‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 184 sur 326 · LETTRE CLXV · texte numérisé non relu

LETTRE CLXV

A M. »E QUEYLTJS A TOULOUSE.

Après quelques explications sur nue lettre de l'évAque de Pamiers, M. 011er le presse dé revenir an plus tOt.

[Fin juin 16S0 (2),]

Qui a Dieu a tout.

Monsieur et très cher en Notre-Seigneur,

M^' de Pamiers me parle dans la sienne de ce qu'il espère faire pour les intérêts de M""" d'Eg... (3) ; mais il ne dit rien des affaires de M. de L... (4), qui sont très

(1) Sur l'autographe.

(2) La date est donnée, pour l'année, par l'assemblée du clergé et par raccord de la famille fait à Toulouse. Le jour est indiqué approxinaativement par les prières à faire aux sMnts apôtres. Il est dans les usages de M. Olier de faire allusion aux fêtes qu'on célèbre le jour où il écrit.

(3) Il s'agit vraisemblablement de M™8 d'Aiguillon dont H. Olier aura : mal écrit le nom.

(4) On ne voit pas d'autre prêtre de Saint-Sulpice sorti avant 1650

importantes à la maison; au contraire, il parait m'exhorter à le recevoir chez nous et à prendre bon conseil pour la conduite de la maison, comme si le bon M. de L. lui eût donné des avis sur les défauts de notre communauté. Je vous puis assurer que pour les extraordinaires nous ne manquons de voir M. Vincent et, pour les ordinaires, tous nos frères assemblés. Il ne faut pas beaucoup recevoir les avis de ces sortes d'esprits qui se sont établis juges de toutes choses et condamnent tout ce qu'ils n'ordonnent pas. Vous savez de quoi ces messieurs sont remplis centre tous les desseins de la maison et des particuliers.

Nous avons grand repos depuis leur départ. Vous devez, Monsieur, prendre l'occasion de voir M^' d'Alet et son séminaire, puisque Dieu vous présente cette bénédiction. Vous verrez encore Pamiers, puisque Monseigneur le désire et, vos affaires étant terminées, vous consolerez fort vos frères de les venir rejoindre. C'est après quoi ils soupirent avec souffrance. Notre- Seigneur consolera monsieur votre père, par la paix qui se rétablira dans la famille, et monsieur votre frère le soulagera en partie en sa viduité. Venez pour réparer ce que votre absence a causé de déchet dans la maison; ce sont des défauts secrets qui ne se voient pas et que ceux qui censurent le reste ne connaissent point, qui sont pourtant les véritables maux pour lesquels nous gémissons devant Dieu, lui demandant qu'il répare ce que nos négligences ont fait de mal et qu'il m'ouvre les yeux pour voir encore les autres cachées que je ne connais pas.

par attachement au jansénisme que M. du Ferrier, l'abbé de Cambiac, son frère, et Pierre de La Haye. Il s'agit donc de ce dernier dont il a été parlé plus haut.

Je VOUS prie de bien prendre les avis de M^' de Pamiers et d'Alet pour en faire notre profit, puisque nous ne pouvons avoir le bien que nous espérions et que nous désirions si fort, qui est d'avoir ou l'un ou l'autre de ces prélats pour députés en cette ville à l'assemblée du clergé (1). Faites, je vous prie, des prières et offrez vos sacrifices en notre intention aux saints apôtres, à ce qu'il plaise à Dieu répandre de son esprit sur notre pauvre maison que Dieu bénit en ses pauvres petits sujets, soit à Nantes, soit à Magnac.

Je suis de toute ma volonté. Monsieur et très cher, votre très humble et très obligé serviteur.

Olier.

LETTRE CLXVI (2).

A M. DE PARLâGES EN LANGUEDOC.

n rexborte à travailler an rétablissement de sa santé pour le service de l'Église.

[Été de 16S0 (3).] Qui a Jésus a tout.

Monsieur,

Vous pouvez bien penser quelle joie la vôtre m'a donnée, ayant été si longtemps privé de vos chères

(1) Les évoques députés à l'assemblée de 1650 furent, pour la province de Narbonne,Jeau- Jacques de Fleyres, évéque de Saint-Pons et, pour celle de Toulouse, Louis de Nogaret de la Valette, évêque de Mirepoix. (Procès-verbaux, t. III, p. 451.)

(2) Sur l'autographe reproduit en grande partie dans la XXVIII^ des imprimées.

(3) La date approximative de celte lettre est donnée par la transaction qui eut lieu à Toulouse entre le père et le frère de M. de Queylus.

nouvelles. Je ne doute pas que celle de M^ de Pamiers ne soit extrême après un si long temps d'absence et d'éloignement, chez lequel, si cette lettre vous eût pu être rendue, je vous aurais prié de lui demander quelques jours, pour assister à la conférence qui se doit tenir à Toulouse entre monsieur le frère et le père de M. de Queylus, pour leur entier accommodement.

Je vous demande , Monsieur, la grâce de vouloir prendre tous les soulagements que l'air, que la saison et les remèdes vous pourront fournir sur les lieux où vous êtes, afin de confirmer la santé que vous avez vouée et consacrée à Dieu, que vous savez appartenir à Jésus-Christ par le droit qu'il s'est acquis sur toute la créature, pour la sanctification de son Père et, en particulier, qu'il a choisie en vous pour le service de son Église qui, ayant reçu les droits cédés de Jésus-Christ, prétend avec justice vous pouvoir demander l'usage de votre corps pour son service.

Voyez, Monsieur, à combien de maîtres et maltresses vous appartenez; voyez à combien vous êtes redevable et si avec justice vous leur devez refuser votre conservation. Travaillez-y ainsi, en séparation de vous-même et dans l'obéissance à vos supérieurs. Donnez-y encore quelque chose aux prières de votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur.

Olieb.

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