‹ Lettres de M. OlierChapitre 125 sur 226 · A UNE DE SES PAROISSIENNES · texte numérisé non relu

A UNE DE SES PAROISSIENNES

Il la reprend de l'attache qu’elle avait à communier ù la messe de son directeur.

[Vers le 26 octobre 1646 (2).]

Madame,

Je ne crois point que vous deviez vous arrêter comme vous faites, à vouloir toujours entendre la messe de votre confesseur, et à ne communier que de sa main. C’est une attache qui ôtera beaucoup à votre âme, et qui diminuera de l’opération de Dieu, et de sa complaisance en vous ; car il est impossible que cela ne vous expose, aussi bien que votre Directeur, s’il est également porté d’affection pour vous, à avoir quelque inclination, complaisance et satisfaction intérieure, qui ira à vous reposer, à vous appuyer, à vous complaire en quelque chose de créé, et non pas en Dieu seul, et en sa divine essence et pureté, où il veut pourtant que votre âme tende purement.

Tout objet qui nous tente de détourner de Dieu nos yeux et nos regards intérieurs pour les porter sur quelque autre chose, est une distraction qui lui est odieuse : surtout quand c est dans des choses saintes, comme dans le sacrifice et la prière. 11 faudrait, aller au bout du monde, s’il se pouvait, pour se mettre en

(1) C est la CIXe parmiTes imprimées.

(2) Les Mémoires de M. Olier, sous la date du 26 octobre 1646 contiennent la substance de cette lettre et donnent au moins sa date approximative. En ce temps-là, on vient de le voir, M. Olier n’était pas à Paiis, mais à la campagne où, tout en rétablissant sa santé épuisée, il ne cessait de prier pour sa paroisse.

état d’ètre appliqué à Dieu tout seul, et d’être séparé de tout ce qui pourrait en distraire, et en désappliquer un seul moment. Oui, une désapplication et un détour de Dieu nous devrait être une chose de si grande affliction, et d’une peine si sensible , qu’il faudrait fuir tout ce qui le peut causer ; et au contraire chercher par tous les moyens possibles, tout , ce qui peut nous mettre en pleine liberté, pour être en application libre et entière envers ce divin objet, qui fait lui seul tout notre bonheur.

Vousy penserez sérieusement devant Notre-Seigneur, afin de ne plus marcher dans ces voies qui éloignent les âmes de la pureté de Dieu. Vous savez qu’il veut des âmes qui soient en nudité parfaite. Que votre cœur soit donc vide de tout, et mort à toutes choses. Je ne réponds qu’au premier article de votre lettre, remettant le reste à notre première entrevue, où nous pourrons vous donner un ample éclaircissement sur tout ce que vous désirez.

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