‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 208 sur 326 · M. DE QUEYLUS, A VIVIERS · texte numérisé non relu

M. DE QUEYLUS, A VIVIERS

Il lai donne des renseignements sor M. Planât «ni doit aller le joindre k Viviers, n s'olll-e à l'aider dans les dépenses que nécessite son emploi et se reconunande bamblement ik ses prières.

[Issy, juillet 1651.]

Qui a Jésus a tout.

Monsieur et très cher en Nôtre-Seigneur,

M. Planât nous a écrit , lequel ignorant les routes et les voies de votre pays, vous supplie de lui envoyer un homme et un cheval. C'est ainsi qu'il en a toujours usé avec M^' de Pamiers, qui ne lui a pas dénié ce secours. Il ne faut pas que nous en usions autrement, comme je pense, pour entrer suavement en son esprit.

Mon très cher frère, si les dépenses montent trop haut et que d'abord vous n'ayez pas présent toutes les choses nécessaires pour l'œuvre de Notre-Seigneur, ne feignez pas, je vous supplie, de le mander tout simplement. Tout ce que nous avons et ce que nous pouvons est au Maître, et nous sommes trop heureux de le consommer pour son amour et le bien de ses âmes. Au reste, notre cher frère, ayons courage; il faut, en l'esprit de ce grand maître, porter le joug qu'il nous impose ; s'il l'a porté tout seul vivant dessus la

(2) M. de Queylus était parent de Ms'' de Suze qui l'avait obtenu de M. Olier vers la fin de 1650. Ce pieux abbé employait ses revenus à soutenir l'œuvre des missions qu'il faisait en Vivarais et surtout dans la ville de Privas, où il ramena à la foi un grand nombre d'hérétiques.

terre, il est juste à présent que nous le portions avec lui et que nous gémissions pour le salut de nos frères et la satisfaction de nos péchés.

Je suis à présent à Issy, par la miséricorde de Dieu, pour me remettre un peu et reprendre des forces pour le service du divin Tout. Vous lui demanderez, s'il vous plaît, que je puisse faire meilleur usage de ma vie que je n'ai fait jusqu'à présent, et comme vous êtes dans l'exercice, vous serez plutôt exaucé qu'un pauvre pécheur impénitent et inutile.

Ilfaudrait adresser à Blesle, proche la ville de Brioude, la personne qu'il vous plaira d'envoyer en Auvergne vers M. Planât, car c'est le lieu de sa demeure, où il se tient tout prêt pour vous aller trouver et recevoir les ordres que vous lui aviez fait espérer pour un emploi qui est celui d'Embrun, selon que nous avions convenu par ensemble (1). Vous en userez selon les ouvertures de la divine Providence et le besoin de l'œuvre que vous avez dans les mains. Vous verrez s'il est à propos d'écrire à M^' d'Embrun, ou bien si vous devez attendre de ses nouvelles. Je laisse le tout dans les mains de l'esprit que Jésus-Christ Notre-Seigneur vous donnera, qui fait les choses suavement dans sa sainte sagesse et dedans les moments efficaces de son amour. Je suis en lui pour jamais, Monsieur et très cher, votre très humble et très obéissant serviteur.

Olier.

(1) Voir la lettre suivante.

LETTRE GXCIX (1).

A M^' GEORGES d'aUBUSSON, ARCHEVÊQUE d' EMBRUN (2).

Il s'excase de ne pas loi envoyer M. Planât en ce moment à cause des besoins da diocèse de Viviers, où on l'attend ponr precber des missions.

[Été de 16S1.] Yotre sainte dénédiction.

Monseigneur,

Je n'ai pu satisfaire à vos désirs, ni répondre plus tôt à celle dont il vous a plu m'honorer, que je ne susse l'état; présent de M. Planât que vous désirez employer dans votre diocèse, lequel m'a écrit, depuis fort peu de jours, qu'il allait à Viviers pour travailler aux missions des Boutières et autres cantons de ce diocèse infectés d'hérésies, où déjà quelques-uns de nos messieurs avaient été appelés, et l'avaient sollicité de se joindre pour les pressants besoins qui se rencontrent en ces lieux-là tout à fait désolés (3).

L'amour que vous avez. Monseigneur, pour l'Église et pour ses plus urgentes nécessités, vous portera à lui accorder dispense pour quelque temps, afin qu'il puisse être en état de vous obéir et servir selon les désirs de votre charité. Il est tout à vous. Monseigneur,

(I) Sur l'antographe.

(2).L^arcbevêqae d'Embrum présidait l'assemblée da clergé de 1650, et il fut l'un des prélats qui sollicitèrent M. Olier de leur envoyer quelquesuns de ses ecclésiastiques.

(3) Pendant quatre ans les prêtres envoyés en Vivarais par M. Olier, évangélisèrent ce pays où le protestantisme avait fait de grands ravages, ety opérèrent un changement merveilleux. {Vie de M. OKer, t. III, p. 383 et suiy.)

et le reste des sujets de notre maison qui, pendant ces temps-là, prendront toujours nouvelles forces pour servir l'Église de Dieu, et se mettre en état de rendre leurs devoirs entiers et leurs obéissances à messeigneurs les prélats, auxquels ils se sont consacrés, et à vous en particulier, Monseigneur, qui leur témoignez une bienveillance qu'ils ne méritent pas, dont ils se sentent très honorés et qui m'oblige, en leur nom, vous en remercier et vous assurer en mon particulier pour eux que je suis, Monseigneur, tout vôtre.

Olier, curé de Saint-Sulpice.

LETTRE ce (1).

Page 1