LETTRE CCXXVIII
à St. Cyr, 25 février.
M. De Chartres m'a toujours paru tics honnête homme, Monfeigneur , & prêt à s'expofer à tout , plutôt que de bleiïer fa confeience. Il n'y a pas de remède. Mais c*eft une fâcheufe affaire d'avoir aufîi à bleiîèr M. le Chancelier par un endroit atffïî f. nfible , & qui retombera par l'oncle & par le neveu fur l'épifcopat. Eft-il poffible que M. l'abbé Bignon ofe fe déclarer contre vous , & que M. le Chanceler ne lui impofe pas 11lence ? Il y a tant d'endroits & de raifons pour vous refpecter, que je ne comprends pas , Monfeigneur , qu'on puiflè vous
manquer. Je fuis ravie des prières publiques. Je vous fupplie de m'en faire voir le mandement. Je ne lai comment ces malheureux tems de carnaval fe font paffés à Paris. Mais je puis vous aflfurer , que les bals de Marly ont été auffi innocens , que ces divertiffèmens-là peuvent l'être , & qu'excepté Mad. la ducheffè de Bourgogne , il n'y a perfonne qui ne foit charmé de les voir finir. J'ai laiffë à Marli les lettres que vous m'ordonnez de vous rendre. Je les donnerai à M. le maréchal de noailles, quoique je pufle bien, je crois, attendre à mercredi,
LETTRE CCXXIX.
ce 25 août.
JE n'ai pas befoin d'un plus grand papier pour répondre à votre lettre , que le roi veut compter pour rien , m'affurant que vous avez conclu avec M. des Granges, & qu'il vous a laiiTé le maitre du parti que vous prendriez.
Je m'intéreffè fort à vos pauvres , Monfeigneur , mais beaucoup plus au peuple , & à cette cherté du blé , dans le tems que l'orge rapporte d'une façon miracujeufe. La D. de Noailles me preiTe vivement de renvoier votre meffager.