M. DE QUEYLUS, A VIVIERS
Il lui donne des renseignements sur M. Planat qui doit aller le joindre à Viviers. Il s offre à l’aider dans les dépenses que nécessite son emploi et se recommande humblement à ses prières.
[Issy, juillet 1631.]
Qui a Jésus a tout.
Monsieur et très cher en Notre-Seigneur,
M. Planat nous a écrit , lequel ignorant les routes et les voies de votre pays, vous supplie de lui envoyer un homme et un cheval. C’est ainsi qu’il en a toujours usé avec Msr de Pamiers, qui ne lui a pas dénié ce secours. Il ne faut pas que nous en usions autrement, comme je pense, pour entrer suavement en son esprit.
Mon très cher frère, si les dépenses montent trop haut et que d’abord vous n’ayez pas présent toutes les choses nécessaires pour l’œuvre de Notre-Seigneur, ne feignez pas, je vous supplie, de le mander tout simplement. Tout ce que nous avons et ce que nous pouvons est au Maître, et nous sommes trop heureux de le consommer pour son amour et le bien de ses âmes. Au reste, notre cher frère, ayons courage; il faut, en l’esprit de ce grand maître, porter le joug qu il nous impose; s’il l’a porté tout seul vivant dessus la
(1) Sur l’autographe.
(2) M. de Queylus était parent de Ms1 2' de Suze qui l’avait obtenu de M. Olier vers la fin de 1650. Ce pieux abbé employait ses revenus à soutenir l’œuvre des missions qu’il faisait en Vivarais et surtout dans la ville de Privas, où il ramena à la foi un grand nombre d'hérétiques.
terre, il est juste à présent que nous le portions avec lui et que nous gémissions pour le salut de nos frères et la satisfaction de nos péchés.
Je suis à présent à Issy, par la miséricorde de Dieu, pour me remettre un peu et reprendre des forces pour le service du divin Tout. Vous lui demanderez, s’il vous plaît, que je puisse faire meilleur usage de ma vie que je n’ai fait jusqu’à présent, et comme vous êtes dans l’exercice, vous serez plutôt exaucé qu’un pauvre pécheur impénitent et inutile.
Ilfaudrait adresser àBlesle, proche la ville de Brioude, la personne qu’il vous plaira d’envoyer en Auvergne vers M. Planat, car c’est le lieu de sa demeure, où il se tient tout prêt pour vous aller trouver et recevoir les ordres que vous lui aviez fait espérer pour un emploi qui est celui d’Embrun, selon que nous avions convenu par ensemble (1). Vous en userez selon les ouvertures de la divine Providence et le besoin de 1 œuvre que vous avez dans les mains. Vous verrez s il est à propos d’écrire à Msr d’Embrun, ou bien si v ous devez attendre de ses nouvelles. Je laisse le tout dans les mains de l’esprit que Jésus-Christ Notre-Seigneur vous donnera, qui fait les choses suavement dans sa sainte sagesse et dedans les moments efficaces de son amour. Je suis en lui pour jamais, Monsieur et très cher, votre très humble et très obéissant serviteur.
Olier.
(1) Voir la lettre suivante.