté de Dieu que j'^x use de la wrte* Si j'avais votre oreille» il nV a point de secret eu mon ct»ar que je ne voulusse vous confier. Je vous ferais volontiers mes contestons générales et particalièn^ Dieu vous avant marqué de son caractère saint Vqu^ voj^es par là que je n ai point de réserve à vrotre 4giburd» ^( quil ny a que la distance des lieux qui eitti^lie uotre commerce pour les cixoses de Dieu^ car U u'^u taut poiut avoir dauire dans le temps ni duis réteruité. Afin donc que cet Imka: demeure seeret» je Teuierme <^u cette lettre» laquelle» par la «qualité des zaati^àrt^ que j> traite» vues vojrea quelle doit être p^iTiicuUère à vous et à moi. ^

Premier état d'oraisoo.

1. Par lequel Dieu fait perdre à Tâme Tafifection des choses vaines et des créatures qui la tenaient attachée.

2. Inclination grande à la fréquentation des Sacrements, et les grands effets que ces sources de sainteté opéraient en elle, particulièrement l'espérance et la confiance en Dieu.

3. Elle se sent puissamment attirée par les cérémonies de l'Eglise.

4. Du puissant attrait quelle a pour entendre les prédications, et les effets que la parole de Dieu opérait en elle.

Second état d'oraison.

5. Changement d'état par lequel Dieu illumine l'âme, lui faisant voir la difformité de sa vie passée.

6. Puissants effets par une opération et illumination extraordinaire, causée par le sang de Jësus-Christ.

7. Confession de ses péchés ensuite (aussitôt après) de l'opération précédente.

8. Dieu lui donne le don d'une oraison actuelle et continuelle, par une liaison à Jësus-Christ.

9. Diverses illuminations en suite (par suite) de cet esprit d'oraison; plusieurs vertus lui sont aussi données, particulièrement la patience, l'humilité, et surtout un grand amour pour la pauvreté d'esprit.

LBTTR. M. II.

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DB LA MÈRE MARIB DB L*INGARNATION. 35

19. Le grand tracas da monde n*est pas capable de divertir Tâme de la vue de son objet spirituel, par lequel elle est portée à de plus grands actes de vertu.

20. Elle souffre un martyre dans le monde, le voyant si contraire à la vie et aux maximes de Jâsus-Christ.

Sixième état d'oraison.

21. Par lequel Dieu appelle Tâme à un état de pureté intérieure extraordinaire, laquelle par sa miséricorde il opère en elle.

22. En suite de Topération précédente, les trois personnes de la Très-Sainte Trinité se manifestent à elle d'une façon extraordinaire, et lui donnent diverses vues des opérations de Dieu dans les anges et dans les âmes, pures.

23. Diverses connaissances lui sont données sur la distinction des attributs divins.

24. Des dispositions qui sont passivement données à rame pour la mettre dans un état de pureté capable des grandes opérations que Dieu veut faire en elle, qui la font languir d'amour et aspirer au divin mariage.

Septième état d'oraison.

25. Par lequel la très-sainte Trinité se découvre de nouveau à Tâme d'une manière plus haute et plus sublime que la première; et en cette opération la deuxième personne divine la prend pour son Epouse.

26. Les effets que ce divin mariage de l'âme avec la eacrée personne du Verbe opère en elle.

?;. Ea oec élal dTcniHn Feiprit oftiDlaleM^

4t» dMMs et la terwe^ dcà senaût isse contiiMrile «CSMe eus faBvwr de la aemnie prrOTtiiia fiiôe.

2S. Le Sa&sl*Eipnt, par ime modoa cpatîaftlf, loi 6ûb Amoier mn égît haf amp par npfiiQrt t^n famiort)

4 celui dix Caxttiqtte d«s castiq^ia.

29. Laogcean am^^oreoses de lame dazts lesquelles eQe ne Ttt picts en elle^ mais en Celai qoi Fa toat absorbée en ses amoors.

30. D'une snspensîmi oa opération qm fût agoniser r&œ» la tenant dans nn martyre d'amour extrâme.

31. Dix soalagement qui Ici est donné dans cette opération si cniciliaDte^ sans lequel il ne Im serait pas possible de Tirre snr la terre.

32. NonTeUes souffrances et angoisses de Fâme de se ^oir encore retenue dans te monde^ puisque le corps ne meurt pas; et du soulagement que Dieu faxi donne à ce sujet.

33. Des moyens dont Dieu se sert pour lui faire quitter le monde et ses parents» afin de Tattirer dans la religion.

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