‹ Lettres de M. OlierChapitre 209 sur 226 · A UN ÉVÊQUE · texte numérisé non relu

A UN ÉVÊQUE

Il lai adresse le projet de séminaire qui fut présenté à l’assemblée dn clergé le 13 mars 1651 et lui exprime la vénération dont la compagnie de Saint-Sulpice est pénétrée pour l’épiscopat.

[Après le 13 mars 1651.]

Monseigneur,

J’aurai le bien un jour de vous communiquer le Projet du séminaire de Saint-Sulpice, qui étant de la nature de tous les membres de l’Église, va croissant petit à petit, s’assurant toujours, parla suite des emplois que Jésus-Christ lui donne, des desseins que Dieu son Père a eus dessus lui.

Je ne puis vous communiquer pour le présent que le Projet du séminaire de messeigneurs les évêques qui , faisant la gr^cë à la maison de Saint-Sulpice de 1 appeler de toutes parts pour les servir, a eu besoin de ce projet pour servir de modèle à leur emploi sous la direction de messeigneurs les prélats.

Je ne doute pas, Monseigneur, que vous ne trouviez à redire à la trop grande étendue que je fais de la personne du saint évêque, unique supérieur du séminaire; mais comme il en doit être tout 1 esprit et la vie, je n’ai pu que je n’en aie donné quelque idée particulière et expresse, pour obliger les clercs à leur vé-

gueurs et aux fautes ordinaires des copistes. C'est ce que nous apprend M. Olier dans l’Avertissement au lecteur.

(1) Sur l’autographe du projet de lettre.

(2) Ni le siège ni le nom de cet évêque ne sont connus. Il est très vraisemblable que c’était l’un de ces zélés prélats qui avaient déjà demandé à M. Olier de les aider dans l’établissement de leur séminaire.

nération qui est nécessaire absolument à 1 épiscopat, pour profiter dans la maison, selon les ordres solides et véritables de l'Église.

De plus. Monseigneur, j’ai toujours dedans l’esprit une vénération si grande pour cet auguste caractère, et il y a des choses si magnifiques à en dire qu’il me semble qu’il y a toujours encore quelque chose à en dire. Et de plus, Monseigneur, on le doit pardonner à la maison de Saint-Sulpice, qui s’est consacrée dans son institution au service de messeigneurs les prélats de l’Église, ayant pour modèle de sa conduite le grand saint Jean, qui ne travaille toute sa vie qu’à chercher et à former des disciples à Jésus-Christ. C’est tout l’emploi du séminaire de Saint-Sulpice qui n’est point renfermé dedans un diocèse particulier, ne vaque point aux nécessités et aux besoins d’un évêché, mais se voyant établi à Paris, qui est le rendez-vous et le cœur de toute la France, il se trouve en liberté d’ouvrir son sein à tous les sujets des provinces et des différents diocèses, quiviennent à Paris, et qui, étant instruits du respect et de l’amour de Jésus-Christ dedans les saints prélats, s’en vont après pour les servir dans les emplois qu ils leur commettent. D’où vient qu’après, les envoyant aux diocèses et n’étant pas encore assez forts pour voler seuls, et soutenir le service des séminaires, nous leur joignons parfois de nos sujets qui vont les aider pour un temps, et travailler encore avec eux à former des sujets aux évêques et aux saint prélats de l’Église.

C est la voie que j’ai connue la plus utile pour le service des diocèses, qui est la plus naturelle et qui seule peut réussir pour la rénovation entière du clergé qui ne sera jamais rien autrement.

LETTRE CLXXXVUI (1).

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