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qu'il désiruit, Du Vernys, qui est à Saint-Jean, sera employé avec M. de Lapause, à retrancher l’Ile-aux- Noix, et comme il est de votre armée, vous pourrez lui donner les ordres que vous voudrez,
Dès mon arrivée à Québec, je ferai passer à Saint- Jean de bons équipages et de vrais capitaines armateurs pour les chébecs pris sur la flotte que nous avons à Québec,
Vous avez des piquets de la Sarre, Royal-Roussillon, Languedoc, Guyenne et Béarn, qui ne doivent point faire partie de votre armée; cependant vous pourvoirez à la formation de votre garnison, que vous devrez d’avance faire fournir une partie par ces piquets, et nous renvoyer le surplus, pour joindre leurs bataillons, lorsque vous commencerez votre...
Comme les bataillons de la Sarre, Royal-Roussillon, Guyenne et Béarn ont fourni cent cinquante hommes pour Niagara, et que Languedoc, la Reine et Berry fournissent en soldats et en officiers les deux tiers du détachement des troupes de terre, que les piquets des cinq autres bataillons fournissent un tiers, et que dans ce tiers Languedoc fournit le double ; au reste, voilà le canevas, et puis vous arrangerez cela comme vous voudrez,
Si j'étois chargé de la défense d’un mauvais fort comme celui-là, ou je voudrois l’évacuer quand le canon seroit en batterie, ou me défendre avec opiniâtreté ; je voudrois avoir peu d'artillerie, quelques affûts de rechange, et changer souvent mes pièces, ménager mes hommes, en les tenant à couvert, faire usage du chemin couvert pour les retarder dans leurs travaux, et attendre que la
brèthe soit très praticable, Pour évacuer, il faut que les officiers que vous laisserez ne gardent que leurs habits et quatre chemises, une marmite, casserole, et un matelas, qu'ils sauront perdre sans regret. S'ils ont plus de commodités, ils n'évacueront pas. Voici un article intéressant, sur lequel il est bon que vous soyez instruit,
Nous avons recu un traité d'échange pour les malades, blessés et prisonniers de guerre à (être conclu), le 6 février 1759, entre M. du Barrail, maréchal de camp, et le général major Henry Seymour Convay, pour avoir lieu par l’article premier dans quelque partie du monde que ce soit ; nous avons même l’ordre du muréchal de Belle-Isle pour l’exécuter.
M. le marquis de Vaudreuil est dans l'intention de l'exécuter, et diffère par des raisons particulières, On doit, suivant le cartel, se renvoyer les prisonniers, quinze jours après; les échanges se font par grade ou par rançon, suivant l'évaluation, Je ne vous fais ce détail que parce que si Amherst ou autre commandant vous envoyoit réclamer l'exécution du cartel, vous répondriez que vous allez informer M. le marquis de Vaudreuil, bien sûr qu’on n’apportera aucune difficulté à l'exécution, et vous profiterez de cette occasion pour réclamer un soldat de Guyenne laissé par Wolff à Lydius, et vous enverrez alors les lettres ci-jointes, après avoir vu s'il n’y a rien de coniaire; car je n’entends pas l’anglois. Je joins à ma lettre copie de l'article 37, parce que, dans le cas où vous laisseriez des malades, que vous ne pourriez évacuer, laissez avec eux un chirurgien et un tambour avec une lettre pour
L 4 les réclamer, suivant l’article 37 du cartel, que nôus sommes dans l'intention d'exécuter, et dont nous demandons l'exécution.
ARTICLE 37. — Que les malades, de part et d'autre, ne seront point faits prisonniers, qu’ils pourront rester en sûreté dans les hôpitaux, où il sera libre à chacune des parties belligérantes et auxiliaires de leur laisser une garde, laquelle, ainsi que les malades, seront renvoyés sous des passeports respectifs des généraux par le plus court chemin, sans pouvoir être troublés ni arrêtés.
11 en sera de même des commissaires de guerre, aumôniers, médecins, chirurgiens, apothicaires, garcons infirmiers, servants ou autres personnes propres au service des malades, lesquels ne pourront être faits prisonniers, et seront pareillement renvoyés.
Il est bon aussi que vous sachiez l’article 33,
ARTICLE 33.— Les valets faits prisonniers seront renvoyés de part et d'autre, sans aucune difficulté; ceux qui déserteront sans avoir pris ni volé dans l’armée qu'ils quitteront, pourront jouir du passeport qu'on voudra bien accorder par rapport aux voleurs. Le vol doit toujours être restitué sans les renvoyer; mais les généraux respectifs seront toujours les maîtres de le faire, en cas de meurtre ou d’assassinat,
Quant aux vols faits par les soldats déserteurs, ils seront restitués sans qu’on puisse exiger le renvoi des déserteurs, sous quelque prétexte que ce soit, s’en remettant de part et d'autre à la volonté respective des généraux pour les déserteurs qui auront commis des meurtres ou autres crimes,
Tous déserteurs domestiques ou uutres qui passeront d’un parti à l’autre, seront arrêtés au premier poste, où le commandant aura grande attention de les faire fouetter, et de faire mettre par. écrit les effets dont ils seront munis, sans permettre qu’ils puissent rien vendre ni donner, après quoi, il les fera conduire à son général, où les dits déserteurs, domestiques ou autres, seront détenus pendant trois jours, afin que s'ils se trouvent à être voleurs, on puisse avoir le temps de les réclamer.
