‹ Lettres de M. de Bourlamaque au chevalier de Lévis [microforme]Chapitre 8 sur 27 · DE ARC AT · texte numérisé non relu

DE ARC AT

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bombes, Ils n’ont encore dit mot aujourd’hui, D'ailleurs, ils ont conservé leurs mêmes positions.

Le temps affreux d'hier a empêché qu'on ne travaille à se couvrir, On commence actuellement et la pluie recommence aussi,

J'ai détaché M. Lecomte avec trente soldats de la Reine, à Saint-Ours, sur le fleuve, pour tenir les habitants en armes et même à cheval. J’ai d’ailleurs cent cinquante hommes sur la rive gauche de la rivière Sorel,

Je recois nouvelle qu’on a vu descendre, au point du jour, devant la Petite-Misère, trois berges conduites chacune par deux hommes, et remplies de beaucoup de rames. Il paroît que les hommes qu’elles menoient, ont débarqué quelq.e part. Seroit-ce à la pointe nord des îles, ou seroit-ce un parti qui iroit trouver M. Ambherst ? J’envoie ordre à Saint-Ours de chercher ces gens-là, s'ils ont passé, Je pense que vous feriez bien de demander à M. de Vaudreuil d'envoyer un parti sauvage sur leur route, Si M. de Saint-Luc, avec des sauvages, n’est pas passé, il faudroit qu’il cherchât ou fit chercher leurs pistes.

T1 paroît une berge qui vient du Lac; elle ne sera pas seule, sans doute. C'est, peut-être, l'avant-garde de la dernière division, sur laquelle on dit qu'il y a deux mille hommes.

Les Anglois travaillent beancoup sur leurs bâtiments ; ils établissent des batteries sur ceux qui n’en avoient point. S'ils veulent débarquer à la pointe de Sorel en force, je ne puis m’y opposer. Quand même les cent cinquante hommes que j'ai, depuis la Misère jusque là, pourroient s’y rassembler, ils ne feroient pas grande

résistance ; et, cette pointe, prise une fois, je suis tellement écharpé par le canon qu’ils mettroient à terre, que je ne pourrois tenir ici.

Ce débarquement n’est même pas nécessaire ; il leur suffroit de beaucoup de canon sur leurs vaisseaux.

Mon canon est foible, je n’ai point de batteries et très peu de coups à tirer, que je conserve pour une affaire décisive,

Il faudroit une bonne redoute à la pointe gauche de la rivière, et être bien établi ici avec du canon; on obligeroit les Anglois de s'éloigner.

J'ai rassemblé ici environ cent quatre-vingt-dix hommes du régiment de la Reine, et une centaine de miliciens de cette partie, J’ai, au total, six cent quatrevingt-cinq soldats et quatre cents miliciens; mais ceux-ci désertent par bandes, et la pluie d’hier a achevé de les dégoûter, J’en perdrai beaucoup aujourd’hui ; il m'en est déjà déserté plus de deux cents,

Je pense que les sauvages seroient plus utiles à Berthier qu'ici. Ils ne pourroient traverser la rivière ici. Les Anglois sont dans les îles; on peut aisément y aller de Berthier.

Des gens de Sorel que j'avois envoyés en découverte sur le Lac, dans un canot, ont été pris par une berge angloise. Le bruit court que les Anglois ont débarqué au bas de Sorel; je n’ajoute pas foi à cette nouvelle. J’envoie savoir si cela est vrai.

S'il me vient des sauvages, jen posterai une partie à la rive gauche de la rivière Sorel, et l’autre à la rive droite.

P. S, — Si le projet des ennemis étoit de s'établir à

Sorel, et qu'ils n’entreprissent pas de quelque temps

de m’en chasser, peut-être auroit-on le temps de s’y

établir solidement; mais il faudroit plus de monde et dix pièces de canon de 12 ou au moins de 8.

Je désirerois fort que vous vinssiez faire un tour ici,

A Sorel, le 16 août, à 5 heures et demie du soir.

J'ai reçu, mon cher général, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire hier au soir.

L'on est si occupé ici, et il y a si peu d'officiers, que nous ne pouvons suffire à tout, Je n'ai encore pu avoir l’état des miliciens désertés ; nul rôle juste, parce qu'au moment du départ les officiers, autorisés par une lettre de M. le marquis de Vaudreuil, ont changé un grand nombre de ceux qui étoient commandés,

J’eusse déjà exécuté l’ordre que vous me donniez de faire battre un ban pour la désertion des miliciens, et j'aurois mis le ban à exécution, si votre lettre eût été signée ; malheureusement, vous l'avez oublié, et je n’ai pas cru devoir passer outre dans une affaire de cette conséquence, et dont les suites sont incertaines, Au reste, comme je pense que vous aurez fait battre le même ban au corps qui est à Berthier, vous devez savoir à quoi vous en tenir, Pour moi muni de votre ordre, je ne tarderai pas d’avoir occasion de l’exécuter.

La division de dix-huit vaisseaux est depuis hier à midi, à l'entrée du chenal de l’Ile-aux-Barques ; trois heures de bon vent nous l’amènent.

En total, la position des ennemis est la même ; mais

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