LETTRE CC XXIV
vendredi matin. ïyoS.
QUoique je n'aie vu qu'un échan- :i
tïlïoh de ce que vous m'avez confié, Mjaieigneur , j'en vois alFez pour vous remercier d'un fi grand préfent. Mandezmoi, s'il vous plait , s'il faut vous ren-
f Le cardinal de Noailles hiTé des plaintes qu'on portoit contre lui, avoit écrit dès les mois d'août au pape pour fa j unification. Le pape répondit à fa lettre en donnant au courrier, qui la lui avoit aportée , un bref contre le livre du P. Quênel, dont la condamnation n1 avoit encore été demandée ni par le roi, ni par les évêques. Dix ans auparavant, le pape innocent XII. avoit juftifié ce livre par fa eenfure contre le dénonciateur.
dre ces cahiers , à mefure que nous les lirons, en nous permettant de les copier. Je vous demande encore la lettre de M. de Meaux, écrite autrefois aux religieufes de Port-Roïal des champs : elle eft fî propre à porter les filles à la fourni fTion ôi à la (implicite, & cet auteur eft fî révéré à St. Cyr, que j'efpere qu'il y aura de l'utilité à y mettre ce morceau. Un peu. de fièvre & un grand rhume m'obligent à me fervir de la main de Mlle. d'Aumule : il faudra bien vous y accoutumer : car mes forces diminuent tous les jours : mais mes fentimens furvivent à mes forces.
LETTRE CCXXV.
ce 16 jamier,
JE croiois que nous aurions l'honneur de vous voir aujourd'hui : j'avois remis à vous rendre mille grâces de la lettre que vous avez écrite , pour autorifer celle de feu M. de Meaux : elles feront mifes Tune & l'autre dans les archives d? St. Cyr. Il eft très important que mes filles voient à l'avenir ce que de tels* prélats ont penfé fur la révolte de celles de Port- Roïal des champs. Vous avez mis dans la votre, Monfeigneur, tout ce qui peut affermir les dames de St. Louis dans leur
DE MaINTENON, 28$
obéiiïance & leur (implicite. Je vous en remercie encore plus pour l'avenir. Le roi ne peut pas fortir , à fon grand regret s il en a quelquefois des vapeurs : car l'air lui eft abfolument néceiTaire. Son capitaine des gardes s'en paiTe mieux , & me paroit frilleux comme un vieillard, Notre ami M. le maréchal de Boufïlers travaille treize à quatorze heures par jour. Je crains qu'il ne fe tue. Ses travaux font très utiles au fervice & au rétablifîèment des troupes. Obtenez-nous la paix, Monfeigneur : & croiez que perfonne n$ vous honore. plus que moi.
LETTRE CCXXVÎ.
à Verfallles, ce 16 février. *7C9^
J'Ai, donné, Monfeigneur, un de vos mandemens au roi , un à M. le Due de Bourgogne , un à Me. la D. de Bourgogne, un à M. le Duc duv Maine, un à St. Cyr & un à moi-même. Je l'ai lu avec un efprit de critique, parce que vous m'aviez dit qu'il pourroit bien déplaire.; Et je n'y ai pas trouvé un mot que je vouluffe retrancher. Il eu plein de pieté, de vérité : il touche les endroits les plus néceifaires dans les circonftances , il nous fait envifager nos malheurs fans nous dé*
courager : en un mot, tout eft, Monfeigneur, parfaitement bien. Mon aprobation vous eft aiïèz inutile. Mais le plaifir de louer une fi belle chofe m'eft nécetfaire.
Il eft vrai, Monfeigneur, que je fuis fort inquiète de M. le maréchal de Bouffiers : ii doit fe repofer à Douay , & venir ici dès qu'il le pourra. Le roi jugera alors , s'il peut fervir cette campagne.
Il feroit fort à defirer de trouver quelque chofe de bon pour Maubuiiïbn :
mais les meilleurs fujets font ordinairement les moins connus. Je crois que le roi ne fe hâtera pas , & qu'il va nommer fon confeiïèur.
Vous me confondez, Monfeigneur, quand vous me parlez de refpeft. C'eft à moi à en avoir pour vous : & je n'y manque pas apurement.