LETTRE CLXXXVI
A l'assemblée bu clergé de frange.
Bans la vue d'obtenir son approbation pour la société de Saint-Snl< plee, il lai soamet le but et les fins qu'elle a en vue, les règlements qu'elle suit et ceux qu'elle se propose de suivre dans les séminaires des diocèses.
[Probablement le 13 mars 1631 (2).]
Messeigneurs,
La maison.de Sainfc-Sulpice, se voyant destinée pour le service du clergé de France, est dans l'obligation naturelle de prendre son approbation dans cette sainte assemblée et recevoir la bénédiction du ciel par son saint ministère. Elle se présente à elle avec tout le respect des enfants vers leurs pères, et toute la soumission et docilité des serviteurs et des disciples vers leurs seigneurs et leurs maîtres. Elle se présente avec ses règlements à la main qu'elle a tirés des conciles, des canons, des Pères et des instructions de saint Charles, pour voir s'ils seront trouvés propres à ce dessein et s'ils seront approuvés par vos bouches sacrées, qu'elle regarde et qu'elle veut entendre comme les oracles du Saint-Esprit.
Cette maison, qui n'a point de secrets ni de mystères pour vos saintes personnes, vous découvre tout d'un
(1) Sur l'autographe dé M. Olier. Ce n'est là que Fun des projets de la lettre qui fut envoyée. M. Falllonena reproduit un autre dont 11 a un peu modifié le style et qu'on trouvera dans la Vie de M. Olier (t. III, p. 248). ■
(2) Cette lettre accompagna probablement le Projet de l'établissement d'un séminaire que M. Olier avait fait imprimer et qiù fut présenté à l'assemblée du clergé le 13 mars 1651. (CoUect. des proc.-verb., t. III, p. 734.)
coup, non seulement ses règlements, mais encore ses fins, et en toute leur étendue ; elle vous montre ses intentions et ses conduites intérieures et extérieures, bref, tout ce qu'elle est et ce qu'elle pense, pour voir s'il est conforme aux intentions et à la sainteté du clergé, et si elle peut s'assurer en ses voies et continuer dans la même conduite qu'elle a, jusques à maintenant, observée comme un essai qu'elle a voulu tenter en attendant, Messeigneurs, votre approbation générale.
La maison expose, Messeigneurs, à votre assemblée non seulement ce qu'elle pratique dans son domestique, mais encore ce qu'elle a projeté de pratiquer dedans les diocèses, et qu'elle a déjà proposé à plusieurs de messeigneurs les prélats qui ont voulu essayer de ses faibles sujets pour leur service; non seulement afin qu'elle ait l'esprit de l'Église, par l'approbation commune de messeigneurs les prélats en qui réside l'abondance de l'esprit de Dieu, surtout pour la direction et sanctification du clergé, mais encore afin qu'il vous plaise d'examiner et de voir, Messeigneurs, dans la plénitude et l'unité de vos conseils, les choses que vous croyez qui se doivent faire par les sujets que vous désirerez employer en vos saintes maisons, qui doivent être éclairées de vos saintes lumières, animées du feu de votre amour, et dirigées par la force de votre sainte vertu et de votre puissance en Jésus-Christ (1).
(1) Avant de faire imprimer le Projet de rétablissement d'un séminaire, qui fut présenté, le 13 mars 1651, à l'assemblée da clergé par on prêtre de Saint-Sulpice,M. Olier avait souhaité qu'il fût lu par quelquesuns des illustres prélats qui composaient l'assemblée. Ils l'eurent si agréable et le trouvèrent si conforme à leur intention qu'ils désirèrent en avoir des copies au plus tôt, pour les emporter avec eux dans leurs diocèses, et demandèrent pour cela que, sans attendre la seconde partie, la première fût mise promptement sous presse, pour obvier aux Ion-
LETTRE CLXXXVn (1).
A UN ÉVÉOUE (2).
Il lai adresse le prolet de séminaire qui Ait présenté à l'assemblée da elergré le 13 mars 1651 et loi exprime la vénération dont la compagnie de Saint-Salpiee est pénétrée pour l'épiscopat.
[Après le 13 mars 16S1.]
Monseigneur,
J'aurai le bien un jour de vous communiquer le Projet du séminaire de Saint- Sulpice, qui étant de la nature de tous les membres de l'Église, va croissant petit à petit, s'assurant toujours, parla suite des emplois que Jésus-Christ lui donne, des desseins que Dieu son Père a eus dessus lui.
Je ne puis vous communiquer pour le présent que le Projet du séminaire de messeigneurs les évêques qui , faisant la gr^ce à. la maison de Saint-Sulpice de l'appeler de toutes parts pour les servir, a eu besoin de ce projet pour servir de modèle à leur emploi sous la direction de messeigneurs les prélats.
Je ne doute pas. Monseigneur, que vous ne trouviez à redire à la trop grande étendue que je fais de la personne du saint évèque, unique supérieur du séminaire; mais comme il en doit être tout l'esprit et la vie, je n'ai pu que je n'en aie donné quelque idée particulière et expresse, pour obliger les clercs à leur vé-
gueurs et aux fautes ordinaires des copistes. C'est ce que nous apprend M. Olier dans l'ÀTertissement au lecteur.
(1) Sur l'autographe du projet de lettre.
(2) ^1 le àège ni le nom de cet évéque ne sont connus. Il est très vraisemblable que c'était l'un de ces zélés prélats qui avaient déjà demandé à M. Olier de les aider dans l'établissement de leur séminaire.
nération qui est nécessaire absolument à Tépiscopat, pour profiter dans la maison, selon les ordres solides et véritables de l'Église.
De plus. Monseigneur, 3*ai toujours dedans Tesprit une vénération si grande pour cet auguste caractère, et il y a des choses si magnifiques à en dire qu'il me semble qu'il y a toujours encore quelque chose à en dire. Et de plus, Monseigneur, on le doit pardonner à la maison de Saint-Sulpice, qui s'est consacrée dans son institution au service de messeigneurs les prélats de l'Église, ayant pour modèle de sa conduite le grand saint Jean, qui ne travaille toute sa vie qu'à chercher et à former des disciples à Jésus-Christ. C'est tout l'emploi du séminaire de Saint-Sulpice qui n'est point renfermé dedans un diocèse particulier, ne vaque point aux nécessités et aux besoins d'un évèché, mais se voyant établi à Paris, qui est le rendez-vous et le cœur de toute la France, il se trouve en liberté d'ouvrir son sein à tous les sujets des provinces et des dijfférents diocèses, qui viennent à Paris, et qui, étant instruits du respect et de l'amour de Jésus-Christ dedans lès saints prélats, s'en vont après pour les servir dans les emplois qu'ils leur commettent. D'où vient qu'après, les envoyant aux diocèses et n'étant pas encore assez forts pour voler seuls, et soutenir le service des séminaires, nous leur joignons parfois de nos sujets qui vont les aider pour un temps, et travailler encore avec eux à former des sujets aux évoques et aux saint prélats de l'Église.
C'est la voie que j'ai connue la plus utile pour le service des diocèses, qui est la plus naturelle et qui seule peut réussir pour la rénovation entière du clergé qui ne sera jamais rien autrement.
LETTRES DE M. OLŒR. 559