A Québec, le 23 mai 1759.
M. le marquis de Montcalm n'ayant pas le temps de vous écrire, me charge de le faire pour vous dire que M. le marquis de Vaudreuil est arrivé, hier au soir, fort surpris de toutes les dispositions et ordres que j'ai donnés depu.s trente-six heures,
Nous avons eu, hier, des nouvelles des positions des Anglois, Il y a quinze vaisseaux à Saint-Bernabé, du nombre desquels il n’y a que trois vaisseaux de guerre. Je joins à cette lettre plusieurs pour vous et pour les officiers des bataillons que vous avez sous vos ordres,
Le 24 mai. — Je vous envoie ci-joint, mon cher Bourlamaque, une lettre pour le général Amherst, parce que je «’ois qu’il est avantageux de requérir l’exécution du cartel, Je laisse à votre prudence de choisir le moment que vous croirez opportun pour l'envoyer,
Comme il y a à parier que le général vous gardera, s’il fait un mouvement, le porteur de parole, contentez-
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vous d'envoyer un tambour sage et sûr, avec un officier de milice et cinq soldats ou Canadiens dans un canot d'écorce. Je suis venu en trente-six heures de Montréal; je suis arrivé avant-hier au soir, et appris, hier à midi, d’une facon incertaine, que l'avant-garde de la flotte angloise est au Bic, et hier à minuit d’une facon sûre, Je viens de passer la nuit à donner des ordres et expédier des conseils,
Je fais de mon mieux, Dieu fera le reste; croyez bien que je ne suis pas sans occupation.
Le 29 mai, — Le chevalier de Lévis vient d'arriver avec M. le chevalier de Montreuil. Le chaos des Canadiens arrive ce soir ou demain, Nous travaillons à toute force. Les Anglois sont à la Prairie, (de l’Ile-aux- Coudres), mais, Dieu merci, ils ne sont encore que quatorze voiles.
Le 2 juin. — Il est d’une grande conséquence pour ici que nous ayons encore quinze jours, car tout va, mais ne commence à aller vite, faute de bras, que d’aujourd’hui, et un peu mieux demain, et je suis accablé par tous travaux et de tous genres qui me fatiguent. encore plus par la nécessité d’en parler au généralissime.
Nos voiliers n'ont encore augmenté, que nous sachions, que d’une frégate ; prêt à établir en avant, en arrière, cajeux, huit navires en brûlots, batterie flottante, bateaux portant du canon, bâtiments échoués, redoute à l'entrée de la rivière Saint-Charles, tenailles, batterie, chaloupes carcassières, clôture de la basse ville, de la ville haute, formation des milices, etc, A l'égard de
nos piquets, vous pouvez, quoique je vous les aie redemandés, les garder jusqu’à ce que vous soyez acculé ; si, alors, vous croyez pouvoir vous défendre avec moins, grand plaisir vous nous ferez.
Nous serons bien courts ici, et vous aussi, il faut se prêter à tout. Cent cinquante hommes qui nous reviendront, ne décideront pas du sort de notre bataille, et peuvent vous servir.
M. de Vaudreuil ne change rien à ses instructions ; je trouve le premier article de sa lettre amphibologique, mais en voici le commentaire : Comme à la première instruction, laisser une foible garnison, leur donner le temps d’assiéger en forme, et tâcher de se retirer et évacuer, faire sauter ; en un mot la première instruction, car la lettre est un commentaire pour n’y rien changer. Je crois toujours avantageux d'envoyer, pour requérir l'exécution du cartel, c’est l'avis du marquis de Vaudreuil et le mien; pour la forme du convoi, à votre prudence. Vous avez un soldat à réclamer de Guyenne laissé malade,
Je vous renvoie, mon cher Monsieur, une lettre de M. de Toussuc (?). Voyez qu'il soit content, vu son âge, la figure n’y faitrien; et, chargé de la nomination des emplois, je dois me déterminer par justice et non fantaisie des corps. Je voudrois que Layguirier, sergent de la Sarre descendit; envoyez-le en poste-courrier porter de vos nouvelles; c’est lui rendre service, Il est lieutenant en second des grenadiers,
Le 4 juin, — J'ai l'honneur de vous adresser mon cher Bourlamaque, deux lettres à cachet volant, que j'écris à M. de Roquemaure et M. de Trivio; il ‘est inutile de vous en répéter le contenu.
