‹ Lettres de Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 79 sur 80 · L E T T R E LXXXI · texte numérisé non relu

L E T T R E LXXXI

J'Apprends , madame , la perte que nous faispns ; j'en suis pénétré par l'afFiiction que sa majesté en ressent , et par celle que vous souffrez : votre cœur plus sensible qu'aucun autre, partage avec la famille royalecette douleur. Je prie Dieu , madame , qu'il vous soutienne en tout ; c'est un bon père, et il doit faire en tout temps votre consolation ; peut-être a-t-il prévu que ce prince se perdroit avec une grande multitude , et il l'a ravi dans son innocence , de peur que la malice du siècle ne ie corrompît ; peut-être Dieu veutil nous faire un plus grand présent , après que nous aurons témoigné notre soumission. Il nous a voit donné ce jeune prince , il est le maître , son saint nom soit béni à jamais. C'est un bonheur infini pour cette ame innocente qui s'envole au ciel ; c'est un ange qui va bénir Dieu éternellement , d'avoirreçu une couronne immortelle; il priera pour le roi soa grand-pere , et du lieu de la souveraine paix , il attirera sur nous celle que nous attendons. O profondeur des conseils et de la sagesse immense du gr^nd Dieu qui

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nous conduit ! que ses voies sont impénétrables ! un seul de nos cheveux ne tombe pas sans son ordre; il veut que nous sortions de notre fausse et trompeuse sagesse , pour nous abandonner pleinement à ses ordres : ses voies sont justes , sages , véritables, pleines de bonté et de miséricorde , pour ceux qui l'aiment ; aimonsle donc , et le laissons faire ; prions-le d'oublier nos péchés et d^agir avec nous selon les sentiments de sa charité immense et inépuisable.

Extrait (i) (Jes redditions de comptes de Mad. de Maintenon.

sur ce que je fais pour vous;

Il faut pourtant , ô mon Dieu ! que je vous réponde , et aux grâces qu'il faut encore que vous me fassiez. Soyez bcnî de celle que vous m'avez faite à pareil

(i) Voilà les seuls restes des redditions de Me. de Maintenon : on les a encore écrits de sa main sur un papier à demi-brûlë. Cependant il reste encore des lettres de Me. de Maintenon à M. de Chartres; et l'on espère les recouvrer. M. de Mérinville en fit un jour la lecture au roi à Rambouillet.

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