‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 191 sur 326 · AU MEME, AU PÉRAY · texte numérisé non relu

AU MEME, AU PÉRAY

n Fexborte ji consoler et soalager sa mère et son frère dans leur affliction et leur infirmité.

[Octobre 1650.) , Qui a Jésus a tout.

Monsieur et très cher en Notre-Seigneur,

Dans la perte qu'ont soufferte les bonnes religieuses de Montmartre, il me reste cette consolation de vous savoir auprès madame votre mère et monsieur votre frère, pour leur servir de soulagement et de consolation en leur infirmité (2). Je souhaiterais être avec vous pour vous aider à cette charité dont les besoins me sont si tendres et si chers.

Il est vrai que si l'homme extérieur se corrompt et déchet tous les jours, celui qui est au dedans, l'homme spirituel, se renouvelle et se fortifie en leur cœur. La vertu de l'esprit n'est jamais plus puissante et ne trouve sa perfection que dans l'infirmité. Ainsi ne nous étonnons point si Dieu souvent permet ces indispositions sensibles dans les âmes qu'il aime particulièrement, sacrifiant à son plaisir leur chair pour consommer en lui leur esprit. Je vous dis ceci pour le soulagement de votre cœur et l'estime que je fais de leur âme, que

(1) Sur l'autographe.

' (2) M. Olier parle da quatrième fils de M""' Trouson, qui était alors infirme au Péray. Eutré au sémioaire de Saint-Sulpice en 1646, il devait encore y passer quelque temps, comme on le verra bientôt. C'est lui qui était connu sous le nom d'abbé de Saint-Antoine. Il s'attacha à la compagnie de Saint-Sulpice et mourut à la paroisse le 16 aorembre 1702

je VOUS prie vouloir continuer de secourir autant que votre temps vous le pourra permettre ; invitant Madame, de notre part, à ne se point contraindre dans les repas et de prendre encore le repos qui lui est convenable à son état. Je lui vais écrire un petit mot pour cela puisque vous le jugez utile, et vous prie de dire encore à monsieur votre frère, que je suis d'esprit auprès de lui dedans sa solitude que je serais bien aise de pouvoir réjouir, pour l'aider à se remettre et se fortifier. Aimez toujours Notre-Seigneur qui veut vous posséder uniquement et se servir de vous pour sa gloire. Conservez le peu de santé qu'il vous donne pour user des talents qu'il met en vous, qui ont besoin d'être accompagnés de vigueur et de force. Je le prie qu'il vous consomme en lui et me rende digne de le servir comme je le dois en lui-même, qui suis, Monsieur, votre très bumble et très obligé serviteur.

Olier.

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