Vous avez une commission aussi honorable que brillante. Entre nous soit dit, c'auroit dû être le poste de M. le chevalier de Lévis; mais ce n’auroit pu être en
meilleures mains,
Assurez bien le: troupes et les offi-
ciers qui servent sous vos ordres que je serai tout aussi occupé de leur procurer des grâces, que ceux qui pourroient combattre sous mes yeux. Je pense comme un père de famille qui aime tous ses enfants; ma conduite, jusqu’à présent, leur en doit être un sûr garant, Vous voyez qu’en vous laissant les piquets de nos cinq bataillons, qui peuvent faire cent cinquante hommes au plus, je m'occupe de votre besogne, cependant si vous pouvez vous en passer, principalement quand vous serez acculé dans un poste à vous défendre avec peu, renvoyez-les à leurs corps. Votre besogne, comme vous dites très bien, différente de la mienne, n’est pas de battre, mais de n’être pas battu ; ajoutez-y que votre grande besogne, qui vous couvrira de gloire, sera de retarder par des démonstrations le plus que vous pourrez, l'ennemi, et l’etliger toujours à faire de grandes démonstrations pour vous attaquer ; ainsi, ne négligez pas les travaux inutiles qui souvent en imposent, et ne vous retirez que jied à pied, et le plus tard que vous pourrez, à votre Ile-aux-Noix, puisque ce sera là le dernier point de défense pour votre frontière, et où il faudra vaincre ou périr, et où il faut, par conséquent,
arriver le plus tard qu’il sera possible; ainsi, c’est à
vous, Monsieur, à faire mettre d'avance, dans le meilleur état, ce poste, en le hérissant d'artillerie ; mais arrêtez-vous successivement à tous les points, où vons croirez pouvoir en imposer à l'ennemi, en vous faisant soutenir par votre marine, La Presqu'ile Hocquart est un poste qui a paru successivement bon et mauvais, mais je ne connois point de poste dangereux, lorsque les troupes sont à la légère, quasi sans équipage, fort alertes, et un nombre de bateaux suffisant pour s’embarquer tous d’un moment à l’autre.
Votre marine peut vous rendre de grands services, et je ne doute pas du zèle de M. de Laubaras et des officiers qu’il a amenés avec lui. Assurez-le et ces messieurs que je serai très empressé à faire valoir leurs services et à en rendre bon compte,
P. $S.— Vous voudrez bien, Monsieur, me renvoyer le plus tôt possible M. Dorseval, pour remplir la lieutenance au régiment de Béarn, à laquelle il a été pourvu, ainsi que M. Krinil, volontaire dans le détachement
. de Bernard, nommé à une enseigne dans le bataillon ; et y joindre le nommé la Rose, soldat de la compagnie de Jourdeau, destiné à remplir la place de sergent,
Je vous prie d'assurer M. de Langy-Montegron, que je ne le perdrai pas de vue de toute la campagne, et que je lui tiendrai autant de compte des services qu’il rendra auprès de vous, comme s’il les rendoit auprès de moi.
Le 5 juin. — Comme votre marine, Monsieur, doit beaucoup contribuer au salut de la frontière où vous commandez, vous m'en voyez fort occupé, Aussi, outre
vos trois chébecs vous avez une goélette percée de douze canons; il faut voir de la faire mettre en état ; j ü écris à MM. Sacépée, du Vernys et de Laubaras, Les bâtiments des Anglois ont augmenté, soit par l’arrivée de quelques bâtiments de transport ou quelques prises. Nos travaux ne vont pas aussi vite que je le voudrois, Cependant, d'ici à dix jours, nous aurons troie ponts sur la rivière Saint-Charles, avec un grand ouvrage pour 128 défendre ; toute la basse ville et Ja haute hit:1-+6e8 de canons, toute la haute et la basse ville fermées ‘+ mavonnerie ou palissades, des maisons acnel{es, deux b‘iments dunkerquois coulés à l'entrée de ja à, tre Nain -('\arles, des batteries, trois chaloupes canonnières, douze bc... v jacobites, une batterie flottante portant dix-huit pièces de canon de 24, huit bâtiments armés en brûlots, cent-vingt cajeux qu'il a fallu faire, le Roi en avoit payé pour quarante mille livres, et il n’y en avoit plus ; deux frégates embossées à l’anse des Mères, la rivière Saint-Charles retranchée ; redoute à la hauteur des Parents, redoute à la Canardière, le champ de bataille entre Beauport et la rivière Saint-Charles préparé ; des ponts sur la rivière de cap Rouge, au cap Santé, des attelages pour l'artillerie de campagne, trente chevaux de selle pour les officiers généraux et officiers majors, deux escadres armées et équipées, cent huit Canadiens choisis, tous tireurs incorporés dans les bataillons ; encore de dix à quinze jours, et tous ces objets seront dans le point de perfection, M. le marquis de Vaudreuil qui commande l’armée, donne le mot, etaura beaucoup d'honneur dans son fait, s’il bat les ennemis.
