SA NAISSANCE ET SA PREMIÈRE ÉDUCATION
M. Olier naquit à Paris le vingtième du mois de septembre, l’an 1608, et fut le second (1) de trois enfants mâles dont la divinebonté bénit le mariage de M. Olier, maître des requêtes, et de dameMarie Dolu, son épouse. S’il eut l’avantage de naître dans une maison illustre et alliée aux premières familles de la robe, il fut beaucoup plus redevable à la Providence de lui avoir donné des parents aussi considérables par leur vertu, que par le rang qu’ils tenaient dans le monde : car monsieur son père avait solidement la crainte de Dieu, et une singulière dévotion envers la très sainte Vierge.
(1) M. Olier eut au moins deux frères plus âgés que lui : François, qui laissa postérité, et René, qui mourut jeune. Tous les trois reçurent à Lyon la bénédiction de saint François de Sales. ( Vie de M. Olier, t* 1, 1. 1, n. 8.)
Madame sa mère prenait grand soin d’élever chrétiennement ses enfants, et désirait que Notre-Seigneur fût honoré et servi dans sa maison. Cet enfant de grâce fut baptisé à la paroisse de Saint-Paul, où il reçut deux noms, Jean et Jacques : il fut porté peu de temps après au faubourg Saint-Germain pour y être nourri ; Dieu voulant qu’il passât les premières années de sa vie où il la devait finir, et que la paroisse de Saint-Sulpice , au bien de laquelle il devait consacrer ses plus grands travaux, fût le lieu de sa première éducation, pour lequel on retient d’ordinaire une affection secrète et particulière.
On remarqua dans ses premières années que ses cris ne pouvaient être apaisés par les caresses et les petits amusements qui plaisent ordinairement aux autres enfants : le meilleur moyen pour arrêter ses larmes, et pour le mettre en repos, était de le porter à l’église de la paroisse : sitôt qu’il y entrait, on le voyait tranquille et parfaitement paisible. On a observé encore, comme un autre présage de ce qu’il devait être un jour, que les premiers rayons de la grâce lui donnèrent dès sa jeunesse une haute idée du sacerdoce, et de l’excellence du sacrifice de nos autels. Dès l’âge de sept ans il souffrait une peine extrême lorsqu’il voyait un prêtre qui, célébrant la sainte messe, se détournait tant soit peu de cette divine action, même pour des choses qui paraissaient d’ailleurs nécessaires. Il croyait que le prêtre, étant revêtu des habits sacerdotaux, devait être si appliqué à cet auguste mystère et tellement absorbé en Dieu, qu’il ne se ressentit en aucune manière des faiblesses humaines.