‹ Lettres de M. OlierChapitre 166 sur 226 · A LA MÈRE DE SAINT-MICHEL · texte numérisé non relu

A LA MÈRE DE SAINT-MICHEL

Il lui souhaite l’esprit d’anéantissement dont il a été pénétré lui-mëme pendant sa retraite à Meulan.

[Vers la fin d’octobre 1648 (2).]

J’ai reçu la consolation de la vôtre datée du jour de Saint-François , à la veille de mon départ pour un voyage un peu long. Je commençai ce jour-là ma retraite, aussi bien que vous, dans une maison des pénitents de Saint-François (3) , où la divine bonté me

(1) Tirée de la Vie, p. 646.

(2) M. Olier visita d’abord Chartres, Tours, Candes, Saumur, avant d arriver à Nantes et à Clisson ; c’est probablement de l’un de ces lieux de pèlerinage qu’il écrivit à la mère de Saint-Michel.

(3) Les pénitents de Saint-François, établis par le P. Vincent Muffart d abord dans le diocèse de Beauvais, en 1594, puis en 1601 à Paris dans

remplit bien des vues dont vous m’entretenez par la vôtre, m’ayant bien découvert ma pauvreté en un point que je ne l’avais pas encore reconnue. Ma chère sœur, pendant ce temps vous me veniez souvent dans l’esprit et j’avais désir pour vous que Dieu vous fît sentir ce que vous êtes en votre fond et vous mît en la nudité de sa grâce , pour vous laisser éprouver ce que vous êtes par vous-même, ce fonds de péché que nous sommes et que nous portons avec nous, quelque onction qui nous puisse revêtir. Si parfois Dieu ne le réveille c’est un ennemi caché qui dort et qui nous surprend lorsque nous sommes endormis. O ma fille, veillons toujours sur nous, ayons toujours en horreur notre fonds de péché et soyons bien aises de le voir et de le sentir pour le combattre, pour le détruire et pour l’anéantir en sacrifice en l’honneur de la divine justice et de la sainteté de Dieu.

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