PI. XXIX
• n.xxx.
s Ces manteaux doivent être en peaux de aiovAon avee leur ildne, car cW exactement de la mènie manière que i^n trouve représenté un mouton sur le grand escalier de Penépolis. — J. M.
que moi. Quoi qu'il eu soit, il me semble très-int^r0«sant, et je doute qu'en Egypte même on trouve ^us de richesses de décoration : il n*y a pas un pied c^rré qui ne ;soit cpuveirt de sculptpres ou d'inscriptions. Quant à a^i construction» je n*ai rien à ajouter à ce que je vous en ai dit : ce sont toujours d'imn^ei^ses plaquer de gypse de Mossul, ayant de dix à douze pieds carrés sur à peine pn pied d'épaisseur. ^B creusant à leuir base, je me suis assuré qu'elles ne reposent ps^ sur le pavé de briques ou de dalles , mais simplen^eiQt sur la terre du monticule ; aussi , daas plusieurs endroits, se sont-elles enfoncées audessous de leur niveau primitif. Elles sont toujours simpl^ment appliquées contr^B la terre, et ce mode 4e .construction, joixit à rétr<>itesse des passages, me fait soitipçomier ^pjie ce monupient consistait en cryptes tcreiiiLsées dans le monticule, et revêtues intérietj4^ment de ces plaques de gyp^^.
hes figure^ ^sont en pl^n relief, ne saillant pas autant qu9 les bas-reliefs grecs , mais beaucoup plus jque ceui: 4es mommmXs égyptiens. Malgré un peu 4e riigueur prûwtiye , eUes p^nt fort bien dessinées , Iç mouvement bjien rendu et les miuiscles foptemeiit accusés. Les mains et les pieds sont très-délicatement travaillés ainsi que les ornements.
Je dois v<>us dire qiie je ne doute plus qu'un incendie n'^jkt .été la cause de l'état de dégradation de 4)e monument. On trouve dans la partie inférieure une très-grande quantité de chari)on, et même des restes de poutres brûlées; de plus, la surface de
gypse, dans beaucoup d'endroits, est évidemment convertie en plâtre et est devenue friable; enfin, un autre indice s'ajoute à ceux-là. Je vous ai dit qu*on avait trouvé dans les fouilles une petite boule de terre glaise , sur laquelle on voit une empreinte mythologique; on en a trouvé, depuis, six autres tout à fait semblables, et, en les examinant, jai vu qu'elles étaient traversées d un trou contenant encore les restes d'une ficelle carbonisée. La seule raison que je puisse en donner est que ces boules étaient suspendues dans quelques parties du monument et ont été calcinées quand il a été incendié. Puisque j*ai parlé de ces petits objets, je dois vous dire qu'outre l'empreinte , qui est toujours la même , représentant un homme perçant un lion debout, il y a toujours sur le bord quelques caractères cunéiformes, tous différents sur les divers échantillons. Il est certain , du reste , que ces boules ont été simplement pétries dans le creux de la main : on y voit encore la trace des doigts et même celle des pores de la peau. Ëtaient-ce des ex-voto, des cachets attachés aux cornes des victimes , suivant l'usage égyptien rapporté par Hérodote^? C'est ce que je ne me permettrai pas de décider.
Enfin, pour vous dire tout ce que je croîs pouvoir vous intéresser, j'ajouterai que j'ai fait enlever
^ J*ai reçu trois de ces bodes, dont une seule était entière ; les deux autres paraissent avoir été brisées en route et ont été assez maladroitement raccommodées, je crois, à Malte, où la boite a été retenue pendant long temps. J'ai déposé le tout à la Bibliothèque royale. — J. M.
la pierre à inscription d'un des passages; j'espérais qu elle recouvrirait un tombeau, mais j'ai été complètement désappointé. Il n y avait rien au-dessous que la terre du monticule, dans laquelle j*ai fait inutilement creuser quelques pieds.
