LETTRE CCXXXIX
DE M. LE C. DE NOAILLES
Paris, 4 mai, I7Ir'
M On malheur eft complet, Madame, je fuis calomnié, outragé difgracié.
Les jéfuites m'avoient pouffé de mille manières-: leur malice fembloit épuifée , ma patience ne Fétoit pas. Aujourd'hui ils engagent deux évêques à me diffamer auprès du roi : ils affichent des mandemens contre moi aux murs de ma cathédrale , à la porte de l'archevêché : & Ton veut que je me taife, & que je eonfente par un lâche filence à mon propre deshonneur. Les trois évêques ont répandu une mauvaife doctrine dans mon diocèfe : c'eft à moi à réparer le mal. Eft-il jufte que tandis que les plus vils de tous les prélats font des mandemens , un archevêque de Paris n'ait pas le droit d'en faire ? Je vous fupplie, Madame, de le lire avec attention, & ^aer qu'après tant de modération, je n'avois pas lieu de m'attendre à la lettre que le roi m'a fait écrire par M. de Pontchartrain *. - • -
* Le roi, piqué de ce mandement , lui avoir fait écrire que puiiquil s'-étoit fait juftice lui-même , il pouvoir fe dùpenfèr de venir à M