LETTRE CXI
9 Septembre. ^
QUoiquê je fois aflez mal , Monfei-«r~n ■ gneur , voici la meilleure journée que j'aye paflee à Compiegne. Tout le monde eft à la revue , où heureufement je n'ai pu aller. Et Je m'entretiens à mon aife avec vous*.
II eft vraifembiable que l'affaire de Rome £nira avant l'hiver, pourvu que le pape ne meure pas. J'ai toujours fouhaité vivement votre union avec M. de M, Mais je n'ai point entendu qu'elle vous obligeât à écrire autant que lui. Et je fuis entièrement de votre avis. Je n'ai point vu encore M. de M. Je nefai s'il a penfé à moi. Mais je fuis inacceiTible 2j'ai toujours dans ma chambre , ou le roi 8 ou Me. la duchefle de Bourgogne»
Je ne comprends pas bien , Monfeigneur , quelle confrontation vous voulez faire du Père de la Combe. Y en au-roit-il une meilleure que celle de Me.
G. avec lui , puifque c'eil lui-même qui dit avoir pa(ïe quinze nuits avec elle ?
M. de Chartres a fort deiiré de voir Ih réponfe que M. de Cambrai vous a faite» Je ne me fouciois. pas qu'elle paffàr
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par moi. Mais je doutois que vous eu£» liez le tems de la lui envoier. Et j'avois prié M. le maréchal de Noailles de faire copier celle qu'il a. Loin de multiplier Vos affaires , je voudrois de tout mon cœur Vous foulager de ce que vous avez de trop. Car du refte , je n'empêche que vous ne travailliez depuis le matin jufqu'au foir , & que vos jours ne foient pleins de bonnes oeuvres. Si vous pouvez encore envoier la réponfe à M. de M. , vous ferez plaifir à votre ami , curieux pour la première fois de fa vie.
J'efpere qu'on fera content de la fille que j'ai envoiée aux urfulines. Je les remercierai quand je le pourrai.
Nul repos ici. Le roi vient dans ma chambre trois fois par jour. Tout ce que je pourrois avoir à faire eft coupé. Je conviens que je fuis infenfible aux honneurs qui m'environnent , & que je n'y vois qu'affùjetiflement & contrainte r fur ce point-là, l'amour propre eit bir'n mort. Mais , Monfeîgneur , celui qui fait aimer le repos , la liberté , eft encore bien vivant. Je voudrois fort le tuer à foïi tour. Il trie femble qu'une ailèmblée de charité me fiéroit mieux que d'aller iv c avec une princeflè de douze ans. Maison veut tout par rapport à for. Et je vori avec douleur , que le goût du bien
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/ient pas , ni pour celui qu'on pourroic 'aire , ni pour celui qu'on devroit laiffèr :aire aux autres. On me paroit moins dé- ;ot : hier l'on ne voulut pas de vêpres. Ces inconfrances me pouifent à bout , Se empoifonnent tous les plaifirs dont je fuis environnée : je ne puis m'empêcher de me dire : que deviendra le roi , fi je meurs avant le P. de la Chaife l