‹ Lettres de Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 13 sur 80 · LETTRE VII · texte numérisé non relu

LETTRE VII

[E vous renvoie , madame y Pécnt:

de M. de Fénelon ; il est à m.erveillepour vous servir de pratique pendant ce mois. Vous ne pouvez mieux commencer cette année. Son bon esprit, et sa piété , lui a fait écrire des choses admirables pour vous , sur îe renoncement que Dieu vous met si fort dans le cœur.

Quand il vous connoîtroit aussi-bien que moi , il n'auroit pas mieux traité certains endroits. Quoique je vous connoisse plus à fond que lui , je n'aurois jamais pu vous écrire si bien et si nettement

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tant de clio .es utiles. Jugez par là du secours que vous en pourrez tirer , quand il vous connoîtra un peu davantage. Je ne lui ai poinî: dit ce dont nous sommes convenus : vous ne m'en aviez point chargé : faites - le vous - même en toute confiance : il n'y a rien à craindre : je vous réponds de lui comme de m.oi. Voici donc , madame , votre praûque : renoncez non-seulement aux grossiers intérêts de l'amour - propre , mais encore plus aux subtiles adresses de la vanité et de la complaisance , dont M. de Fénéîon vous dépeint si bien les raffinements les plus imperceptibles ; comprenez bien que Dieu nous a faits ce que nous sommes à sa louange , et que la gloire de tout ce que nous faisons lui doit revenir ; et lui renvoyez fidèlement ^ com.ms au roi de gloire qui s'esc manifesté à vous 5 toutes les louanges et Tencens qu'on vous ofFre sans cesse , sans permettre à la vaine complaisance naturelle de s'en repaître de votre consentement , bien moins de s'en rassasier, quelque justes €t innocentes que vous paroissent les occasions qui s'en présentent. Regardez tout ce que vous avez comme un bien prêté dont vous n'avez que l'usage , et dont toute la gloire doit retourner jour-

A Mad. de Maini ENON. 3^

nellement au souverain monarque et bienfaicteur y qiû va régner avec plus de gloire et d'autorité que jamais sur votre cœur. Usez très- sobrement des choses les plus nécessaires et les plus innocentes de votre état : fidelle à Dieu , quand vous verrez ciairement le point de la just^â mesure ; docile et humble à vous éclaîrcir, quand vous aurez des fondements de douter sur quelques-unes , soit par rapport aux choses dont vous doutez , soit par rapport, à l'attache que vous y avez. Etudiez souvent quelque article de ce qu'on vous a écrit sur le renoncemento Vous offrir à Dieu fréquemment poun le pratiquer dans toute Féiendue de ses desseins : être fideile dans les occasions à quitter ce que vous connoissez devoir être retranché du cœur : demander , espérer et attendre sans trouble le progrès que la grâce vous fera faire dans cette vertu : communier un jour extraordinaire pour l'obtenir de Dieu ; voilà votre pratique pour ce mois.

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