‹ Lettres de Madame de Maintenon (volume 3)Chapitre 17 sur 19 · Lettres des Princes · texte numérisé non relu

Lettres des Princes

contre la vôtre. Mr. le curé de Saint- Sttlpice vous assurera , madame , que nous ferons une bonne œuvre en contribuant à le faire évêque.

LETTRE LUI

Taris , ce \ 2 Septembre tjn,

LE roi ayant la bonté, madame, de vouloir l'accommodement de mes enfants , il seroit bien nécessaire qu'il eût encore celle de défendre toutes les procédures , jusqu'à ce que l'on eût vu de quelle manière cet accommodement se pourra faire. Je vous prie , madame , de l'en supplier. Je suis persuadée que cet ordre là ne fera de peine à personne ; et je ne prends la liberté de le demander au roi , que pour qu'il soit assuré que les uns ni les autres n'y penseront : la confiance n'est point entre eux ; je voudrois qu'elle y fût : vous m'aimez : vous aimez la paix ; vous l'avez mise par-tout ; vous la rétablirez parmi nous. Je ne doute pas , madame , que vous n'ayez été bien-aise des bonnes dispositions du roi pour une si bonne œuvre ; et je crois que vous avez un peu pensé à moi dans

cette

A Mad. de Maintenon. 3.7$

cette affaire. Ce seroit un : si grand bonheur pour moi , que j'aurai peur de tout jusqu'à ce qu'elle soit finie. Ma fille m'a demandé si elle devoit , par respect pour le roi , se trouver à l'entrée du conseil. Je lui ai dit que ce n'étoit pas un spectacle bien agréable de voir des parents assemblés pour plaider à se ruiner les uns les autres. Je vous importune bien , madame. Cependant je ne puis m'empêcherde vous importuner encore:

je voudrois vous voir à Saint-Cyr : vous pardonnerez à une mère qui n'est pas dans un état bien tranquille. Je ne me corrigerai jamais de la confiance que j'ai en vos bontés.

LETTRE LIV

Paris , ce 2% Octobre 171 5.

JE ne vous ai point encore écrit , madame. J'ai respecté votre douleur , autant que je l'ai sentie. Mon amitié pour vous m'a montré toute la grandeur de la perte que nous avons faite. Je n'ai que trop connu que je ne me trompois pas , en craignant y autant que je faisais y le malheur qui est arrivé : Je crois , ma- Tome VIL (13) N

aSo Lettres des Princes

dame , que M. îe duc du Maine vous aura dit qu'il ne plaide plus avec M. le duc : j'espère que cette suspension d'armes réunira les cœurs ; je le souhaite passionnément. Si je pouvois voir l'union dans ma famille , je croirois n'avoir plus rien à faire en ce monde. Qu'on est heureux , quand on peut s'en séparer entièrement î mais il faut votre courage , vos malheurs et votre vertu. C'est la seule consolation que vous puissiez avoir , madame , et je la crois grande. Depuis long-temps vous étiez lasse du monde , quoiqu'il paroisse , à la manière dont on parle aujourd'hui de vous , madame , que le monde n'étoit point las de vous.

Conservez- moi votre amitié : elle fera toujours et mon plaisir et ma gloire.

J'espère , madame , que vous voudrez bien que je vous aille voir , et que vous ne me regarderez pas comme étant du monde : et en effet , je n'en suis guère.

Page 1