Le 6 juin. — J'ai reçu, mon cher Bourlamaque, une lettre de M. de Laubaras, qui se plaint que les chébecs ne sont pas des mieux construits. IL faut s'en servir tels qu’ils sont. S'il n’étoit question que de faire sauter la chambre pour y placer deux canons de redoute, vous en êtes le maître,
Vous avez des charpentiers et un constructeur en état d’y travailler, M. l'intendant a envoyé tout ce qu’il faut pour gréer le troisième chébec, et vous le faire passer, M. le marquis de Vaudreuil a donné ses ordres pour que celle des deux barques qui peut porter du canon fut armée, si déjà elle ne l’est, Je vous ai écrit fort en détail sur ce que nous faisons, par M. de la Sablonnière.
P, S, — Permettez-vous, Monsieur, que le secrétaire vous souhaite toute prospérité, c’est de bon cœur, et ce n'est pas seulement comme citoyen.
Le 11 juin. — Quoique les ennemis, mon cher Bourlamaque, aient huit bâtiments auprès de la Traverse, je me flatte que nous aurons encore quinze jours bien nécessaires, après quoi nous les attendrons avec grand courage, bonne espérance, malgré l’infériorité de nos forces et de nos moyens.
M. Aubert écrit encore par un courrier, arrivé ce soir, qu'il n’y a pas augmentation à leurs forces; ainsi du Bic à la Traverse, ils sont vingt-cinq bâtiments, y compris quatre bateaux ou goélettes qu’ils nous ont pris, sous les ordres du chef d’escadre Durell, qui avoit hiverné à Halifax; les amiraux Holmes, Saunders, Hardy, commandant le reste de la flotte.
Nous avons actuellement trois ponts sur la rivière Saint-Charles; mercredi, nous aurons trois grandes redoutes et beaucoup de petits ouvrages faits de Beauport à la Canardière, des ouvrages à la tête de nos ponts, et des retranchements le long de la rivière Saint-Charles,
Je crois que nos brûlots brûleront très bien ; il y en a un qui s’est déjà brûlé, et qui a pensé brûler la rade et la basse ville.
P. S. — Le colonel. Bougainville commande le camp d’au delà de la rivière Saint-Charles, pour les travaux ; il a à ses ordres cinq compagnies de grenadiers et cinq cents Canadiens, fait meilleure chair que moi, et habite dans la maison de son cousin de Vienne ; j'ai cependant plus de couverts que le modeste intendant, depuis les lettres de M. de Berryer, Quand Cadet demande quelque chose de juste, l’intendant répugne, et Cadet donne un placet à M le marquis de Vaudreuil, à MF le marquis de Montcalm et au sieur Bigot, ce qui me fait rire.
Nous avons fait prisonniers trois gardes-marine, dont le petit-fils du chef d’escadre Durell ; il polissonnoit sur l'Ile-anx-Coudres. Mille compliments à Roquemaure, J'ai prévenu ses désirs sur M. de Mellis.
Le 14 juin, — Je crois, mon cher Bourlamaque, que les Anglois m'empêchent de digérer, et c'est assez simple ; aussi, ai-je mon estomac dérangé depuis deux jours, et me suis-je purgé aujourd'hui; je me flatte cependant. que cela ne m'empêchera pas de sortir demain, et d'agir à mon ordinaire,
Nous n'avons aucune nouvelle du Bic, depuis le 10 au soir, Ces bâtiments anglois, suivant M. Aubert, n’y
avoient pas augmenté, mais un furieux vent de nord-est règne depuis quatre jours et dure encore, ce qui, joint à la manœuvre des dix navires qui étoient au pied de la Traverse, dont huit l'ont fait aujourd'hui, me fait croire que d'ici à deux ou trois jours, leur escadre pourroit bien être au Bic; plus nous allons, plus nous voyons qu’il nous reste bien des choses à faire, mais Dieu et la bonne fortune, ainsi soit de vous. Mes compliments à tous vos messieurs,
Le 15 juin. —- En réponse à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, je n’ai rien à ajouter aux nouvelles que j'ai eu l'honneur de vous écrire hier au soir, si ce n’est que nous comptons renvoyer une partie de nos équipages, dimanche, et faire le même jour un mouvement par notre gauche, qui quittera le camp de la Petite-Rivière pour aller appuyer sa droite à l’église de Beauport; le surplus des troupes restera encore au camp de la Petite-Rivière.
. M. de Courtemanche est en observation à l’île d'Orléans, et M. de Repentigny à Saint-Joachim. J’envoie à M. de Trivio les nominations que vous m'avez envoyées, toutes signées, et j'en ai donné une note à M. le commissaire pour qu’il les emploie.
Le 18 juin. — Je dois réponse, Monsieur, à vos lettres du 10 et du 11; c’est un accident fâcheux que celui qui vous fait perdre quasi cinq canonniers; ce qui est difficile à remplacer, si l’on veut servir ici toutes ces batteries, que l’on a établies à propos ou mal à propos.
