LETTRE XIX
12 oElobre. 1695.
J'Ai travaillé aujourd'hui avec M. de Cha- "" mmmm ' millart pour les affaires de St. Cyr : & entre autres il a été queftion des taxes du clergé qui font , à ce qu'il prétend, exorbitantes à proportion du revenu de l'abbéïe de St. Denis : fur cela , il a dit que l'archevêché de Paris n'avoit jamais porté ce qu'il devoit porter. Je lui ai demandé s'il en feroit toujours de même 2 il m'a répondu , » oui , à moins que le » nouvel archevêque ne veuille fe faire » juit-ice. J'ai cru , Monfeigneur , devoir vous donner cet avis comme je ferai fur tout ce qui me reviendra : vous en ferez tout , & fi bon ufage qu'il vous plaira, & ne m'en ferez réponfe qu'en cas de nécefTité. Le père de la Ch ... dit au roi dans le commencement que nous avons été ici, que je difois tout au curé de Verfailies,
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qui de fon côté redit beaucoup de chofes à M. Boileau. Une des chofes que j'ai dites, c'eit que je vous ai fait archevêque de Paris , & plufieurs autres aufii fauiïès : mais ce que je dois vous répéter , Monfeigneur , c'eft qu'il y a déjà lon-tems que M. l'arch. de Cambrai m'avertit que le curé raportoit tout ce que je lui difois : ainfl il y auroit de ma faute à m'y expofer. Je crois qu'il eft bon que vous en foïez averti. Je dinai il y a quelques jours chez M. dePontchartrain : il fit beaucoup de railleries afïèz aigres fur le Mon feigneur , que les évê^ues fe donnent , & dit que St. Ambroifè , & St Auguftin ne s'en étoienr jamais donné. Voiez fi dans tous les tems les pères de l'églife ne font pas bons à fuivre.
Me. de Pontchartrain , à qui je fais la guerre fur le janfénifme , dit qu'on verroit comme vous en uferiez avec fon confeffeur , & qu'elle jugeroit par là du goût que vous auriez pour les honnêtes gens : elle affe&e fort de dire qu'elle n'a point d'autres fentimens, que ceux du père de la Tour : s'il n'eit pas janféniite, il doit s'en expliquer: car on le veut confondre avec eux.
Je voulois attendre à vous dire ce que je vous écris : mais il reviendra autre chofe : & ce qu'a dit M. de Chamillart m'a déterminée. Je veillerai pour vous fur tout,
Monfeigneur ?
Monfeigneur : & vous fçaurez bien diftinguer ce qui mérite de l'attention de ce qui n'en mérite pas.
Je ne doute pas que nous ne vous trouvions tout établi à Paris. Je prie Dieu fouvent pour qu'il vous y foutienne : ôc j'entretiens quelquefois le roi de tout ce qui va s'élever contre vous : il me paroit bien difpofé à vous foutenir.
P. S. Voudriez - vous un chiffre avec moi pour les noms principaux? Je ne le ferois pas romanefque.
ioo
Les dévots.
Les
anciens.
Les modernes,