LETTRE CXV
A LA MÊHE RELIGIEUSE.
Après lui avoir parlé de nouvean de l'anlon qae 1 Enfant Jésus a formée entre enx, U la prie de mettre par écrit qnelqaes-nnes de ses occupations intérieures sur le mystère de la sainte Enfance.
[Après la mi-septembre 1647 (2).] Qui a Dieu a tout.
Ma très honorée sœur en Notre-Seigneur Jésus-Christ, Je prie [l'Enfant Jésus , la source unique de notre vie, de vivre en plénitude pour vous et pour autrui. Je vous dirai que notre Enfant divin a bien voulu me faire cette grâce depuis notre départ, de me laisser en jouissance de sa personne en la société de sa servante Marguerite, qui Tadorait dedans la même crèche où elle le sentit le premier jour de notre vue; ce qui m'a fait connaître le dessein qu'il a de maintenir et perfectionner la grâce qu'il nous a faite, dont je le prie de tout mon cœur, avec celle de lui être fidèle
(1) Sur l'autographe conservé au Carmelde Beaune.
(2) Cette lettre suivit d'assez près la précédente, car M. Olier n'y parle pas de la faveur qu'il reçut à Saint-Claude vers le 20 septembre (voir la lettre CXVI).
376 LETTRES DE M. OLBER.
dedans ce bien et d'en user en sainteté pour son unique gloire.
Je vous dirai que notre Tout (ce père unique de votre âme et qui seul le doit être en celui que vous croyez être choisi pour cet usage de père spirituel de votre vie) m'a paru désirer que je vous dise de mettre par écrit, pendant ce mois, quelqu'une de vos occupations intérieures que vous m'enverrez à Paris si je ne puis les aller prendre en repassant, ce que je laisse à la conduite de notre divin Tout, qui seul doit vivre et régner dessus nous selon ses desseins éternels sur nos âmes.
Adieu, ma sœur, que je ne veux distraire pour un moment de son divin objet qui la nourrit et la vivifie à toute heure de lui, selon la vue que j'en ai. Je vous prie, ma sœur, que la vie de Jésus passe de voUs en nous en la communion des justes, et à l'honneur de la communion, des personnes divines.
En Jésus-Christ tout vôtre.
Jean- Jacques Olier.