‹ Lettres de M. OlierChapitre 190 sur 226 · A M. DE QUEYLUS A TOULOUSE · texte numérisé non relu

A M. DE QUEYLUS A TOULOUSE

Après quelques explications sur une lettre de l’évèque de Paniiers, M. Olier le presse de revenir au plus tôt.

[Fin juin 1650 (2).]

Qui a Dieu a tout.

Monsieur et très cher en Notre-Seigneur,

Msr de Pamiers me parle dans la sienne de ce qu’il espère faire pour les intérêts de Mmc d’Eg... (3) ; mais il ne dit rien desaffaires de M. de L... (4), qui sonttrès

(1) Sur l’autographe.

(2) La date est donnée, pour l’année, par l’assemblée du clergé et par raccord, de la famille fait à Toulouse. Le jour est indiqué approximativement par les prières à faire aux saints apôtres. II est dans les usages de M. Olier de faire allusion aux fêtes qu’on célèbre le jour où il écrit.

(3) Il s’agit vraisemblablement de Mme d’Aiguillon dont M. Olier aura mal écrit le nom.

(4) On ne voit pas d’autre prêtre de Saint-Sulpice sorti avant 1650

importantes à la maison ; au contraire, il parait m’exhorter à le recevoir chez nous et à prendre bon conseil pour la conduite de la maison, comme si le bon M. de L. lui eût donné des avis sur les défauts de notre communauté. Je vous puis assurer que pour les extraordinaires nous ne manquons de voir M. Vincent et, pour les ordinaires, tous nos frères assemblés. Il ne faut pas beaucoup recevoir les avis de ces sortes d’esprits qui se sont établis juges de toutes choses et condamnent tout ce qu’ils n’ordonnent pas. Vous savez de quoi ces messieurs sont remplis contre tous les desseins de la maison et des particuliers.

Nous avons grand repos depuis leur départ. Vous devez, Monsieur, prendre l’occasion de voir Msr d’Alet et son séminaire, puisque Dieu vous présente cette bénédiction. Vous verrez encore Pamiers, puisque Monseigneur le désire et, vos affaires étant terminées, vous consolerez fort vos frères de les venir rejoindre. C’est après quoi ils soupirent avec souffrance. Notre- Seigneur consolera monsieur votre père, par la paix qui se rétablira dans la famille, et monsieur votre frère le soulagera en partie en sa viduité. Venez pour réparer ce que votre absence a causé de déchet dans la maison ; ce sont des défauts secrets qui ne se voient pas et que ceux qui censurent le reste ne connaissent point, qui sont pourtant les véritables maux pour lesquels nous gémissons devant Dieu, lui demandant qu’il répare ce que nos négligences ont fait de mal et qu’il m’ouvre les yeux pour voir encore les autres cachées que je ne connais pas.

par attachement au jansénisme que M. du Ferrier, l’abbé de Cambiac, son frère, et Pierre de La Haye. Il s’agit donc de ce dernier dont il a été parlé plus haut.

Je vous prie de bien prendre les avis de MBr de Pamiers et d’Alet pour en faire notre profit, puisque nous ne pouvons avoir le bien que nous espérions et que nous désirions si fort, qui est d’avoir ou l’un ou l’autre de ces prélats pour députés en cette ville à l’assemblée du clergé (1). Faites, je vous prie, des prières et offrez vos sacrifices en notre intention aux saints apôtres, à ce qu’il plaise à Dieu répandre de son esprit sur notre pauvre maison que Dieu bénit en ses pauvres petits sujets, soit à Nantes, soit à Magnac.

Je suis de toute ma volonté, Monsieur et très cher, votre très humble et très obligé serviteur.

Olier.

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