‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 68 sur 326 · LETTRE XXV · texte numérisé non relu

LETTRE XXV

A LÀ MÈRE DE RRESSÂND

Il rexborte à ne voir qae Diea dans les créatures et à se déprendre de tout ponr s'envoler vers loi.

[Clisson, derniers mois de 1638 (3)J

Qui a Jésus a tout.

Ma très chère fille et Mère en notre Tout, je ne vous mande point des nouvelles de notre retour, car je de-

(1) M. Félix Vialart n'était pas encore sorti de licence lorsqu'il commença à travailler dans les missions. Il se trouvait à Vannes en 1638 et il s'intéressa beaucoup, de concert avec M. Basseline, le théologal, à l'établissement que les religieuses de la Visitation firent alors en cette ville. (Arçhîv. de la Visit. de Nantes.)

(2) D'après l'autographe : la CLXVIII^ des imprimées en reproduit une partie en y joignant un fragment de la XXIV®.

(3) Après quelques semaines passées à Nantes, M. Olier se sentit assez de forces pour retourner à Clisson et y résider habituellement. De là il se rendait tantôt au couvent de la Régripière et tantôt à la Visitation de Nantes, selon le besoin des religieuses dont il avait la direction spirituelle dans ces deux maisons.

vrais moi-même être déjà auprès de vous pour satisfaire au devoir où m'oblige votre charité. Suffit que Dieu sache combien j'y veux répondre et à quel point je désire votre sanctification. Relevons donc, ma chère fille, ce cœur, et le dilatons en Dieu et son amour. C'est saint Paul qui défend que l'on se souffre rétrécir.

Eh quoi ! ce divin sujet, qui comprend toutes les créatures en éminence, et lequel est souvent jaloux des divertissements que l'on se donne d'auprès de lui, n'at-il pas de quoi nous occuper et remplir ce cœur qui n'est né que pour lui, et dont l'ioimensité ne peut être remplie de rien moins que de cet objet si divin ! Anéantissez donc toutes vos vues aux biens qui ne sont pas de lui. Hélas! que bienheureuse est votre obligation de ne voir que Dieu seul et d'en jouir ! 11 y en a beaucoup qui souhaiteraient avoir votre contrainte. Jouissez donc, ma très chère fille, de la pureté de votre vocation et du bonheur que Dieu vous présente, qui est si rare et ensemble pénible. Un enfant, sous prétexte d'union, se rabaisser! Il faut, dans la pure foi, se relever toujours au-dessus de toute créature, se déprendre de tout pour s'élever et s'envoler en Dieu.

Je vois bien en même temps votre peine ; je vois ce que Dieu veut que vous enduriez pour balancer la douceur de votre vocation ; mais pourtant il faut être généreuse, il faut être courageuse, et Jésus doit être celui qui soit votre force et votre élévation, lequel s'est abaissé et s'est fait homme pour vous porter en Dieu. Ma très chère Mère, pardonnez à votre fils, lequel est devenu père, parce que vous désirez d'être fille. Je vous dis ce que vous voulez, et ce que je crois que le bon Dieu désire, en l'amour duquel et de sa sainte Mère je suis tout vôtre. Olie».

Notre très humble et très cordiale recommandation à notre chère Mère, la priant que sa chère communauté ne m'oublie pas.

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