I] faut neuf cents hommes, et M. Le Mercier a été, sans que j'en aie rien su, faire une petite espièglerie aux bâtiments anglois, qui sont mouillés par le travers de l'île d'Orléans, et il en fait revenir son canon demain, sans leur avoir fait niche, ainsi que je l’avois prévu ; il ÿ a des gens qui ne savent jamais s'occuper que des petites choses, et point des objets décisifs, Le dernier nord-est n'ayant pas amené le reste de la flotte au Bic, je suis convaincu qu’il ne se passera rien d’important dans cette partie avant trois semaines, quoique nous ayons trente-six bâtiments depuis le Bic jusqu'à l’île d'Orléans, où ils en ont onze de mouillés. Nous nous portons tous bien ; mille choses à MM. de Roquemaure, de Trivio et de Trécesson, et à tous vos messieurs,
P.S. — Nous avons fait, hier, huit prisonnniers aux Anglois.
Le 21 juin. -— Votre homme de Lotbinière, Monsieur’ est arrivé avec votre lettre du 14. Il est mis en besogne, et tous les quatre jours il aura une machine de prête, reste à savoir l’usage que l’on en fera, et que l’on en pourra faire, car je crains que nous n’ayons dépensé un million en brûlots et cajeux, et j'y compte aussi peu que sur les boulets rouges de M. Le Mercier. On doutoit déjà de l’arrivée de la flotte. On parloit de renvoyer le gouvernement des Trois-Rivières et bientôt les Montréalistes, mais un courrier dépêché par M. Aubert, de Saint-Barnabé, nous apprend cent trente-deux voiles, mouillées du 18. Nous avons encore bien des choses à faire; je souhaiterois du sud-ouest pendant quinze jours. J'ai parlé, et je presse pour ce que vous demandez.
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Le 25 juin. — J'ai l'honneur, Monsieur, de vous envoyer un extrait de la lettre très polie que j'ai reçue du général Amherst; je vous envoie ma réponse à lui faire parvenir à cachet volant ; je vous vois fort occupé et nous aussi, Dieu surtout, Vous voudriez avoir quinze jours, et nous aussi, Vous serez embarrassé, et nous aussi ; il faut dans les affaires de ce monde épimeuses et délicates, faire de son mieux et ne pas s’embarrasser de ce qu’on pourra dire,
Je vois, Monsieur, par la dernière lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, en date du 19, que vous étiez encore tranquille ; pour ici jwm proæinvus ardet…..
Hier, douze bâtiments mouillés par le travers de l'île d'Orléans, douze au pied de la Traverse, qui l’auront peut-être faite cette nuit par la marée ; car ces Anglois, différents de nos Francois, profitent de tous les airs de vent et des grandes marées pour cheminer insensiblement et, pour me servir des termes de M. Aubert, capitaine de navire, ils n’ont pas l'air emprunté dans notre rivière, dont nous aurons, Dieu merei, une bonne carte, l'année prochaine. Nos meilleurs marins ou pilotes me paroissent ou des menteurs ou des ignorants. Le reste des bâtiments anglois, sauf les gros vaisseaux de guerre, qui étoient encore plus loin, étoient répandus le long de notre rivière, depuis la Rivière-Ouelle jusqu’à la Prairie. Les troupes et le gouvernement des Trois-Rivières iront camper, mercredi et jeudi, à leurs postes, vers Beauport, où le gouvernement de Montréal est établi depuis quelques jours ; à peine songe-t-on à assembler celui de
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M"° de Vaudreuil doit partir cette semaine pour Montréal; mais M. le marquis nous reste; il m'a dit qu’il vous faisoit rejoindre vos deux hommes, et qu'il vous écrivoit une lettre ostensible, telle que vous le désirez,
Des compliments, je vous prie, à M. de Roquemaure, MM. de Trivio et de Trécesson.
P.S, — Pour vous seul, sauf à dire au public ce que vous voudrez,
Si nous pouvons sauver le Canada en 1759, on peut prétendre à tout. On s'occupe pour le chevalier de Lévis en renoncant à la brigade, d’en faire un menin; et de moi, un chevalier de l'ordre; et le premier président croit avoir des paroles. 3
L'Anglois compte nous envahir Carillon et Québec ; Ambherst à Carillon, Wolfe à Québec, Nous sommes livrés à nous-mêmes, sauf vivres et recrues. Ordre du Roi de n’écouter aucune capitulation, se défendre pied à pied, ne pas imiter la honteuse conduite de Louisbourg. Ordre de Vaudreuil de ne rien faire sans mon avis. L’intendant gronde, un carte) pour l'Amérique, les Indes et la France. Lettre commune. Lettre de la main du maréchal de Belle-Isle, remerciements de sacrifier au service du Roi les griefs particuliers, de grands éloges,
Les Anglois ont mis dans leurs papiers : L’invincible Montcalm succombera. Crémille à dit à Landriève : S'il y avoit un exemple dans la monarchie, on eût dû lui donner le bâton. Le maréchal a pleuré.
