LETTRE CXCI
17 novembre. I7OJ4
JE ne m'étonne plus, Monfeigneur, de""" mmm la longueur du relieur : il vouloit faire un chef-d'œuvre des Heures de Me. la D. de B. & des miennes. Dieu veuille que le prufit que nous en tirerons égale la joie que nous avons de les recevoir ! Mais vous faites des préfens trop magnifiques & trop étendus. Je vous rends mille grâces d'un livre û parfait , qu'on peut fe palier de tous les autres.
Le roi n'a pas eu de bons témoignages
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de l'abbé de la Serre *. Et il a difpofé des évêchés vacans en faveur de deux hommes qu'il ne connoit pas. Dieu veuille qu'il ait bien choifi ? Je fai , Monfeigneur, que M. le maréchal de Noailles ne vous laiflè rien ignorer de tout ce qui fe pafïè ici. CMt peu de chofe. Je ne trouve rien à vous dire. Vous parler de moi , ce feroit affliger votre coeur.
Ver faille s , $ novembre*
Je vous fupplie , Monfeigneur , de mettre au rang de vos bonnes œuvres la lecture de cette lettre. Elle eft de Madame Di . . . n l'ainée. Tout ce qu'elle propofe dépend de vous : ainfi j'efpere que vous mettrez ces deux perfonnes en furefé. C'eft un grand bonheur de trouver une bonne cornmunauté qui veuille s'en charger. Donnezmoi donc vos ordres & de l'argent. Je ferai de ma part tout ce qui dépendra de moi. J'efpere que M. d'Argenfon voudra bien faire conduire celle de Claye à Corbeil. Si je vous importune , Monfeigneur ,
* Archi-prêtre de Montcabrier dans le diocefe de Cahors : homme vraiment apoftclique , fort protégé par le card. de Noailles , deftiné par le roi à 1 épifcopat , & exclu parle père de la Chai e, fous prétexte de janfénilme , que ce faint prêtre bai£bit autant que les jéfuites.
DE MaINTENON. 239
confierez qu'il vaut autant que ce foit moi qu'un autre. Car je ne crois pas que voTe vie fe pa ie dans des occupations fort agréables. Nous fommes l'un & l'autre condamnés à mourir debout.