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LETTRE XCVI

A SAINT VINCENT DE PAUL (2)

II lui demande une religieuse pour la réforme d’une abbaye en Auvergne.

Qui a Dieu a tout.

Vers 1645 (3).

Monsieur,

Je suis sollicité de deux endroits pour vous écrire, l’une de la part de M. Landas, qui désire que je vous

(1) Sur l’autographe.

(2) On sait que saint Vincent de Paul, de 1643 à 1653, faisait partie du Conseil de conscience qu’Anne d’Autriche avait formé pour l’examen des affaires ecclésiastiques et particulièrement pour la nomination aux bénéfices.

(3) Celte date n’est qu’approximative. 11 y'alieu de croire néanmoins que la demande faite à saint Vincent de Paul n’est pas postérieure à 1646, car le diocèse de Clermont ne reçut, durant les dix ans que saint Vincent de Paul fut au Conseil de conscience et M. Olier à la cure de Saint-Sulpice, que trois nouvelles abbesses, l’une à Sainte-Claire de Clermont, en 1644, l’autre à l’Éclache, dans la même ville, en 1646, et la troisième,' à Sainte-Claire d’Aigueperse, aussi en 1646. {G allia chrisliana, t. II, p. 408, 418, 420.)

témoigne de la religion de Monsieur son père et sa mère, ce que je fais de tout mon cœur, comme ayant connu leur piété particulière (1). Et de l’autre part je suis prié par une demoiselle de Madame la princesse (2) de vous demander une religieuse pour la réforme d’une abbaye dont Monseigneur de Clermont (3) vous écrit et à moi, pour vous en supplier. Ce que je fais dedans l’esprit de procurer le bien de la gloire de Dieu partout où il peut être et particulièrement en nos cantons d’Auvergne si délaissés.

Je suis de toute ma] volonté, en Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Olier, curé de Saint-Sulpice.

Monsieur, j’aurai le bien de vous envoyer ce livre qu’il vous plut me demander dernièrement : on me l’a promis pour le premier jour.

LETTRE XCYII (4).

Il l’exhorte à mettre en Dieu tonte sa confiance et à ne rien craindre maigre les persécutions du monde.

[Très probablement en 1643 (3).]

Mon cher Monsieur, ne nous appuyons qu’en Dieu

(1) Cette attestation était sans doute relative à des paroissiens de Saint- Sulpice et devait permettre à M. Landas d’obtenir une place à Saint-Lazare ou ailleurs.

(2) La princesse de Condé, Charlotte-Marguerite de Montmorency.

(3) Joachim d’Estaing, qui fut évêque de'Clermont de 1614 à 1650.

(4) Tirée de l’Esprit de M. Olier, où MM. de Bretonvilliers et Tronson l’ont citée comme preuve de sa confiance en Dieu. (T. I, p. 52.)

(5) C’est durant cette année que l'œuvre de Saint-Sulpice fut particulièrement attaquée et persécutée. (Fie de M. Olier, t. Il, p. 135 etsuiv.)

et ne nous confions qu’en lui seul pour l’œuvre qu’il lui a plu nous faire l’honneur de nous commettre. Ne regardons jamais que lui en toutes choses. Il nous fera la grâce de nous conduire lui-même au milieu des tempêtes et des contradictions; et elles ne serviront qu’à faire éclater avec plus de lustre son amour, sa sagesse et sa puissance. Ces aimables perfections ne paraissent jamais davantage que lorsque, malgré les envies de l’enfer et les persécutions des hommes, il fait réussir l’œuvre qu’il a commencée et qu’il le conduit à sa perfection.

11 lui faut tout laisser et cependant demeurer en paix dans l’attente de son secours. Quand tout le monde serait soulevé contre nous il ne faudrait jamais désister de faire ce que nous croyons que Dieu désire, puisque nous sommes assurés qu’il peut dissiper tous les nuages en un moment et faire de nos plus grands persécuteurs, nos meilleurs et plus fidèles amis.

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