LETTRE CXXI
î 099* ce 1 juin.
SI l'on avoit aiïèz d'argent pour en répandre par-tout, ce ne feroit pas un grand inconvénient de le répandre quelquefois fur des terres frériles : mais comme on en a fort peu , & qu'on a de bonnes rai- Jfons de ne pas fe foucier d'en avoir beaucoup, je crois qu'il faut faire fes aumônes avec difeernement , & même avec avarice. L'expérience m'a appris qu'on donne fouvent à des perfonnes qui prennent de toute main : c'eft un vol qu'elles font à ceux qui font plus honteux & moins fecourus. Voilà pourquoi je fais palier par vous ce que je donne à Me. de Ro . . art . . . qui vous demande peut-être, & à qui vous donnez déjà. Je voudrois en ufer de même pour Me. de Tallouet. Vous prendrez foin cle fon ame & moi de fon corps. Mais , Monfeigneur , il ne faudroit point me nommer. Je regarderois comme un bienfait que ces ^ perfonnes cruflent vous devoir le mien. Dieu ne le fçaura-t'il pas ? Vous me fauverez par-là mille demandes, & mille remercimensplus importuns encore. Mandez-moi (l vous confentez à ne point me nommer dans les petites charités que je ferai paiTer par
d h Maintenu n. 147
Vous. Je me fierai à votre parole : & j'ef» •père diner mardi dans la rue de Noailles > je ne fçai qui aura l'évêché de Luçon : mais je répondrois bien que le P. Séraphin ne l'aura pas.