A M. BOURDOISE, A LIANCOURT
II le prie de bien accueillir douze ecclesiastiques de son séminaire que les troubles de la guerre civile obligeaient a quitter Paris.
Paris, 12 janvier 1649.
Monsieur et très honoré Père,
Je vous prie d’avoir agréables les services que nos clercs vont rendre à Dieu , en votre Église. Ils sont
(1) Cette lettre est tirée d’une Vie manuscrite de M. Bourdoise qui se trouve sous le n° 514 à la bibliothèque Mazarine.
(2) La communauté que M. Bourdoise avait établie à Liancourt, eu 1642, était très peu considérable et ne se composait que de deux ou trois personnes. Aussi n’est-ce pas là, mais au château du duc de Liancourt,
obligés de se retirer de Paris (1), mais ils cherchent un lieu de discipline et d’exemple , ce qu’ils espèrent trouver chez vous, et dans leur désolation, ils se consolent d’approcher d’un lieu où se pratique la cléricature exactement. Ils ont fait leur premier apprentissage à Paris; mais ils vont se perfectionner à Liancourt auprès de celui qui a donné les premières teintures à ses serviteurs, et entre autres à ce pauvre novice qui vous écrit, et qui se tiendrait bienheureux d’être en votre approbation et sainte charité. Je vous supplie, Monsieur, de présenter nos bons messieurs à M. le curé (2), et lui demander pour eux la permission de servir en son clergé , et de me croire comme vous savez,
Votre très humble serviteur,
Jean Olier, prêtre.
que les ecclésiastiques de Saint-Sulpice furent logés. Ils étaient au nombre de treize, parmi lesquels M. Maillard , qui mourut supérieur du séminaire de Saint-Iréné.e , à Lyon, M. Duval, et au moins l’un des MM. Souart, dont on aura occasion de parler ailleurs; M. de Lantages était le supérieur de cette petite colonie.
(1) Le roi et la cour étaient sortis secrètement de Paris, dans la nuit du 5 au 6 janvier, et s’étaient retirés à Saint-Germain en Laye, où la régente prit immédiatement la résolution d’assiéger Paris. Le prince de Condé, qui fut mis à la tête des troupes royales, s’approcha sans délai de la capitale pour en faire le blocus. C’est ce qui détermina M. Olier à envoyer les ecclésiastiques de son séminaire à Liancourt.
(2) Le curé de Liancourt, en 1649, était M. de Nully, très digne prêtre que M. Bourdoise estimait beaucoup. ( Vie de M. Bourdoise, in-4°, p. 344 et 401.)
LETTRE CXLIY (1).