‹ Lettres de M. OlierChapitre 159 sur 226 · LETTRE CXXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE CXXXIII

PROBABLEMENT A M. DE QUEYLUS, SUPÉRIEUR DE LA COMMUNAUTÉ DE SAINT-SULPICE (3).

Il lui adresse une lettre qui doit être communiquée à l’assemblée du Saint-Sacrement (4).

De Saint-Germain en Laye ce saint jour de la Visitation

[2 juillet 1648 (5)1.

Qui a Jésus u tout.

Monsieur et très cher en Notre-Seigneur, J’arrivai hier la nuit et suis parti ce matin de Paris

(1) Ce crucifix précieux fut rendu et, contrairement à ce qui a été dit par erreur dans la Vie de M. Emery et ailleurs, il se conserve encore au séminaire de Saint-Sulpice. (Vie de M. Olier , t. I, p. 479.)

(2) Sur l’autographe.

(3, 4 et 5) Gabriel de Tubières de Queylus, abbé du Loc-Dieu, né au diocèse de Rodez vers 1611, s’était offert le 26 juillet 1645 à M. Olier pour travailler dans la compagnie de Saint-Sulpice. Personne, peut-être, n’aida plus activement le serviteur de Dieu dans la fondation de ses premiers établissements que ce vertueux prêtre. Envoyé à Rodez en 1647, il

pour venir secourir une petite nièce religieuse à Poissy et de là à Verneuil pour quelques jours (1). J’oubliai de laisser hier cette lettre ci-jointe pour être remise entre les mains de M. du Plessis (2), qui est de

contribua très efficacement, avec M. du Ferrier, au bien qui se fit alors dans ce diocèse et aux commencements du séminaire de Villefranche. En 1648, M. Olier lui confia le soin de la communauté des prêtres de la paroisse et, l’année suivante, il le céda à l'évêque de Nantes pour la fondation de son séminaire. En 1650, ce fut l'évêque de Viviers qui l’obtint pour travailler à la conversion des protestants et donner naissance à un séminaire dans sa ville épiscopale. C’est encore M. de Queylus qui commença le séminaire de Clermont en 1654; mais l’œuvre pour laquelle il a le plus travaillé et le plus souffert, c’est la fondation du séminaire de Villemarie. dans le Canada. Vers la fin de sa vie il rentra à la communauté des prêtres de Saint-Sulpice, où il mourut, le 20 mai 1677. ( Vie de M. Olier, passim.)

— La compagnie du très Saint-Sacrement, établie par le P. de Condren de concert avec le P. Suffren et quelques autres saints personnages de l’époque, était composée d’ecclésiastiques et de laïques de toute condition qui se réunissaient chaque jeudi, l’après-dînée. On y proposait une infinité de bonnes œuvres. ( Vie de M. Olier, 1. 1, p. 166.)

— M. Olier avait écrit d’abord le nom de M. de Queylus dans cette lettre et il l'a effacé pour y mettre celui de M. du Plessis. Cela semble indiquer, si ce changement est le fait d’une inadvertance, que la lettre était adressée à M. de Queylus : dans tous les cas on peut en conclure que cet ecclésiastique était alors à Paris, et par une conséquence ultérieure, qu’on était en 1648, car c’est la seule année où M. de Queylus ait pu se trouver à Paris le 2 juillet.

(1) M. Olier eut deux de ses nièces, filles de son frère aîné, religieuses à Poissy. Elles y entrèrent fort jeunes, comme cela se pratiquait fréquemment alors. L’aînée, Françoise, qui ne pouvait être née avant 1637, y était déjà en 1642, et ce qui paraît incroyable, M. Olier disait dans ses Mémoires, sous la date du 26 juillet de cette année en parlant de son frère aîné qui ne voulait pas le voir : « Je me souviens que par moi on a reçu sa fille en « une maison où l’abbesse la regarde déjà comme sa coadjutrice. » L’une de ces deux religieuses vivait encore en 1703 comme le prouvent plusieurs lettres qu’elle écrivit alors à M. Leschassier.

(2) Christophe du Plessis, baron de Montbar, avocat au parlement, fut de son temps l’un des hommes de Paris les plus mêlés à toutes les bonnes œuvres. Il était en particulier membre de la congrégation du Saint-Sacrement.

très grande conséquence, pour être communiquée à l’assemblée de jeudi l’après-dlnée, afin de prendre avis et de trouver quelque personne qui se charge de la solliciter. M. de Morangis (1) serait fort propre à cela. Je finis par me recommander [à vos prières étant pressé par le porteur. Vous fermerez cette lettre avant de la donner à M. du Plessis. N’oubliez pas, je vous prie, de lui faire remettre entre les mains avec sûreté et promptitude.

Adieu, je suis en Notre-Seigneur, et sa très sainte mère, Monsieur et très cher en Notre-Seigneur,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

Olier.

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