‹ Lettres de M. D. O'Connell aux Methodistes-WesleyensChapitre 4 sur 4 · DANGER MÊME PAR L'EFFET DES DOCTRINES LES PLUS ABSURDES · texte numérisé non relu

DANGER MÊME PAR L'EFFET DES DOCTRINES LES PLUS ABSURDES

Combien donc il doit-être en danger dans une controverse avec la vérité. Aussi, ceux qui professent des doctrines très -absurdes, évitent la discussion, comme

vtws le faites vous-mêmes. Ils évitent soigneusement toute raison, toute argu* mentation ; ils ne cherchent leur défense que dans les injures et la calomnie* Vous avez cependant raison de dire qu'une discussion verbale est généralement hors d'à propos ; l'éloquence d'une part, et le défaut de moyens oratoires de l'autre ; tout cela peut gêner le développement de là vérité, et je suis disposé à admettre cette objection. Mais le mode que j'ai employé est d'une nature bien différente ; c'est une controverse à soutenir par le moyen de la presse et de la publication ; une controverse dans laquelle le lutteur peut s'arrêter sur chaque phrase, examiner chaque assertion, peser chaque argument, et arriver à une conclusion impartiale et pleinement mûrie. Telle est cependant la controverse que vous évitez. Mais j'admets qu'en cela vous avez raison ; car je crois fermement que de toutes les erreurs qui ont trompé l'esprit humain, depuis la 1er. époque du christianisme, il n'y en a point qui soit aussi totalement privée de déferrée et d'appui, dans un combat d'argumens, que les doc-4 trines toujours variables, toujours contradictoires et fanatiques du Méthodisme- Wesleyen.il n'y a aucune secte,société ou persuasion qui se soit prêtée à une plus mauvaise politique que"celle des Wesleyens. Qu'on vous prenne comme hommes politiques,ou comme religionnaires à part,on ne trouve en vous aucune qualité qu'on puisse bien définir. Vous avez donc parfaitement raison de vous opposer d'un côté à la diffusion d'une éducation généreuse et générale ; et de l'autre d'avouer, que la controverse est une chose extrêmement dangereuse pour vous. En vérité, vos aveux sont précieux ; vous avouez être exposés à deux dangers :

1 ° . L'éducation produirait parmi vous le doute et l'infidélité.

2 ° . La controverse éclaircirait vos rangs et disperserait vos assemblées* Ainsi, votre troisième excuse, quoique peu sage, est cependant honnête, en dépit de vous-mêmes. Oui, en toute vérité, vous êtes excusables de fuir une Controverse qui confondrait vos folles prétentions, qui exposerait au grand jour la bigarrure de vos erreurs, et tendrait nécessairement à relâcher la main de fer du pouvoir pécuniaire et du despotisme spirituel avec lesquels vous avez trompé et leuré un si grand nombre de vos compatriotes.

Parmi les personnes trompées, il s'entrouve sans doute qui sont d'une inté* grité irréprochable et que le sentiment religieux seul, porté à un certain excès, a pu égarer. Car, hélas ! telle est la nature humaine, même sous sa forme la plus aimable. J'avoue de suite que je voudrais particulièrement voir ces personnes revenir dans " le seul bercail du seul berger." Un méthodiste converti fait un excellent catholique. Feu le très-révérend Dr. Brawston

était un converti du méthodisme. Le rév. Mr. Masson a été un prédicant méthodiste très-populaire ; il est devenu un prêtre catholique éminemment utile.Comme je souhaiterais que les méthodistes lussent son pressant "appel au peuple appelé méthodiste!" Je le souhaite, parceque la religion catholique trouve toujours un sujet de joie et de succès dans une controverse calme tempérée et prudente.

