A UN ÉVÊQUE
11 lui parle d'un ecclésiastique qui par sa conduite se inonta'ait Indigne du sacerdoce.
[Vers 1645 (3).]
Monseigneur,
Depuis que j’ai reçu l’honneur de votre lettre, j’ai
(2 et 3) Il est très probable que ce prélat était Pierre Fenoillet, qui occupa
pensé être utile de m’informer à fond des sentiments de Monseigneur d’Aleth sur le sujet de M. Roanel et de sa promotion au saint ordre de prêtrise. J’ai enfin appris qu’il ferait grande difficulté d’admettre des personnes scandaleuses à cette dignité et surtout celles où il y avait si peu de fond et de marques de pénitence. Ce qui a fait, Monseigneur, que j’ai cru ne devoir pas hasarder une demande à votre nom que je crusse ne devoir pas réussir et qu’il me fallait tenir dans les bornes de la prière auprès de Dieu pour lui, que j’ai vu et que je sais avoir si peu de déférence pour moi. Je ne peux pas me promettre aucune chose sur son esprit, si votre bonté ni votre justice n’ont rien pu dessus lui. Je lui mandai, la dernière fois qu’il a reçu de mes nouvelles, que je n’aurais jamais aucun commerce avec lui si je ne le savais pour vous, Monseigneur, dans les derniers respects et les dernières obéissances, ce qui l’a éloigné, comme je pense, de la confiance et du commerce quej’aurais pu espérer desapart, nem’ayant fait savoir ni de bouche ni par lettres, aucune de ses nouvelles du depuis ce temps-là.
C’est là, Monseigneur, les termes où j’en suis avec lui, qui me fait croire être bien inutile en toutes cho-
très dignement le siège épiscopal de Montpellier depuis 1608 jusqu’en 1652. M. de Roanel, en effet, était de ce diocèse et possédait même l’archidiaconé de la cathédrale. Il avait passé un an au séminaire de Saint-Sulpice, probablement pour s’y préparer à la prêtrise, car il était diacre, mais il rentra dans son bénéfice, au mois de juillet 1644, sans avoir été ordonné. La lettre de M. Olier montre que la conduite qu’il tint d’abord à Montpellier fut loin d’être édifiante, mais on sait par Marie Rousseau que le serviteur de Dieu, dans le voyage qu’il fit en 1647, le vit, l’entretint et eut la consolation de le faire rentrer dans le devoir. Le chapitre de Montpellier le nomma plus tard à la prévôté de la cathédrale, dont il se démit en 1667. ( Gallia christiana, t. VI, p. 870.)
— Cette date n’est qu’approximative.
ses sur son esprit, ne me croyant propre qu’à pleurer et gémir pour son état, le voyant si mal disposé vers Dieu et son Église et avoir si peu de déférence pour la personne du monde qu’il doit le plus chérir et honorer, qui est vous, Monseigneur, comme celui qui l’a comblé de tant de grâces et de témoignages d’amour et de bonté; ce qui m’a lié dès lors si fortement à votre personne et m’a fait être, toujours de plus en plus, Monseigneur, votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur.
Olier, curé de Saint-Sulpice.