LETTRE XXIV
ÂU l^ÈRE DE GONDREN, GÉNÉRAL DE l'oRATOIRë.
tl loi donne des nouvelles de sa santé qui ne lui permet pas encore de retourner à Paris, et de celle de M. Vialart que la flèvre a mis aussi Hors de combat.
[27 octobre 1G38.]
Qui a Jésus a tout.
Mon très honoré Père,
Depuis le moment du départ de M. Boudet jusques à présent, je n'ai pas eu un moment de parfaite santé. J'espère pourtant dans peu l'avoir assez bonne pour m'en retourner à Paris, si autre accident ne me surprend; car ce qui a prolongé ma maladie a été une rechute qui m'a longtemps affaibli. Le pauvre M. Vialart (je vous mande ceci en secret^ car je pense qu'il ne désire pas que madame sa mère le sache) est dans la même fièvre laquelle m'a attaqué; mais la différence, il a pris son mal dans le champ de bataille
bienheureux père dont, pendant plusieurs années, elle avait été l'heureux témoin. L'historien de la mère de Bressand, qui nous apprend ces particularités, ajoute que le séjour de M. Olier dans la maison du jardinier de la Visitation fut à'environ un an. C'est une erreur manifeste, comme on le verra par la suite.
(1) Sur une très ancienne copie.
et non pas moi (1). Cette maladie de fièvre tierce a été cette année une espèce de contagion en Bretagne, laquelle n'a pardonné à quasi point de maison, et ce, à ce qu'on dit, à cause des extrêmes chaleurs qui ont précédé, cet été. Je me recommande à vos sacrifices et vous prie de me croire, en Famour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, mon très honoré Père, votre très humhle et très obéissant fils et serviteur.
Olier.
Monsieur, je vous envoie l'obligation de M. Rosé Bidet, lequel est à Paris, loge proche les Cordeliers : je tâcherai de savoir son logis plus expressément.
A Nantes, ce 27 octobre 1638.