Je passe maintenant à votre quatrième et dernière excuse pour ne pas me répondre. Elle est tout-à-fait caractéristique et parfaitement digne de vous et de votre cause. Voici vos propres paroles :

4. ° ."Nous ne répondrons pas à M. O'Connell, parceque, comme controversiste, comme homme public et surtout comme membre catholique assermenté du parlement, son caractère le rend absolument inhabile à exercer la charge de censeur public, et par conséquent dispense ce comité de toute obligation de répondre à son défi ; d'ailleurs le respect que le comité se doit à lui-même le force à refuser à M. O'Connell même la courtoisie ordinaire d'une réponse."

Gentils pharisiens, je vous remercie ! Vous avez été bien caractérisés par la plus haute autorité qui ait jamais démasqué le pharisaïsme

Comme je me réjouis à la vue de la sainte hypocrisie de votre maligne piété ï Elle vous initie au pire de tous les arts, a la calomnie qui accuse. Je doute fort que la plus habile poissarde des halles ne soit pas édifiée et instruite par vos criailleries rancuneuses. Et cependant, il me semble vous voir tourner vers le ciel le blanc de vos yeux si accoutumés à ces œillades ; il me semble aussi vous entendre vociférer contre moi qui tiens des propos si indiscrets et

si outrageants C'est vraiment conforme à vos habitudes et à vos mœurs,

d'employer d'abord la calomnie la plus outrée, ensuite d'accuser votre victime du crime même que vous commettez contre elle. J'admets du moins qu'en ceci vous êtes les imitateurs de votre prototype, Jean Wesley, qui, comme je l'ai montré, commença par exciter la populace protestante à brûler les maisons des catholiques, puis accusa les catholiques d'avoir été eux-mêmes les auteurs de ces incendies.

Néanmoins, examinons ce que contient cet écrit, qu'en Irlande on appellerait un emmailloté des halles. Il est aussi rempli de choses qu'un œuf l'est de viande. Nous allons le tourner bout pour bout, s'il vous plait, et sa dernière partie sera la première.

1 ° . Vous décidez que vous ne me rendrez aucune espèce de courtoisie !

J'admets qu'en eeci, comme dans tout autre mauvais penchant, vous êtes hommes à tenir parole.

2 ° . Vous dites que, par égard pour votre réputation, i] vous faut être incivils ; là-dessus je suis également d'accord, afin que votre réputation d'incivilité soit aussi étendue qu'elle est bien fondée.

3 ° . Laissons maintenant cette arrière garde de vilenie, et plaçons-nous au front de votre batterie ; là nous essuierons votre troisième charge contre moi. La voici : fai un mauvais caractère comme controversiste. Eh bien, Messieurs les Méthodistes, sachez que je n'ai jamais écrit sur des matières de controverse avant la lettre que je vous ai adressée ; excepté, pourtant, dans une occasion, il y a plus de vingt ans, lorsqu'ayant été provoqué sur ce sujet, je publiai une lettre contenant les preuves de la présence réelle et adorable du divin Rédempteur dans le Sacrement de l'Eucharistie. On n'a jamais répliqué à cette lettre. Pour vous, qui n'en avez jamais entendu parler, il faut que vous soyez doués d'une grande force d'imagination pour me donner, à cet égard, un mauvais caractère.

Personne, il est vrai, n'a une plus grande provision de mauvais caractères que vous n'en avez parmi vous ; c'est pourquoi, ce n'est pas un grand effort de générosité de votre part que de m'en appliquer un bien gratuitement.

4 ° .La 4e.charge que vous portez contre moi consiste,selon vos paroles,à déclarer que je suis,généralement parlant, un mauvais homme public. Je ne m'abaisserai pas jusqu'à défendre mon caractère public contre le sale limon de la malignité wesleyenne. Etant, sans comparaison, l'homme public le mieux maltraité qui existe, je dois être fort indifférent à votre censure réprouvée ; et je puis me consoler très-aisément sur le tout, en me rappelant que je l'ai bien méritée par mes efforts honnêtes et heureux dans la cause de mon pays et de ma foi. Mes efforts ne se sont pas bornés à ces sujets seuls. L'oppression n'a pesé sur aucune carte, couleur ou symbole religieux particulier, sans que je n'aie intercédé, d'une manière humble mais pressante, en faveur des opprimés et contre les oppresseurs. Et c'est ce devoir, en ma qualité d'homme public, qui me met en contact, en ce moment, avec votre société bigote et mercenaire ; je me crois obligé par ce caractère, que me donne une persévérance infatigable, de ne pas me désister de mes justes efforts à exposer votre brigandage politique et votre intolérance religieuse, jusqu'à ce que votre conduite soit si bien connue de tout le monde, qu'elle devienne l'objet du mépris de tous les chrétiens sincères et charitables..

