LETTRE CXCIX
A MBr GEORGES d’aUBUSSON, ARCHEVÊQUE D EMBRUN (2).
Il s’excuse de ne pas lui envoyer M. Planat en ce moment à cause des besoins du diocèse de Viviers, où on l'attend pour prêcher des missions.
[Été de 1631.]
Votre sainte bénédiction.
Monseigneur,
Je n’ai pu satisfaire à vos désirs , ni répondre plus tôt à celle dont il vous a plu m’honorer, que je ne susse l’état présent de M. Planat que vous désirez employer dans votre diocèse, lequel m’a écrit, depuis fort peu de jours, qu’il allait à Viviers pour travailler aux missions des Routières et autres cantons de ce diocèse infectés d’hérésies, où déjà quelques-uns de nos messieurs avaient été appelés, et l’avaient sollicité de se joindre pour les pressants besoins qui se rencontrent en ces lieux-là tout à fait désolés (3).
L’amour que vous avez. Monseigneur, pour l’Église et pour ses plus urgentes nécessités, vous portera à lui accorder dispense pour quelque temps, afin qu il puisse être en état de vous obéir et servir selon les désirs de votre charité. ïl est tout à vous, Monseigneur,
(1) Sur l'autographe.
(2) L’archevêque d’Embrum présidait l’assemblée du clergé de 1650, et il fut l’un des prélats qui sollicitèrent M. Olier de leur envoyer quelquesuns de ses ecclésiastiques.
(3) Pendant quatre ans les prêtres envoyés en Vivarais par M. Olier, évangélisèrent ce pays où le protestantisme avait fait de grands ravages, ety opérèrent un changement merveilleux. ( Vie de M. Olier , t. III , p. 383 et suiv.)
et le reste des sujets de notre maison qui, pendant ces temps-là, prendront toujours nouvelles forces pour servir l’Église de Dieu, et se mettre en état de rendre leurs devoirs entiers et leurs obéissances à messeigneurs les prélats, auxquels ils se sont consacrés, et à vous en particulier, Monseigneur, qui leur témoignez une bienveillance qu’ils ne méritent pas, dont ils se sentent très honorés et qui m'oblige, en leur nom, vous en remercier et vous assurer en mon particulier pour eux que je suis, Monseigneur, tout vôtre.
Olier, curé de Saint-Sulpice.