LETTRE C C X I
à St. Cyr , S novembre.
VO 1 l a cette lettre dont le ftile n'annonce pas un cœur fort élevé, mais qui n'en eft peut-être pas moins eftima^ ble. J'ai bien fait des réflexions fur l'honneur que vous me fîtes l'autre jour de me demander mon confeil. Je ne vois par tout que des écueiis : fi vous cédez au goût qui règne auprès du roi , vous ne ferez guère de bonnes œuvres nouvelles : fi vous fuivez trop votre zèle, on dira que vous êtes janfénifte, ou du moins que vous n'êtes pas aiTez vif contre ce qui yreffemble. Ce fera là un grand éloigneraient, ou du moins un prétexte. C'en à vous, Monfeigneur , à prendre vos mefures avec Dieu & à nous les envoïer bonnes. J'avoue avec la fincerité que je vous dois , que je crains que vous ne foïez favorable au Port-Roïal des champs, & que je ne faurois m'imaginer que ces filles n'ayene rien retenu de l'efprit , des maximes, des pratiques qu'elles ont vues autrefois. Sï cela étoit, il feroit à délirer, pour le raffurer , que vous euffiez corrigé quelque chofe. Voilà vous parler bien librement*. Mais vous verrez quelles font en tout cela mes intentions,
i6è Lettres de M ad.