Comme des personnes plus instruites que moi s'occuperont probablement de déterminer Tâge de ce monument, je ne me livrerai pas à une discussion à ce sujet, mais j'indiquerai quelques particularités qui pourront les aider dans cette recherche. Quoique les chevelures, les barbes, les vêtements mêmes aient du rapport avec les modes sassanides, je n'ai cependant pas trouvé trace d'une inscription dans une autre écriture que celle dont je vous envoie les échantillons. Elle est exactement semblable à celle des briques trouvées à Ninive même. Les briques sont aussi de la même nature que ces dernières et cimentées également avec du bitume. J'ai aussi trouvé à Ninive des restes de sculptures tout à fait dans le même style. Il est à remarquer aussi que, jusqu'à présent, tous les emblèmes mythologiques sont babyloniens et tout à fait semblables à ceux que l'on voit si souvent sur les cachets et les cylindres. Enfin, jusqu'à présent on n'a pas trouvé de trace de fer employé dans ce monument, tandis qu'on y a trouvé de nombreux restes d'objets en cuivre, des clous, des anneaux, des bandes et même une portion d'une petite roue à jante mince d'environ o"*,5o*' de diamètre. Ces faits militent en faveur de Tantiquité du monument; mais, d'un autre côté.
j*ai découvert que les pierres avec lesquelles il est bâti avaient servi à un inonument plus ancien. En effet, quelqUcs-unes des plaques de gypse portent sur le revers des restes d'inscriptions cunéiformes évidemment dégradées par le temps. L'écriture en est , du reste , tout à fait semblable à celle des inscriptions du monument actuel. Vous pourrez en juger par l'échantillon que je vous envoie ^.
Je regrette bien vivement d'être seul ici pour décrire ces ruines. Je ne sais pas dessiner, et les croquis que je vous envoie, non-seulement ne valent pas les originaux ; mais , de plus , me prennent beaucoup de temps ; en outre, je n'ai pas les connaissanceis nécessaires pour apprécier la valeur histo* rique de beaucoup de détails qui, peut-être, mettraient d'autres que moi sur la voie de découvertes intéressante^. Il me semble qu'il serait digne de la munificence du gouvernement français d'envoyer ici une personne qui pourrait m'aider dans les fouilles et qui saurait bien dessiner. Le champ est vaste, car, je vous le répète, ce monument s'étend dans tout l'intérieur du monticule; et, à mesure que nous avançons vers son centre, les sculptures sont mieux conservées. Presque tous les bas-reliefs sont historiques, les inscriptions très-nombreuses, et, si l'on parvient à les lire , elles pourront écîaircir bien des faits et en faire connaître beaucoup de ndu-
*■ Voyez pi. XXXI, a. Cette iascriptkm se trouve sur le revers du bas de la plaque qui contient le bas-relief, dont la partie supérieure est représentée sur la planche XXII.
veaux. U serait d'autant plus nécessaire de tout copier que les murailles, exposées à Tair, se délitent, ou , poussées par les terres , tombent par fragments, malgré les étais que je fais mettre : déjà une partie de ce que j*ai vu et dessiné n'existe plus, Xespère que les personnes qui attachent du prix aux recherches archéologiques se joindront à vous pour obtenir de notre gouvernement les moyens de sauver ce qui pourra Têtre , et de copier avec soin tout ce qui ne pourra être conservé.
Agréez, etc.
Nota. Ed allant voir si Ton coloriait les planches exactement selon le modale donné , je me sois aperçn que dans quelques exemplaires déjà achevés oo avait, par erreur, donné «ne coûleor bistre au bâton que tient en main le personnage à tiare de la planche XXII. Ce bâton est, dans le dessin de M. Botta, du même rouge que les bandeaux. Je n*avais plus le temps de faire faire un nouveau tirage, et je dois me oontenter d'avertir de cette erreur le petit nombre àe peraonnea qui recevront b plancha ma) coloriée. — - J. M.