‹ Lettres de M. OlierChapitre 143 sur 226 · A LA SOEUR MARGUERITE DU SAINT-SACREMENT · texte numérisé non relu

A LA SOEUR MARGUERITE DU SAINT-SACREMENT

Il y est parlé d’une nouvelle faveur que M. Olier a reçue à Saint- Claude et qui a uni plus étroitement encore son Ame à celle de la pieuse Carmélite (2).

[Annecy, 21 ou 22 septembre 1647 (3).] Qui a Jésus a tout.

Ma fille , par Jésus-Christ enfant consommé au très saint Sacrement de l’autel,

Notre-Seigneur m’ayant fait l’honneur de me faire présent de vous depuis notre départ de Beaune , j’ai ] obligation de vous en dire la manière, afin qu’avec vous nous voyions la manière de nous rendre fidèles à cette grâce.

Huit jours après notre sortie d’auprès de vous, étant au lieu de notre pèlerinage, comme j’offrais le divin sacrifice, vis-à-vis le maître autel où repose le très saint Sacrement, votre âme sortit du saint ciboire pour entrer dans la mienne, en la même manière qu’autrefois l’Enfant Jésus consommé dans l’amour de son Père sortit d’un même lieu pour entrer dedans

(1) Sur l’aulographe conservé au Carmel de Beaune.

(2) M. de Bretonvilliers, parlant du pèlerinage de Saint-Claude, dit •. Ce fut en ce lieu que Jésus consomma l’union qu’il avait faite entre notre serviteur de Dieu et la sœur Marguerite, selon la prophétie de cette sainte religieuse, laquelle lui envoya une image au bas de laquelle elle avait écrit ces paroles : Mon révérend Père, mon très cher Enfant Jésus, qui est notre liaison, notre vie, notre tout, perfectionnera et consommera la grâce qu’il nous a faite aujourd’hui. ( Vie ms., t. II, p. 230.)

(3) En quittant Saint-Claude M. Olier se rendit à Annecy, d’où il dut écrire cette lettre.

moi (1). Cette sortie se fit en un instant et pénétra si intimement le fond de l’âme que je ne trouvai plus d’âme en moi (2) , n’étant plus que vous-même et dès lors je vis que je ne retournerais pas vous visiter, puisqu’il n’y avait rien qui nous pût approcher davantage, et nous donner plus de conversation et de communion à la grâce de Jésus-Christ apres cette visite. Et même j’appris de vous une chose que vous me dites en ce moment de notre conversation , que c était une des plus grandes unions que vous eussiez eues dans la terre; ce qui se rapportait avec ce que vous me dites à Beaune, que vous saviez bien que vous deviez avoir union avec une âme vers 1 Enfant Jésus, et que vous voyez bien que c’est la nôtre.

Ma fille, puisqu’il a plu à Jésus-Christ nous établir en cette foi et cette confiance mutuelle qu’il nous a confirmées par des signes si purs et si puissants , voyons s’il n’est pas juste de rendre au Fils de Dieu quelques devoirs par jour pour cela, et s il ne serait point à propos de nous renouveler quelque heure en Jésus-Christ pour ce sujet, si dans le temps de l’action de grâces après la sainte communion ou en quelque autre moment que vous le jugeriez , nous faisions visite au très saint Sacrement , je penserais que Dieu aurait cela pour agréable. Vous offrirez, ma fille) cette pensée à Dieu et à son très cher Fils, parce qu’il nous veut donner toutes choses et recevoir toutes

choses de nous.

Je suis en lui, tout vôtre.

Jean-Jacques Olier, curé de Saint-Sulpice.

(1) Voir la note 1 de la p. 373.

(2) Dans la pensée de M. Olier cette expression, empruntée au langage

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