La marquise a fait remettre à Bougainville le portrait du Roi, en grand, pour le général. Le vicomte de
Carubes (sic) attend ses soldats pour en faire des sergents ; ils auront appris à vaincre. On parie à Paris dix contre un pour la paix après cette campagne. La maîtresse absolue, L'abbé de Bernis exilé, disgracié par elle, et Bougainville a trouvé le duc de Choiseul, ci-devant Stainville, ministre des Affaires Etrangères, Le Normand, qui s'étoit démis pour ne pas travailler sous l'abbé de Bernis ; Massias renvoyé comme imbécile, ne signant rien, Berryer, dont le Roi s'ennuie, à la place. M. de Soubise, ayant quitté les armées, entre au conseil. Le maréchal d’Estrées au conseil, où il a admiré le projet de retraite des dix mille. Vous m’entendez; Bougainville a donné trente-quatre mémoires en mon nom, dont nombre pour le conseil, où ils ont été lus. L'argent a arrêté sur le projet de la Caroline accepté. Le comte de Montcalm me ruinera, mais sort bien. Le comte de Noailles le veut pour son aide de camp. Le ministre de Coriolis yxesident à mortier, à Aix, trente mille livres de rente, épouse M'° de Monte, avec dix mille écus. Mais il faut pour soutenir tout cela, sauver le Canada, Ordre du Roi pour nommer aux emplois ; treize sujets envoyés, quatre ingénieurs ; promesse de tout accorder ce que je demanderai après
cette campagne. Le public dit qu’il faut faire venir,
les huit bataillons du Canada en Allemagne, Cinquante mille livres, appointements pour moi et mes trois aides de camp; vingt-quatre mille au chevalier de Lévis ; dix-huit mille à vous ; dix mille à Senezergues ; huit mille aux deux chefs d'état-major et Bernier, Supplément pour l'hiver confirmé, et dix mille
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livres, en lettres du premier terme, par bataillon ; politesse du Roi, regrets de ne pouvoir faire mieux,
Le due de Choiseul blâme lalliance avec... et voudroit faire la paix avec le Prussien ; on a délibéré au conseil, et ii y a eu des voix au rappel de M. de Vaudreuil, entre autres le due de Choiseul. Sa grande croix donnée par la marine sur un mémoire donné en mon nam, sollicitée par le maréchal de Belle-Isle, affaire convenue là-bas. Ma brouillerie et réconciliation a fait bruit, et le chevalier de Vaudreuil qui s’est marié, a blâmé son frère ; M. de Rigaud seul a obtenu sa baie. Le maréchal de Richelieu, à Bordeaux, disgracié, Le comte de Maillebois perdu. Le maréchal de Contades, cordon bleu, général de l’armée. Le duc de Broglie, de la réserve, Chevert, chevalier de Aigle Blanc, boude la cour, à le public pour lui, et dit trop qu'il a fait gagner la bataille à Soubise, appelée la bataille de Lutzemberg, le 10 octobre, sur les Hessois et Hanovriens, Le Roi de Prusse lève le siège ; Dolmutry (sic) perd des batailles contre les Suédois, les rassure par ses lieutenants générau x, et bat, à la fin de la campagne, Daun ; il n’a pas bougé de l'hiver, ni personne, Tout le Sénégal perdu. L'Anglois battu, repoussé à la Martinique ; on ignoroit à la Guadeloupe, où il marchoit de la Martinique. Le Roi d'Espagne mourant, l'Espagne armée, point déclarée. Le Roi de Portugal assassiné par les jésuites, dit-on, mais ne meurt pas. Le Roi de France, toujours garde des sceaux. La duchesse d'Orléans morte, Le comte de la Marche marié avec une Modène, La Stathouderesse morte, La Hollande armée, mais point déclarée, Quelques légers avantages aux Indes. Vingt-huit vaisseanx de
ligne armés à Brest et à Rochefort, quatorze à Toulon. Voilà tout ce que je me rappelle. Nous sommes sur le trône ou dans la boue, cela dépendra de cette campagne. J'ai cinq lieutenants généraux après moi. On crie contre Monteynard, qui m’a écrit qu'il me voyait avec plaisir répandre mon rang sur lui. Voici la promotion qui a aidé à vous faire, et où vous n’êtes pas, grâce à l’antidote, car vous êtes du même travail, c’est-à-dire du 16 (sic).
Au camp de Beauport, le 2 juillet 1759,
L'armée est campée en front de la Canardière, depuis le Montmorency jusqu’à la rivière Saint-Charles, depuis vendredi 29 ; le chevalier de Lévis et moi y sommes depuis jeudi 28, et M. le marquis de Vaudreuil du 30.