5 ° . Votre 5ine. accusation excède toutes les autres par sa maligne atrocité aussi bien que par sa fausseté sans pareille. Vous m'accusez ainsi que bien d'autres catholiques du crime de parjure, en prétendent que j'ai violé le serment prêté avec les autres membres catholiques du Parlement.

Déhontés calomniateurs ! Je vous en donne le défi ;vous n'êtes^pas capables de spécifier en quoi consiste cette violation. Mais il est surperflu de se justifier d'une semblable accusation ; elle ne peut affecter que ceux qui ont l'impudente audace de la faire.

Il y a, en vérité, une preuve historique, écrite en lettres de sang dans les annales du crime, dans les annales de la confiscation et de la persécution ; annales que vous considérez naturellement avec complaisance ; il y a, je le répète, une preuve glorieuse du respect des catholiques pour l'obligation du serment. Ce respect était tel que leurs ennemis, qui le connaissaient, n'employaient point d'autres procédés pour les priver de leurs droits civils, de leurs offices, de leurs rangs, de leurs dignités ou de leurs émolumens, bien plus, de leurs vies même sur l'échafaud,que celui de les forcer à faire un serment qu'ils ne pouvaient prêter. Les catholiques, victimes pendant trois siècles de leur horreur pour le parjure, sacrifiaient leurs propriétés, leurs franchises, leur liberté, leurs vies, plutôt que de violer la sainteté du serment. Ces catholiques sont maintenant

Mais non ! je détourne les yeux avec mépris de votre accusation folle et insenséejet je vous laisse, y répondre au tribunal de vos consciences (si telle chose se trouve chez vous) et au tribunal de Dieu qui doit nous juger, vous et moi, par une éternité de bonheur et de malheur, el aux yeux duquel les prétentions hypocrites, le présomptueux amour-propre, l'intolérance rancuneusc paraîtront sous leurs vraies couleurs et ne laisseront aucun prétexte aux subterfuges.

MéthodistesWesleyensîvous avez commencé cette controversexependant vous avez évité de vous maintenir sur le terrain que vous avez vous-mêmes choisi. Aux argumens que je vous adressai, vous opposâtes des calomnies et des personnalités ; il ne vous reste donc plus qu'à vous courber soude juste châtiment que je vous ai infligé, ou à avoir, une fois, l'honnêteté et le courage d'avouer votre erreur et de faire les apologies nécessaires.

Je n'ai plus qu'un article de compte à régler avec vous et j'aurai fini.

Il a rapport à votre Jean Wesley. J'ai ricané en vous entendant l'appeler vénérable ; et voici les raisons qui justifient le mépris que j'ai pour cet homme.

1 ° .Wesley était un bigot intolérant qui souffla le feu de la haine religieuse assez fort pour amener une conflagration générale dans ce vaste empire ; maïs ses partisans ayant échoué dans l'œuvre de l'extermination des catholiques, alors il essaya de détruire le caractère de ceux-ci en les accusant d'avoir incendié eux-mêmes leurs propriétés, ce qui cependant était l'œuvre de ses suppôts. S'il avait vécu au temps de Titus Oatès, dans ces jours d'éternelle infamie pour les anglais, nul doute que ses sermons et ses exhortations n'eussent achevé de faire répandre le reste du sang innocent qui avait échappé aux sentences sanguinaires des cours cent fois parjurées.

