LETTRE XXIX
Sur un sentiment de la dirigée.
VOUS semez avec travail , vous recueillerez avec joie : lassez-vous de bon cœur à écouter et à soutenir tout le inonde, depuis le matin jusqu'au soir:
encouragez Pun^ reprenez l'autre , dissimulez l'importunité , supportez les défauts : dans ceux du prochain , voyez humblement \q^ vôtres ; reconnaissez- en
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d'autres plus considé.'ablcs, ou remerciez Dieu de ce qu'il v^ous en a délivrée. Par ]à vous ne vous dissiperez pas ^ vous ne vous abandonnerez pas vous-mcnie en secourant les autres ; mais vous pratiquerez toutes sortes de vertus qui vous sanctifieront avec eux.
Que vous êtes heureuse, de m'avoir pu écrire ces mots avec vérité ! Je me suis trouvée depuis peu dans la disposi^ tien que vous m'ave^ souhaitée ; et après avoir épuisé mts forces et ma vigueur an service des âmes ^ je suis revenue toute lasse et toute languissante aux plaisirs qui me cherchent y et que je ne cherche pas. Je supplie celui qui fait îrcîre la lumière dans les ténèbres , et qui tire le bieri du mal , de changer tous vos divertissements en exercice de mortification , par les dégoûts que la grâce seule est capable de vous envoyer. Il est permis en cela d'être hypocrite , et de paroître se réjouir, quand on ne se réjouit pas, ou qu'on tourne la joie en amertume volontaire.
Depuis que j'ai lu , que y lorsque vous retournez le soir à Versailles , vous 7 portez un corps et un esprit toui épuisé, il me reste dans le fond du cœur une consolation sensible dans la vue du grand
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bien qui en résulte. Vous avez donné sr long temps les prémices au monde, et les restes à Dieu , qu^ii est temps de faire restitution , en iaisaiit une sévère justice au monde. Il me semble que vous pouvez dire sincèrement à Notre- Seigneur dans l'esprit de David : Je garderai pour vous toute ma vigeur et tout i ma force , à mon Dieu ! Je m épuiserai à votre service , et firai toute affbihlie et toute languissante aux plaisirs-dû monde , pour y trouver mon dégoût ^ et pour en faire même une espèce de supplice dans le temps ou votre divin Esprit mJattire. Si je valois quelque chose auprès de Dieu , madame, i'emploierois tout mon crédit pour vous obtenu* cerrc; disposition.
La méditation du roi sera très-utilement employée dem.ain matin , s'il tâche de s'exciter à une fervente contrition,, en se représentant devant Notre Seigneur J. C. , devant qui il va rendre ses comptes aux pieds de son ministre. Vous pouvez choisir pour cela dans vos livres quelque sujet d'oraison ^ capable de l'exciter : Crée7^ en moi , Seigneur , un cœur nou^ l'eau. Après quelques dem.andes semblables , qu'il forme tendrement, et du meilleur de son cœur , un nouveau regret des péchés de touie sa vie qui aille jusqu^à
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la ûéîesîatlon et à l'horreur de tout ce qui déplaît à Dieu î Le Dieu riche et;i miséricordes , qui a été chercher la brebis errante , lorsqu'elle n'y pensoit pas , pourroit il être sourd à sa voix , lorsqu'elle îe veut suivre par- tout , et qu'elle ne trouve de consolation solide qiîi'à Fabri de sa houlette et de son bâton ? ce seroit ime impiété de îe penser, et un blasphème de le dire.