‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 183 sur 243 · LETTRE CXCVIII · texte numérisé non relu

LETTRE CXCVIII

Î70'' à Fontainebleau, ce 17 octobre.

,N n'a point dit au roi que M. d'Au-

xerre n'avoit pas voulu figner le procès verbal de l'affêmblée , mais que lui & M. de Nantes s'étoient diflingués en une occafion. J'ai peu de connoiitànce làdefïùs : on m'en a peu parlé : ce font des matières que je n'entends point. Je fai qu'on dit toujours la même chofe fur vous , que vous ménagez trop le parti , que vous avez quelque prédilection pour ceux qui le flattent , que vous avez été lié avec toutes fortes de dinftinttions à celui qui favorifoit le cas qui a attiré la conflitution. Voilà, Monfeigneur, fur quoi roulent & rouleront les mauvais offices qu'on voudra vous rendre. Le roi en effc toujours plus affligé qu'irrité. Il a pour Vous l'eftime que vous méritez , & une inclination naturelle pour votre perfonne. Je vous l'ai dit fouvent : & je ne vous parle plus fur ces matières parce que cela eft inutile , & que mon perfonnage eft celui du filence & de la prière pour vous. Du relie , je n'entends rien à tout ce

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qui fe dit là-defïùs : & je ne pourrois le redire. Le D. de Noailies me voit fouvent : mais il n'a pu encore me dire un mot en particulier. Je ne prendrai point le change : les demoifelles de St. Cyr ne font point affèz belles pour vous : & il ne m'eft rien auiTi revenu du fcandale dont vous me faites l'honneur de me parler : il faut, que vous ayez confervé quelques mefures. J'ai dit au roi votre efpérance en lui pour vos affaires du clergé , & le peu de confiance que vous avez en fon chancelier. Que je fuis contente de vous , Monfeigneur , d'avoir voulu fâcher la famille ! J'efpére .qu'avec ce petit fecours que notre chère abbeflfe * fe verra devant elle , & avec fa bonne conduite, elle raccommodera peu à peu les mauvaifes affaires de fa maifon : elle aura 600 liv. de vous trois : j'en ai tiré 200 de M. le D. de Bourgogne & 400 du roi : pour faire un compte rond , j'y en joindrai 300 : de elle aura 1500 liv. c'eit quelque chofe dans le befoin où elle eft. Je lui écrirai de ne plus prétendre à ces fortes de fecours : elle eft. diferete , & je ne doute pas que ce ne foit le dernier cri de fa mifere. Vous lui fervez bien de père , & d'un bon père : vous en ferez récompenfé : elle fera une maifon édifiante ; * L'abbefle de Gomer-fomaines.

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nous aurons fait une bonne œuvre. Je lui rendrai tous les fervices qui me feront poffibles. Toute la communauté m'a écrit pour me témoigner la joie de l'avoir : elles en font charmées : elles m'aiïurent qu'elles feront tout ce qu'elle voudra : je leur ai répondu , & renouvelle mon ancienne connoiiTance avec elles , pour les y engager. Nous ne vous importunerons plus , Monfeigneur , que pour les grandes constations : je répondrai aux petites : & je n'oublierai rien , pour aider les bons deffèins de notre élevé. Je me laiiïè encenfer là-deftùs : mais je fai à qui elle doit fa vertu & fon bon efprit. Je me porte allez bien.préfentement : votre bonté pour moi eft affez grande , pour avoir la confiance de vous le dire.

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