‹ Lettres de M. OlierChapitre 26 sur 226 · SA CHARITÉ POUR DIEU · texte numérisé non relu

SA CHARITÉ POUR DIEU

Tous ses discours et toutes ses actions étaient des preuves de son ardent amour pour Dieu ; car il en parlait en toutes occasions, soit dans les visites qu’il rendait aux grands, soit dans les conversations familières, et en traitant d’affaires, aussi Lien qu’en récréation; jamais il ne manquait d’y mêler quelque chose de Dieu et qui pût inspirer son amour, mais d’une manière qui ne gênait personne, et qui ne troublait point la gaieté de la conversation.

Ceux qui l’approchaient remarquaient en lui une telle plénitude de l’esprit divin, qu’ils sortaient tous remplis du désir de servir Notre-Seigneur : mais si les paroles ont fait paraître sa charité envers Dieu, elle a éclaté bien davantage dans ses actions et dans les travaux qu’il a entrepris pour sa gloire, et par-dessus

tout dans les peines intérieures qu’il a endurées pendant plus de huit années, sans jamais se relâcher dans le service de Dieu, ni se lasser de lui être fidèle.

Son amour l’a porté encore plus loin; car ne se contentant pas d’endurer patiemment ce que Dieu lui envoyait, il a crucifié sa chair par toutes sortes de mortifications, 'il s’est rendu fidèle à sacrifier sans cesse tous les désirs du vieil homme par une continuelle abnégation de lui-même.

Enfin son amour ne voulant point de bornes, il promit près de quinze ans avant sa mort de faire toujours ce qu’il croirait être le plus parfait, et il y fut si fidèle, qu’il aima mieux encourir la disgrâce de quelques personnes très puissantes, et priver le séminaire de Saint-Sulpice de la somme de quatre-vingts mille livres qu’on lui offrait, que d’exécuter une chose qu’il pouvait faire sans péché, mais qu’il savait n’être pas selon la plus grande perfection.

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