A MADAME MARIE ROUSSEAU
U se recommande Instamment à. ses prières à l'occasion de l'anniversaire de sa naissance et de son baptême qu'il célèbre le Jour ou il écrit.
[Annecy, 20 septembre 1647 (2).]»
Madame, J'ai été bien aise d'avoir trouvé de vos nouvelles en
(1) Sur une ancienne copie.
(2) Celte lettre étant du 20 septembre, jour de la naissance de M. Olier,
arrivant ici. Je ne puis pas assez vous remercier des soins que Dieu vous donne pour celui qui n'est rien et qui ne mérite pas la moindre application des créatures. Je vous dirai de bouche ee que je pense sur ce qu'il vous^plaU me mander. Ce sera au plus tôt, s'il plaît à Notre-Seigneur, en qui je suis tout vôtre. Confessez- vous à M. Picoté (1) devant qu'il parte, afin que vous ne soyez pas en peine de confesseur. Mes recommandations à M"*^ Rémi (2), priez ensemble pour celui qui est né et baptisé à tel jour qu'il vous écrit, et demandez à Dieu qu'il lui pardonne tous les péchés de sa vie, et qu'il lui plaise lui en donner une nouvelle, afin que dorénavant mourant à lui, il vive en celui qui est mort et ressuscité pour lui-même. Il ne faut plus passer un seul moment de cette vie que pour honorer celui qui nous a fait naître pour sa gloire. Adieu en Jésus notre Tout.
a dû être écrite à Annecy où le serviteur de Dieu se trouvait ce jour-là. Elle semble indiquer une hésitation sur l'époque du retour à Paris. La lettre précédente à la vénérable sœur Marguerite laissait aussi espérer que M. Olier, son pèlerinage d'Annecy accompli, repasserait à Beaune : mais de nouvelles réflexions le ramenèrent à son premier dessein qui était de visiter les saints iieux de Provence et de traverser le Languedoc où il espérait faire quelque bien.
(1), Charles Picoté, du diocèse d'Orléans, après avoir été formé à l'école du P. de Condren avec M. Olier, devint l'une des pierres fondamentales de la compagnie de Saint-Sulpice et resta toujours l'ami le plus fidèle, le collaborateur le plus dévoué du fondateur. H était très estimé à la paroisse comme directeur spirituel, et M. Olier lui-même n'eut pas d'autre guide que lui, dans les douze dernières années de sa vie. Il mourut le !•' décembre 1679, à l'âge de quatre-vingt-deux ans.
(2) Il est fréquemment question de cette dame dans les écrits de Marie Rousseau : Dieu^ dit-élle quelque part, la M'avait donnée pour compagne afin qu'elle l'aidât et la servit en tout. C'était elle qui l'accompagnait dans les églises, où la sainte veuve était fréquemment ravie en extase et aurait même perdu terre, si sa fidèle compagne ne l'avait retenue au moyen d'un ruban qu'elle lui passait au bras.