2 ° . Ses opinions religieuses étaient aussi bigarrées que les pièces du gilet d'Arlequin. Il commença par être un prêtre zélé de l'Eglise établie, et, en cette qualité, il se rendit en Amérique pour convertir les sauvages à la foi anglicane. Mais le seul exploit qu'il fit dans le nouveau monde, (car il ne convertit pas un seul sauvage,) fut d'excommunier une demoiselle respectable qui jugea à propos de le contrarier dans sa partie sensible, en épousant un autre amant. Sa première religion fut donc celle de l'Eglise anglicane.

3 ° . A son retour en Angleterre,il déclara lui-même,en 17 '83, que pendant plusieurs années il avait été agité par différens vents de doctrine et qu'il avait été papiste sans le savoir. Ainsi, son second symbole religieux fut l'incertitude, et le troisième une espèce de papisme.

4°. Un certain Pierre Bohler le convertit à la secte des Moraves ; il était même décidé à rester Morave toute sa vie ; car il prophétisa, en termes formels, la perpétuité des dogmes de cette secte. Parlant de Bohler, il s'écrie : " 0, quelle œuvre Dieu a commencée depuis son arrivée en Angleterre ! u Une œuvre telle qu'elle ne finira jamais jusqu'à ce quo-hs ciel et la terre " soient anéantis ! ! ! " Ainsi,dans le fait,la foi des Moraves fut sa quatrième croyance.

5 ° . Ayant représenté par écrit comme odieux le caractère de ceux qui étaient en rapport avec les Frères moraves, il embrassa le Calvinisme-Antinomien (Antinomian Calvinism), et il persévéra dans cette profession de foi pendant un temps considérable.

6 ° . Sur ses vieux jours, il inventa une nouvelle espèce de méthodisme, celui que les Méthodistes-Wesleyens se vantent de suivre encore aujourd'hui.

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avec son double système de justification. Ce fut là la sixième profession de foi de Wesley, toujours convaincu d'avoir raison dans chacune, cependant

ayant tort dans toutes.

1 ° é II ne faut pas croire que ces accusations soient légères et inconsidérées* Lui-même il représente les Moraves, avec lesquels il avait été long-temps en communion, " comme noyés dans la mer morte du repos, s'opposant à la prière, à la lecture des Ecritures, à la fréquentation des sacremens, et au culte public ; aussi comme vendant leurs bibles, etc. afin de se reposer plus entièrement sur le sang de l'Agneau." C'est là, en vérité, une effrayante description de ses collègues et co-religionnaires pendant plusieurs années.

8 ° . Mais lorsqu'il en vient à parler d'une autre bande de co-religionnaires, les Antinomiens, sa description est encore plus effrayante. Il se fait cette question : " Qu'est-ce que la religion des Antinomiens 1 " Et il se répond de la manière suivante : " Ses principaux dogmes sont que le Christ a aboli la loi morale ; que par conséquent les chrétiens ne sont pas obligés de l'observer ; que la liberté chrétienne est la liberté de ne point obéir aux commandemens de Dieu." Je ne souillerai pas ma plume, en continuant plus longtems à exposer les doctrines que Wesley a professées pendant des années entières et qu'il a décrites lui-même dans les termes les plus affreux. Cependant je puis observer que la personne, que Wesley destinait pour lui succéder, Fletcher, surpasse encore son maître. Jugeons-en par ces paroles remarquables : " Parmi nos chaires célèbres,il y en a bien peu dans lesquelles on ait plus parlé en faveur que contre le péché." Mais apprenez à connaître la secte antinomienne de quelqu'un qui ne l'a pas abandonnée, comme Wesley, qui a persévéré jusqu'à la fin. Je donne ceci sur l'autorité du même Fletcher. Voici les paroles qu'il cite comme étant de la plus haute autorité antinomienne, et contenant leur doctrine : " Mes péchés peuvent déplaire à Dieu, mais ma personne lui est toujours agréable. Quand même je surpasserais Manassès en iniquités, cependant je n'en serais pas moins un enfant agréable à Dieu, parce que Dieu me regarde toujours dans le Christ. Conséquemment, au milieu des adultères, des meurtres et des incestes, i! peut m'adresser ces paroles : tu es toute belle et il n'y a point de souillure en toi C'est une erreur très-pernicieuse des scholastiques de distinguer le péché selon le fait, et non selon la personne. Quoique je blâme hautement ceux qui disent, commettons le péché afin que la grâce puisse abonder, cependant l'adultère, l'inceste et le meurtre me rendront plus saint sur la terre et plus joyeux dans le ciel."