Les ennemis varient beaucoup dans leur mouvement ; ils sont à cheval sur le fleuve Saint-Laurent, un corps campé dans l’île d'Orléans et un autre à la Pointe-Lévis. Leurs bâtiments entre deux, Quoique nous ayons eu quelques légers avantages dans l’escarmouche qu’il y a eu de l’autre côté, vers la Pointe-Lévis, cela ne vaut pas la peine d’en parler, Nous passons toutes les nuits au bivouac, ou couchés habillés, Vous en faites peut-être autant, mon cher Bourlamaque.
Le 5 juillet après-midi, — Même position, peu ou point de garde des travaux et des bivouacs ; idem de la part des ennemis.
Ambassade et politesse avec l'amiral Saunders et le capitaine Douglas.
S'ils veulent débarquer à haute mer, deux belles nuits du 5 au 6, et du 6 au 7.
Dieu vous garde de malencontre, mon cher Bourlamaque, et vos troupes à qui mille choses.
Le 7 juillet. — Celle-ci n’est que pour vous, et vous accuse la réception de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 27.
Vos travaux sont incroyables. Vos dispositions très bonnes ; Je n'ai pas le temps d'écrire à M. Desandrouins. Je passe les nuits au bivouac, même lorsque l’armée ne l’y passe pas. Je suis accablé de travail ; la présence du généralissime l’augmente ; l’opiniâtreté,entre nous, du chevalier de Lévis, dont l'opinion prévaut à celle de l’armée et à la mienne, ne me déplaît que pour le bien. Je viens de faire trouver trois mille minots de Me grain dans le gouvernement de Montréal, où l’on continue à en acheter,
Le 16 juillet, — Pardon, mon cher Bourlamaque, si je ne vous écris pas; mais il y a trois lieues de la droite à la gauche, il faut veiller et dormir, Jusqu'à présent nos entreprises n’ont pas réussi ; les brûlots ont fait long feu, et un gros détachement de nuit est rentré après s'être fusillé de peur, Nous avons eu un petit choc et des fusillades à la Pointe-Lévis, il en doit coûter à l'ennemi, mais beaucoup moins que les Canadiens diront, La ville, depuis quelques jours, est canonnée et bombardée joliment, de la Pointe- Lévis. Sept maisons ont été réduites en cendres; aujourd’hui nous sommes en présence, le saut Montmorency entre deux.
Les volontaires de Duprat fusillent journellement avec les postes avancés; le camp de la gauche est canonné et bombardé: nous faisons plus de traverses que dans aucun chemin couvert,
Je ne sais point comment tout ceci finira, mais le Canada me paroît vivement attaqué. Je ne vous parle pas de ma santé, elle fatigue trop pour être bonne. Il n’y à que le gain d’une bataille qui peut la rétablir,
Au camp, sur les hauteurs de Beauport, le 20 juillet 1759,
En vous remerciant, mon cher Bourlamaque, des nouvelles que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 10, Nous somimnes comme nous étion:, sauf M. de Boishébert, arrivé avant-hier au soir avec cent hommes, Jusqu'au cap Rouge, pour nous; et pour l'ennemi, depuis le saut Montmorency jusqu’à la rivière Etchemins. C’est une partie d'échecs, nous voudrions faire mat, et il semble que Wolfe voudroit faire pat, Il a plus de facilité à faire mouvoir ses pions que nous, Ses pions semblent lui valoir mieux; on diroit qu'ils ont été à dame, et il les soutient assez bien par ses tours. Nous ne faisons pas autant d'usage de nos fous que nous voudrions ; nos cavaliers n’agissent pas beaucoup, Notre Roi a une marche grave et lente, belle partie à gagner. Ma santé soutient assez bien les fatigues,
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Au quartier-général, à Beauport, le 27 juillet 1759.
Je réponds par celle-ci, Monsieur, à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 23. Je ne puis qu’en approuver le contenu; pour ici, tout est dans la même position.
Hier, l'ennemi a eu une petite correction qui, sans l'impatience des sauvages, se seroit tournée en une affaire quasi générale, J’estime leur perte à une centaine d'hommes, tant tués que blessés, et nous n’en avons eu que huit. Affaire dans les bois.
Au camp de Beauport, le 30 juillet 1759.
J'ai l'honneur, mon cher Bourlamaque, de vous adresser une lettre à cachet volant pour le général Amberst, en réponse à la sienne du 17, que je vous prie de lui faire parvenir, quand vous le jugerez à propos. Notre position est toujours la même, et le général anglois ne paroît songer qu’à écraser et ruiner la ville, Nous avons eu, il y a quelques jours, une fusillade où l'avantage a été de notre côté : mais tout ce que, les uns et les autres, nous avons fait jusqu’à présent, ne décide rien.
P,. $S. — Voilà l’occasion où votre marine peut servir utilement, si elle en a envie, et se procurer gloire et avancement,
Le 1° août. — Hier, 31, les ennemis commencèrent la journée en démasquant diverses batteries le long des hauteurs du saut Montmorency, de vingt pièces de canon et six mortiers.