9 ° . "Telles sont les doctrines qui ont appartenu au méthodisme-vvesleyen jusqu'à la vieillesse de Wesley. Il les abandonna dans ses dernières années, en apparence avec quelque difficulté, puisque son panégyriste, Fletcher, se charge d'en faire l'apologie : " J'admire, dit-il, la candeur d'un vieillard selon le cœur de Dieu, qui, au lieu de maintenir une vieille bévue, vient, comme un enfant, l'avouer devant ses prédicans qu'il est de son intérêt de rassurer.'' Voilà, sans doute, une apologie caractéristique.

10 ° . La manière dont Wesley, après s'être assuré de ses prédicans, purifia son système religieux de la corruption de la secte antinomienne, fut celle-ci : il inventa un double mode de justification ; l'un sans repentir, sans amour de Dieu, ou autre œuvre ; l'autre exigeait ces œuvres. Le premier était pour ceux qui mourraient aussitôt après leur prétendue expérience d'une foi qui sauve (saving faith), le second pour ceux qui ont le temps et l'occasion de pratiquer ces œuvres. A ce propos l'observation suivante d'un célèbre théologien catholique n'est pas moins frappante qu'elle est juste et correcte.La voici : "Pour ne rien dire de plus du système,un Néron et un Robespierre pouvaient en conséquence être établis dans la grâce de Dieu et dans le droit au royaume de la pureté infinie, sans un acte de repentir sur leurs énormités, ou sans un acte de foi en Dieu."

11°. Ainsi, votre vénérable Wesley n'avait pas moins d'environ une demi-douzaine de garnitures d'opinions religieuses, qu'il adoptait, chacune à son tour, et qu'il proclamait comme la vraie Jfoi. Il les trouva toutes successivement dans les Saintes-Ecritures ; et comme il les abandonna toutes, il trouva dans les Ecritures que sa nouvelle opinion était vraie et que sa profession de foi précédente était fausse. Il était sincère dans chaque profession de foi ; l'aveu de son changement le prouve, et démontre aussi deux choses : 1. La facilité avec laquelle on peut baser sur l'interprétation individuelle de l'Ecriture, un nombre indéterminé de persuasions religieuses ; 2. La puissance et en même temps l'insuffisance de la sincérité personnelle pour justifier une profession quelconque de foi et pour protéger l'individu contre les dangers incessants de l'erreur.

12 ° . Malgré le sentiment intime de l'instabilité et de l'incertitude des différentes opinions religieuses qu'il professa successivement, Wesley était extrêmement libéral avouer à un éternel châtiment tous ceux qui différaient d'opinion avec lui sur qnelque point de croyance que ce fût. C'est ainsi qu'il vouait à la damnation : 1. Tous ceux qui sont sous le poids de plusieurs

sortes de tentations ; 2. Tous ceux à qui Dieu, pour des fins sages, a retiré les consolations spirituelles ; 3. tous ceux qui marchent dans les ténèbres et qui n'ont point de lumière et même celui qui^ comme dit le prophète, se confiera dans le Seigneur et se reposera sur son Dieu. Sur ce principe, il enseignait que si quelqu'une de ces personnes mourait dans cet état, elle irait en enfer, quand même elle haïrait le péché et pratiquerait la vertu. Il faut l'avouer, Wesley renonça totalement par la suite à cette doctrine désespérante et monstrueuse ; il convint même qu'elle était si anti-chrétienne qu'il dit en propres termes : " Quand mon frère et moi nous avons enseigné cette doctrine, je m'étonne que le peuple ne nous ait pas lapidés." Messieurs les Méthodistes, que serait donc devenu votre vénérable Jean Wesley, s'il avait été lapidé, comme il avoue l'avoir mérité par son opiniâtreté à soutenir une fausse doctrine ? Et cependant il a enseigné ces erreurs pendant bien des années, et il était, de son propre aveu, un imposteur en fait de religion ! Vénérable, assurément !

13°. Encore un trait. Dans la conférence de 1774», il dit lui-même: " Nous avons reçu comme maxime qu'un homme ne doit rien faire pour sa justification." Il ajoute : " Rien n'est plus faux que cela." Remarquez qu'il admet que lui et ses confrères prédicans, sous sa direction, ont reçu et enseigné comme vérité divine une doctrine qui, comme il le déclare, excelle surtout par sa fausseté !

14 ° . Vous, Méthodistes-Wesleyens, qui prétendez être aussi orthodoxes que l'Eglise protestante établie, pouvez-vous nier ceci, que Jean Wesley, n'ayant lui-même reçu que l'ordre de prêtre, ordonna cependant lui-même plusieurs prêtres 1 Qu'il alla jusqu'à commettre lefacinus inauditum, c'està-dire, que, n'étant que simple prêtre, il consacra évêque le docteur Coke ! ! ! Cette conduite scandalisa tellement son frère Charles, qu'il s'en suivit un schisme permanent parmi les méthodistes ; et le fils de ce même Charles devint ensuite catholique.

Si l'espace me le permettait, je pourrais étendre encore plus loin le catalogue des énormités wesleyennes ; je pourrais signaler la sanglante tyrannie exercée sur les prédicateurs par une conférence qui s'était constituée elle-même j mais je me bornerai à la simple indication de quelques-uns de ces faits.

Wesley ,par la manière dont il institua le pouvoir souverain de la conférence, forme une véritable oligarchie la plus despotique qui fut jamais. Les méthodistes n'ont ni choix, ni élection à faire dans l'institution de ceux qui

composent la conférence. Ils n'ont aucun contrôle sur leur conduite. La propriété de leurs chapelles,etc. git absolument dans cette oligarchie, et on ne trouve pas plus de liberté d'opinions parmi eux que dans le divan d'un sultan turc. Mais que me ferait ce pouvoir, s'il n'était pas employé à des fins civiles ? La grande masse des méthodistes a toujours formé les plus méchants politiques. Jean Wesley, lui-même, haïssait tellement la liberté du peuple, que parmi ses extravagances se trouve celle d'avoir offert au gouvernement de lever lui-même, tout ecclésiastique qu'il fût, un régiment pour aider George III à J( réprimer la rébellion américaine." Depuis cette époque jusqu'à nos jours, les Wesleyens se sont toujours rangés parmi les protecteurs de toute administration bigote et oppressive. En un mot, en matière de religion ils ont été bigots, en politique esclaves, et tyrants dans leur conférence, flateurs serviles dans la jouissance des privilèges religieux, formidables dans leur adhésion à cette alliance coupable, enfin, dignes de tout mépris en ce qui rattache à la diffusion de la liberté civile et religieuse.

Wesleyens,il n'y a qu'un moyen d'obtenir la sécurité."Il n'y a qu'une ma* nière d'entretenir l'union des esprits et le lien de la paix ;"c'est évident comme le soleil. On ne peut le trouver, ce moyen, que dans une soumission raisonnable et entière à l'autorité de l'Eglise perpétuelle de Dieu, le pilier et le fondement de la vérité.

Je suis, avec une véritable pitié, Votre serviteur, DANIEL CTCONNELL,

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