A neuf heures, un vaisseau de ligne et deux frégates appareillèrent et vinrent ranger la côte dn nord. Les deux frégates se firent échouer pour s’embosser à la portée du fusil de nos retranchements, de sorte que je ne crois pas trop dire d'assurer que, dans la journée d’hier, les ennemis ont tiré deux‘mille cinq cents boulets ou bombes, Le régiment de Béarn étant de garde à la gauche, M. le chevalier de Lévis mit les troupes qui le composent, en mouvement, sur les dix heures. A one, je fis avertir le reste de la ligne de se tenir prêt à marcher. Les ennemis firent une démonstration pour nous tourner par le côté des gués que garde M. de Repentigny. Je fis passer à M. le chevalier de Lévis les compagnies de grenadiers, et cent hommes des Trois- Rivières.
Nous avions peu de sauvages, presque tous seuls, une partie à la guerre de l’autre côté du saut avec M. Florimond, beaucoup avec MM. de Boishébert et Dumas, sur notre droite, depuis le cap Rouge à Jacques- Cartier. A midi, comme je vis le camp de la Pointe- Lévis s’embarquer dans des berges, je fis battre la générale, J'’avois déjà fait passer à M. le chevalier de Lévis Royal-Roussillon, et je me portai à cette même gauche en faisant appuyer successivement, suivant la manœuvre des ennemis, Guyenne, Languedoc et la Sarre. Les Trois-Rivières et Québec furent laissés flottants depuis Beauport jusqu'à la rivière Saint- Charles. Sur les quatre heures, le camp du saut Montmorency descendit sur la grève, pour se former en bataille et profiter de la basse mer, qui leur donnoit la facilité de passer le saut Montmorency jusqu’à la
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rivière de Beauport, Alors M. le chevalier de Montreuil, qui avoit fait mouvoir toute la journée les troupes, avec autant d'activité que d'intelligence, fit avancer le gouvernement des Trois-Rivières, qui fut mis en réserve derrière les troupes qui devoient soutenir l'attaque. Le gouvernement de Québec resta pour ne pas dégarnir entièrement la droite.
Les troupes du camp de la Pointe-Lévis débarquèrent sous la protection du vaisseau et des deux frégates, et se formèrent en colonne; celles du saut étoient furmées en bataille, et prêtes à se mettre en colonne pour se joimdre à celles de la Pointe-Lévis. (Ces dernières abordèrent de bonne grâce une de nos redoutes qui fut même abandonnée ; on les en chasse de suite, en y marchant baïonnettes au bout du fusil; deux cents volontaires de nos bataillons ‘!i étoient sur la grève, dans des fredoches, les fusillérent, ainsi que les troupes de terre et de la colonie, qui étoient sur la hauteur, bordant le retranchement ; un orage arriva presqu’en même temps. La colonne ne tint pas un quart d’heure; elle se retira avec précipitation, et se rembarqua dans ses berges. Les équipages des deux frégates, les troupes du camp du saut, qui avoient toujours restées en bataille, voyant, sur les sept heures, que la mer alloit monter, se retirèrent à leur camp.
Voilà le détail d’une journée qui annonçoit une affaire plus considérable ; il ne nous en coûte que cinquante hommes tués ou blessés, Je n’estime pas la perte des ennemis à plus de trois cents hommes, tués ou blessés ; nous avons un capitaine blessé et prisonnier, que nous avons arraché des mains des sauvages. C’étoient
les Ecossois qui avoient la tête de l'attaque de la Pointe- Lévis.
La contenance des troupes et des Canadiens a été très bonne, malgré une canonnade qui pouvoit étonner aussi, M. le marquis de Vaudreuil, à qui j'en fus rendre compte sur les neuf heures, après avoir fait rentrer toutes les troupes, en a paru content, Vous voyez Monsieur, que notre affaire n’est qu'un petit préluds d’une plus considérable, sans doute, à laquelle nous nous attendons.
P. $. — Indépendamment de ceux que les ennemis ont emportés à la marée, nous avons enterré, hier, soixante-huit Anglois, nul officier blessé; mais je regrette mon sergent de Guyenne copiste Plantin.
Le 6 août. — Rien ne me paroît mieux, mon cher Bourlamaque, que votre conduite, qui me paroît approuvée ici. Notre aventure du 31 est plus étoffée que je ne croyois. Suivant le rapport uniforme de onze déserteurs, au moins quatre cents tués et blessés. Le brigadier Monckton blessé, et le colonel Murray. Je crois qu'avant peu, le général Amherst tâtera encore votre Ile-aux-Noix, ils viendront vous y bombarder. Avezvous du terrain et des blindages? n’y a-t-il pas à craindre qu’ils vous tournent ? c’est là le point ; ouvrage cependant que je crois difficile. Je vous écris à la hâte en tenant un conseil d'Outaouais.
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